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22/03/19 | 10 h 21 min par France Tibet

RENCONTRE Macron-Xi Jinping : PETITION pour le respect des droits fondamentaux par la Chine

N’hésitez pas à signer cette pétition

 

Le 24 mars 2019, visite d’Etat en France du dictateur proclamé président à vie Xi Jinping.

Emmanuel Macron se prépare en grande pompe à recevoir le futur Maître du monde, en pleines élections européennes alors que Xi Jinping multiplie les initiatives pour empêcher l’Europe de fonctionner, notamment avec son groupe de pays « format 16+1 » .
(voir Le Nouvel Observateur du 14 au 20 février 2019).

 

 

Monsieur le Président, nous vous faisons une lettre.

Une lettre pour vous informer, et les Français par la même occasion, des dangers que l’invité présidentiel transporte dans ses valises.

L’actualité internationale met régulièrement en avant les risques que font courir à la sécurité nationale la politique et les entreprises chinoises qui la relaient, que ces risques soient  soulevés par l’ Australie, la Nouvelle-Zélande, la Nouvelle Calédonie, les  Etats-Unis, le  Royaume-Uni, et Taïwan qui vient d’en appeler à la Communauté internationale.

Partout, il est de plus en plus question d’espionnage, d’infiltration par des entreprises chinoises soumises au Parti au pouvoir, d’endettement calculé de pays participant au projet de nouvelles Routes de la soie qui deviennent ainsi redevables si ce n’est soumis ( y compris des pays d’Europe), de pressions militaires et financières, d’enlèvements d’opposants réfugiés à l’étranger, d’ ingérence dans les  campagnes électorales ( quid de la Nouvelle Calédonie ? ). Sans oublier la propagande du P.C.C. et de la Pensée unique du grand leader, distillée par les Instituts Confucius qui essaiment sur la planète et en particulier en France avec de plus en plus de virulence.

Il ne s’agit plus de softpower mais de hardpower !

Rappelons-nous que Meng Hongwei, l’ex-Président d’Interpol, l’organisation internationale de la police basée à Lyon, a disparu dès son arrivée à l’aéroport de Beijing alors qu’il était encore en poste, et pour qui  l’on se demande toujours dans quel but et avec quelle(s) mission(s) le pouvoir chinois l’avait fait placer à la tête de cette institution.

Monsieur le Président, nous vous faisons une lettre pour attirer votre attention sur le fait que cette pratique de disparition forcée sur le sol chinois et à l’étranger, est répréhensible au regard du Droit International reconnu… par le régime chinois… et notre démocratie.

Nous insistons sur le fait que ces disparitions forcées mais aussi les détentions arbitraires – parfois épaulées par Interpol – sont, pour ce régime dont le visage totalitaire ne se cache plus aujourd’hui, des outils répressifs contre ses propres citoyens : défenseurs des droits de l’Homme, démocrates et opposants politiques, membres d’une ethnie minoritaire ou disciples d’une religion (chrétiens, bouddhistes, musulmans)… ou simple  individu réclamant justice au travers d’une pétition comme celle-ci.

Toutes ces méthodes participent également à une vaste purge politique déguisée en « campagne contre la corruption » .

Le principe de détention caractéristique du régime chinois, qui a coûté la vie à un Prix Nobel de la Paix, Liu Xiaobo dont la femme persécutée en Chine a été  accueillie par la chancelière allemande,  est connu : tortures,  privations alimentaires ou d’accès aux soins, confessions forcées, auto-critiques télévisées, jusqu’ aux camps de réinsertion (formule officielle chinoise à laquelle vous nous permettrez de préférer celle de camps de concentration ou de rééducation ) contre les Ouïghours musulmans  ou les Tibétains bouddhistes, deux des « cinq poisons* » déclarés du régime.

Ces ethnies minoritaires sont soumises à la ségrégation, opprimées jusque dans leurs cultures, leurs langues, leurs religions ( pour pouvoir – éventuellement – sortir de camp les Ouïghours et les autres croyants doivent abjurer leur religion ), leur propre histoire, et réprimées pour leur demande d’autonomie alors qu’elles vivent en majorité dans une province dite… « autonome » !

Pékin se défend derrière le principe onusien de non-ingérence, assure dans le même temps le relais de sa propagande et l’impose de plus en plus à l’étranger, par diverses méthodes. Intimidation de nos journalistes ou de nos médias ( quand elle ne projette pas d’entrer dans le capital de certains ), notamment par expulsion rapide et pratiquement manu militari de ceux se trouvant sur son territoire, refus de visa pour ceux souhaitent s’y rendre. Affairisme, cadeaux et facilités accordées à des industriels et des politiques détournant leurs yeux des progrès du totalitarisme chinois pour imposer, hors de ses frontières et jusque dans nos bras, « le monde selon Xi Jinping » (pour reprendre le titre du documentaire d’investigation de Sophie Lepault et Romain Franklin, disponible ici).

En parallèle, Pékin soutient et resserre les liens avec les autres régimes totalitaires ou dictatoriaux, y compris par la vente d’armes.

Monsieur le Président, nous vous faisons une lettre pour vous rappeler également que Pékin  soutient financièrement, contre nous, des membres de l’Union Européenne pour obtenir des votes favorables à ses intérêts idéologiques et économiques. Vous-même, Monsieur le Président, en avez été la victime avec le Portugal. Et à leur tour la Grèce, l’Autriche et l’Italie souhaitent entrer dans le groupe européen  » Format 16 + 1″ mené par la Chine contre l’ Europe que vous voulez, contre l’ axe franco-allemand !

Monsieur le Président, en Chine vous aviez pris le parti de ne pas approfondir le sujet des Droits de l’Homme, là où d’autres l’ont fait sans que leurs relations avec Pékin s’en trouve perturbée, telle Mme Angela Merkel qui a obtenu la libération de prisonniers politiques.

Aujourd’hui, c’est vous M. Emmanuel Macron, Président de la République française, qui recevez le Président de la République Populaire de Chine, Xi Jinping, sur notre territoire. Alors, comme vos courageux homologues, n’hésitez pas à vous autoriser à parler des Droits de l’Homme. Parmi une vaste liste de détenus politiques nous vous citerons Tashi Wangchuk, défenseur de la langue tibétaine, Ilham Tohti, professeur émérite ouïghour, conciliateur entre Hans et Ouïghours, Ji Sizun, défenseur de la démocratie de Hong-Kong.

Nous vous assurons, Monsieur le Président de la République, de notre très haute considération et restons dans la ferme attente d’une réponse de votre part.

 

* les cinq poisons du régime chinois : les Tibétains, les Ouïghours, les pro-démocrates chinois, Taïwan et le Falun Gong

 

Signez la pétition