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04/01/18 | 16 h 08 min par Josh Chin et Clément Bürge / Traduction France Tibet

12 jours au Xinjiang : Big Brother submerge le quotidien des citoyens

Kashar, policechinoise devant la porte de la vieille ville

Photos de Giulia Marchi pour The Wall Street Journal

URUMQI, Chine — Cette capitale régionale sur la frontière chinoise de l’Asie Centrale est peut-être la ville la plus surveillée sur Terre.

Des checkpoints avec scanners d’identification quadrillent la gare ferroviaire et les routes intra et extra-murros. Les scanners faciaux lisent les allées et venues dans les hôtels, les centres commerciaux et les banques. La police utilise des instruments manuels qui permettent de détecter les applications de discussions cryptées, les vidéos politiques et autres contenus suspects. Avant de faire le plein, les conducteurs doivent présenter leur carte d’identité à une machine et regarder une caméra.

Les efforts de la Chine pour débusquer le violent mouvement séparatiste de quelques Ouïghours, la majorité ethnique de confession musulmane de la région, a transformé la région autonome du Xinjiang, et sa capitale Urumqi, en un laboratoire high-tech du contrôle sociétal. Les défenseurs des libertés civiques disent le Gouvernement désireux de répandre cette technologie à tout le pays.

Il est pratiquement impossible de circuler dans la région sans un sentiment d’être observé sans relâche par le gouvernement. Citoyens et touristes sont au même régime et sont confrontés de façon quotidienne aux checkpoints policiers, aux caméras de surveillance et aux scanners de cartes d’identité, du visage, d’iris et parfois du corps entier.

Cet été, quand Parhat Imin, un vendeur de fruits, a utilisé sa carte au bureau des télécoms pour payer un dépassement de forfait téléphonique, son téléphone lui afficha une image avec un X. Depuis, après chaque utilisation de sa carte d’identité une alarme retentit. Il n’est pas sûr du sens à donner, mais suppose qu’il est sur une sorte de liste de surveillance du Gouvernement parce qu’il est Ouïghour et qu’il a eu quelques altercations avec la police.

Il dit qu’il hésite à voyager par peur d’être arrêté et détenu. « Ils m’ont mis sur une liste noire, » dit-il. « Je ne peux aller nulle part. »

A travers toute la Chine, les autorités déploient de nouvelles technologies pour observer les citoyens et formater leur comportement. Les contrôles du faciès sont plus présents depuis la présidence de Xi Jinping et le vaste réseau sécuritaire de l’Etat inclut désormais un équipement high-tech qui observe en temps réel les activités et infiltre les applications de messagerie des smartphones.

Policiers et habitants ouïghours devant la porte principale de la vieille ville de Kashgar, une ville à majorité ouïghoure près de la frontière avec le Kirghizistan.

Lors d’une foire exposition en octobre, un membre exécutif de CloudWalk Technology Co. basée à Guanzhou, vendant des algorythmes de reconnaissance faciale à la police et des systèmes de vérification des identités aux stations services du Xinjiang, décrit cette région comme l’endroit le plus lourdement gardé. D’après Jiang Jun, la police du Xinjiang veut contrôler 100 000 personnes avec l’équipement de surveillance qui serait utilisé pour plusieurs millions de citoyens ailleurs en Chine.

Les autorités du Xinjiang déclinent toutes questions au sujet de [leur politique de] surveillance. Les hauts membres du Parti ont déclaré en octobre à Pékin lors du congrès du Parti Communiste que la la stabilité sociale et la sécurité sur un long terme étaient leurs principaux objectifs.

Les défenseurs des libertés étrangers comme chinois disent que la surveillance sur ce coin du nord-ouest chinois est un avant-goût de ce qui arrivera sur tout le pays.

« Ils prennent constamment des leçons de la forte pression qu’ils appliquent au Xinjiang puis le mettent en place à l’Est, » déclare Zhu Shengwu, un avocat chinois des droits de l’Homme qui a travaillé sur des dossiers de surveillance. « Ce qui arrive au Xinjiang est le destin du peuple chinois. »

Lors d’un voyage en voiture au Xinjiang le long de ses nouvelles autoroutes, deux reporters du Wall Street Journal ont rencontré une succession de chekpoints qui a transformé leur conduite en un étrange voyage sous tension.

Aux gorges de Xingxing, un col balayé par les vents emprunté des siècles auparavant par les caravanes de la route de la soie, la police inspectait les véhicules entrants et vérifiait l’identité des voyageurs. Les reporters ont été arrêtés, obligés de sortir de leur voiture et ont dû expliquer la raison de leur visite. Les chauffeurs, la plupart non Han, sont emmenés sous des barrières électroniques qui scannent leurs cartes d’identité et leurs visages.

Plus loin sur la route, à l’entrée de la ville d’Hami, un demi-million d’habitants, la police a noté le numéro de passeport des journalistes, elle les fit attendre devant un poste de surveillance avec ses écrans retranscrivant la vision des caméras de surveillance des environs.

Les caméras de surveillance épient la route tous les 30 mètres, les coins de rues couvertes et gardent un œil sur les patrons des échoppes de nouilles proches de la mosquée. La propriétaire, une Hui musulmane, dit que plus tôt dans l’année, le gouvernement a ordonné à tous les restaurateurs du quartier d’installer ce matériel « pour prévenir les attaques terroristes. »

Quelques jours plus tard, alors que les deux reporters conduisaient sur la route poussiéreuse du comté de Shanshan après avoir été déviés de leur route par la police, une voiture officielle arrive vers eux sortie de nulle part. Elle les dépassa à vive allure, dérapa en diagonale dégageant un nuage de poussière et bloqua le passage aux journalistes. Un S.U.V. arriva derrière eux. Une demie douzaine d’agents les obligeait à sortir de leur voiture et de présenter leurs papiers.

Un officier leur expliqua que des caméras de surveillance avaient lu leur plaque d’immatriculation étrangère et avaient envoyé une alerte. « Nous vérifions toute voiture qui n’est pas du Xinjiang, » a-t-il dit. La police a ensuite escorté les deux occidentaux sur l’autoroute.

Aux checkpoints plus à l’ouest, les scanners du corps et de l’iris s’ajoutent à l’arsenal sécuritaire.

Darren Byler, chercheur en anthropologie de l’Université de Washington ayant passé deux ans au Xinjiang à étudier le sujet de la migration, dit que la comparaison contemporaine la plus proche se trouvent sur les territoires palestiniens de la Bande de Gaza et de la Cisjordanie où Israël a créé un réseau de checkpoints et de surveillance biométrique pour ficher les Palestiniens.

A Erdaoqiao, le quartier où vit M. Imin, vendeur de fruits, de petites cabines reconnues comme de « commodes postes de police », coiffées d’un mât muni d’un gyrophare en son sommet, apparaissent tous les deux cents mètres. La police en poste sur ces emplacements offre de l’eau, recharge les téléphones entre autres services, tout en téléchargeant les images des caméras de surveillance environnantes.

Constante surveillance policière

Au Xinjiang, le Gouvernement chinois a mis dans les mains de ses troupes policières les outils les plus avant-gardistes des technologies de surveillance.

Caméra de plaques d’immatriculation :

Utilisée pour pister les véhicules hors-la-loi, sur une liste de surveillance ou venant de l’extérieur du Xinjiang.

Scanner de l’iris :

Technologie d’identification utilisée sur certains checkpoints.

Traceur de localisation :

En lien avec toutes les autres technologies

Véhicules commerciaux

Logiciel d’analyse de la voix :

Peut identifier une personne par ses motifs de discussions.

Smartphone & scanner :

Recherche d’applications de discussions cryptées et autres contenus suspects

Scanner de cartes d’identité :

Vérification des pièces d’identité

Code QR :

Couteau

Inclus le numéro de la pièce d’identité et d’autres informations personnelles.

L’identité de l’acheteur est gravée au laser sur la lame.

Sources : ordonnances du gouvernement ; iFlyTek Co.; Meiya Pico Information Co; Darren Byler, Université de Washington; Human Rights Watch; entretiens avec la police; entretiens avec des Ouïghours en exil. 

Au checkpoint de Kashgar, ci-dessus, les passagers se font scanner visages et pièces d’identité.

Selon des Ouïghours en exil, régulièrement, les jeunes hommes ouïghours sont conviés dans ces postes de police pour une inspection de leur téléphone portable, incitant certains à posséder deux téléphones (un pour l’usage à domicile et un autre pour les sorties en ville, sans application ni contenus sensibles).

Erdaoqiao, le cœur de la culture ouïghoure et du commerce d’Urumqi est le lieu où prirent place les protestations de 2009 et ses nombreux morts. L’entrée principale de la mosquée d’Erdaoqiao est maintenant fermée, comme la plupart des entrées du grand Bazar international. Les piétons doivent se glisser par la porte principale encadrée de nombreuses forces de sécurité. Les visages et les pièces d’identité des résidents ouïghours sont scannés. Une rangée de caméras de surveillance garde un œil ouvert.

Après les protestations, les autorités sont venues pour fermer l’échoppe de M. Imin, qui vendait alors des vêtements et des objets religieux. Quand il protesta, témoigne-t-il, ils lui bastonnèrent la nuque, sa claudication lui est depuis restée. Ils l’ont emprisonné six mois pour obstruction aux affaires officielles. D’autres condamnations suivirent, dont 8 mois pour achat de hashish.

La police d’Urumqi n’a pas répondu à nos demandes d’interview sur le sujet.

M. Imin vend désormais des fruits et du jus frais de grenade sur un chariot. Que sa carte d’identité soit fichée l’inquiète, la police pourrait revenir. Nouvellement remarié, il n’a pas osé rendre visite à sa belle-famille dans la partie sud du Xinjiang.

Le pouvoir chinois a peiné pendant deux millénaires à prendre le contrôle du Xinjiang dont les 23 millions d’habitants sont parsemés sur une étendue correspondant à la France. Pékin considère la région comme stratégique pour son projet OBOR à trois milliards de dollars pour renouer avec l’ancienne route de la soie qui la reliait à l’Europe.

L’année dernière, Xi Jinping a nommé un nouveau chef du parti au Xinjiang, Chen Quanguo, qui avait géré le conflit ethnique au Tibet, un autre point chaud [pour la Chine]. M. Chen y avait inité les « commodes postes de polices » en partie en raison de la flambée d’auto-immolations en protestation à la politique chinoise.

Surveillance et économie

La valeur des projets d’investissements liés à la sécurité au Xinjiang est en plein essor.

Sous la gouvernance de M. Chen, la présence policière au Xinjiang a atteint des sommets, selon des données montrant la croissance exponentielle du recrutement policier. Selon des documents officiels découverts par Human Rights Watch et le croisement d’informations, les départements de la police locale ont commencé l’année dernière à commander des caméras capables de recréer des visage en image 3D, des séquenceurs d’ADN et des logiciels d’analyse de la voix.

D’après les recherches en avril d’une société de courtage chinoise Industrial Securities, lors du premier quart 2017, le gouvernement a annoncé un investissement de plus d’un milliard de dollars dans les projets sécuritaires du Xinjiang, en comparaison il avait dépensé 27 millions de dollars sur toute l’année 2015.

Recherche officiers de police

La publicité pour des postes dans la police du Xinjiang a drastiquement augmenté.

Source : Adrian Zenz, European School of Culture & Theology

Les ordres d’achat gouvernementaux montrent la dépense de millions de dollars pour des « plateformes de combat unifié » – des systèmes informatiques qui analysent les données de surveillance de la police et d’autres agences gouvernementales.

Tahir Hamut, un poète et réalisateur ouïghour, dit que les Ouïghours possédant un passeport ont été convoqués en mai dans les postes de police de quartier. Il s’inquiète d’être surveillé de plus près pour avoir été accusé de posséder des documents sensibles, dont des articles de journaux sur les attaques de séparatistes ouïghours quand il tenta de voyager en Turquie dans les années 90 pour les études. Selon lui, ce qui l’a conduit à trois ans en camp de travail.

Lui et sa femme, comme d’autres Ouïghours, firent la queue devant un poste de police pour le prélèvement de leur sang et l’enregistrement de leurs empreintes digitales. Il lui a été demandé de lire pendant deux minutes un journal pendant l’enregistrement de sa voix, puis de tourner sa tête lentement devant une caméra.

Plus tard, sa famille s’est faite confisquer ses passeports. Après l’arrestation d’un ami, dit-il, il pensa également voir arriver la police. Il avance qu’il a payé un dessous de table s’élevant à 9 000 dollars pour récupérer le passeport de sa sœur, inventant l’histoire que son épilepsie nécessitait un traitement disponible aux Etats-Unis. Le Bureau de la Sécurité Publique du Xinjiang, responsable des forces de sécurité de la région, n’a pas voulu répondre au sujet des dessous de table.

« Le jour de notre départ, j’étais complètement angoissé, » déclare-t-il. « J’étais inquiet de ce qui arriverait si nous étions arrêtés au poste de sécurité de l’aéroport d’Urumqi ou à la douane de Pékin. »

Lui et sa famille sont arrivés en Virginie où ils ont fait leur demande d’asile politique.

Annotations en rouge ajoutées par The Wall Street Journal. Notes: * Le Xinjiang considère suspicieuse la visite de l »un des 26 pays à majorité musulmane inscrits sur sa liste, tels la Turquie, l’Egypte, l’Afghanistan, le Sud Soudan, la Malaisie, l’Indonésie et la Thaïlande. ** « Les personnes d’intérêt” fait référence aux individus inscrits sur la liste de la police ;  » population spéciale » est un euphémisme pour les Ouïghours considérés à risque terroriste. Sources : Tahir Hamut (a fourni le formulaire ), Uighur Istiqlal TV et Adrian Zenz (confirmation de la listes des 26 pays ).

Les autorités chinoises utilisent des formulaires pour collecter les informations personnelles des Ouïghours. Un formulaire détenu par le journal (cf ci-dessus) demande si la personne interrogée possède des habits de prières et si elle a des contacts à l’étranger. Dans la partie officielle, la « personne d’intérêt » est à noter de 1 à 6, de plus il doit être coché si elle est « sûre », « moyenne » ou « non sûre ».

Selon des documents officiels, China Communications Services Co. Ltd., une filiale de l’entreprise géante d’Etat China Telecom , a signé pour 38 millions de dollars de contrats pour la surveillance des mosquées et installer une plateforme de surveillance des données au Xinjiang. L’entreprise ne souhaite pas parler de ces contrats, mettant l’accent sur la sensibilité de ces informations.

Xiamen Meiya Pico Information Co. Ltd. a travaillé avec la police d’Urumqi pour adapter sur son appareil manuel, servant à la recherche de crimes économiques, un mode de recherche des contenus liés au terrorisme dans les smartphones.

Une description de l’appareil récemment retirée du site internet du fournisseur précise qu’il peut lire les données de 90% des smartphones et les comparer à la banque de données de la police anti-terrorisme.  » Pour beaucoup, vous rechercher des fichiers audio et vidéo, » dit Zhang Xuefeng, chef marketing de Meiya Pico, dans une interview.

En Chine, la surveillance d’Etat

Près du campus universitaire de l’université du Xinjiang, la police est assise sur une table en bois et demande depuis peu aux passants de montrer leur téléphone.

« Vous le branchez et il montre ce qu’il y a dans le téléphone, » déclare un officier de police tenant un appareil similaire à celui du site Web de Meiya Pico’s. Il refusa de dire quelles données ils étaient en train de chercher.

A Korla, l’une des plus grandes villes du Xinjiang, il y a peu, seulement un petit nombre de personnes ont pu franchir le checkpoint du Bazar local où les commerçants ne voyaient que des allées sombres vidées de leurs clients.

Li Qiang, le propriétaire Han d’un commerce de spiritueux, précise que les fouilles par souci sécuritaire, quand nécessaire pour la sûreté, s’opéraient devant les commerces. « Dès que vous sortez, ils vérifient vos papiers, » dit-il.

Shopkeepers perform an antiterrorism drill under police supervision outside the bazaar in Kashgar.

A l’extérieur du bazaar de Kashgar, les commerçant(e)s participent à un exercice antiterroriste sous supervision policière.

Les autorités ont construit au Xinjiang un réseau d’établissements de détentions, officiellement appelés des centres d’éducation. En avril, le journal officiel Xinjiang Daily annonçait que plus de 2 000 personnes avaient été envoyées dans la ville méridionale de Hotan dans un « centre d’étude et d’entraînement ».

Un nouveau bâtiment se dresse à une demie-heure de voiture au sud de Kashgar, une ville à majorité ouïghoure proche de la frontière kirghize. Il est entouré d’imposants murs surmontés de fils barbelés à lames anti-intrusion et encadrés par deux tours de garde. On peut lire un slogan peint sur les murs : « Tous les groupes ethniques devraient être comme les grains de la grenade, bien serrés ensemble « .

Les villageois le décrivent comme un centre de détention. Récemment, il faisait nuit, un homme se tenant à l’entrée dit qu’il s’agissait d’une école et recommanda aux reporters de s’en aller.

M. Hamut, le poète, dit qu’un membre de sa famille de Kashgar a été emmené en centre de détention après avoir participé à une cérémonie religieuse musulmane, et qu’un autre a été porté disparu après qu’il ait tenté de l’appeler depuis les Etats-Unis.

Le gouvernement local se garde de tout commentaire.

La surveillance dans et autour de Kashgar, où les hans représentent moins de 7% de la population, est encore plus importante qu’à Urumqi. Les chauffeurs entrant dans la ville sont méthodiquement fouillés. Une machine scanne le visage de chaque conducteur. La police inspecte le moteur et le coffre. Les passagers doivent sortir et passer leurs bagages aux rayons-X.

A Asku, une ville poussiéreuse à cinq heures de route à l’est de Kashgar, le coutelier Jiang Qiankun déclare qu’il doit payer des milliers de dollars pour une machine qui grave en un seul code QR (les codes smartphones) sur la lame du couteau vendu le numéro de carte d’identité, la photo, le groupe ethnique et l’adresse de son client. « Si quelqu’un possède un couteau, celui-ci doit contenir les informations de sa pièce d’identité,  » ajoute-t-il.

Lors de leur dernière journée au Xinjiang, une voiture sans immatriculation a suivi les reporters jusqu’à l’aéroport. Pendant le vol intérieur vers Pékin avec la China Southern Airlines, un stuart est apparu devant les journalistes avec une caméra attachée à sa ceinture, un modèle appartenant à la police. Plus tard, lors du débarquement, l’employé de la compagnie d’aviation nia les avoir filmés, disant qu’il était commun pour les équipes de porter des caméras par mesure de sécurité.

La China Southern déclare que ce membre d’équipage était un officier l’armée de l’air chargé de la sécurité dans l’avion.

—Fan Wenxin, Jeremy Page, Kersten Zhang et Eva Dou ont contribué à cet article.

Dans la presse française :

 

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