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02/11/18 | 18 h 36 min par Sophie Richardson / traduction France Tibet

Chine : 3 ans après, la mort de Cao Shunli toujours inexpliquée

Depuis la mort de Cao Shunli, la répression chinoise s’intensifie.

Il y a 3 ans Cao Shunli décédait dans un hôpital de Pékin suite à plusieurs mois de détention sans assistance médicale.

L’activiste avait insisté notamment pour qu’une organisation indépendante remplisse l’Examen Périodique Universel requis par les Nations Unies (évaluant le respect des Droits de l’Homme) au lieu d’être rédigé exclusivement par le gouvernement chinois.

A ce jour, le motif de son incarcération ainsi que la cause de son décès demeurent flous et il semble qu’aucune investigation ne soit en cours.

Personne ne semble s’en inquiéter tandis que la Chine voit monter en force la répression, multipliant les cas de torture associés aux détentions.

En Janvier 2017 Chunfu Li, un des 300 défenseurs des droits de l’Homme et avocats qui avait, en 2015, fait partie d’une rafle à l’échelle nationale, avait été relâché, manifestant tous les symptômes d’un homme psychologiquement traumatisé.

Xie Yang, un autre avocat, donnait quand à lui un récit détaillé des maltraitances qu’il avait endurées. Jours et nuits interrogé, roué de coups de poings et de coups de pieds, de la fumée de cigarette soufflée dans la figure. Il avait été restreint pendant plus de 20 heures à une chaise de torture.

En Mars 2017 après 4 mois de détention, Jiang Tianyong, avocat de Xie Yang mentionné précédemment, “avouait” à la télévision avoir inventé le récit de son client.

Avant d’être emprisonné, Jiang Tianyong, lui qui n’était pas sans connaître les manières d’opérer du gouvernement, avait prévenu : “dans le cas où je devrai faire en prison des déclarations manquant de sincérité, veuillez me pardonner, la torture est trop douloureuse pour résister.”

Apparemment ces exemples accablants ne sont pour les autorités chinoises en aucun cas dérangeants. Le rapport annuel de la cour suprême ainsi que le procureur général parlent de ces affaires comme des succès dans la protection de la sécurité nationale.

La Chine se targue de nouvelles législations. Si elle a réellement à cœur de gouverner selon celles-ci, elle devrait commencer par enquêter dans ses prisons, sur les cas de tortures et les décès suspects, comme celui de Cao Shunli.