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31/03/17 | 13 h 33 min

5000 expulsés, la destruction continue à Larung Gar

Dharamsala — L’association américaine de défense des Libertés, Human Right Watch (HRW), a publié un communiqué le 29 mars dernier, pressant les autorités chinoises de stopper les expulsions et la rééducation politique des moines et des nonnes d’une institution religieuse majeure au Tibet. Selon des informations transmises par un abbé sur place, les autorités chinoises auraient annoncé que 3 225 logements seraient détruits d’ici le 30 avril à Larung Gar, la plus large institution au monde du bouddhisme tibétain.

De nombreux moines et nonnes déjà expulsés de Larung Gar et la communauté religieuse de Yachen Gar, ces deux institutions situées dans la région tibétaine de la province du Sichuan, ont été forcées de retourner dans la Région Autonome du Tibet – RAT – et sont désormais sujets à des restrictions exceptionnelles de leur liberté mais aussi victimes de traitements dégradants. En novembre 2016, les autorités avaient forcé certaines personnes à subir une rééducation politique et une humiliation publique à Nyingtri (en chinois : Linzhi), au Sud-est de la RAT.

« En 2016 et depuis le début de l’année 2017, 4 828 moines et nonnes ont été contraintes de quitter Larung Gar et ce sont maintenant 250 nonnes de la province du Qinghai qui doivent encore partir», selon les mots que l’abbé à adressé à la communauté le 23 mars.

« Ceux qui sont partis n’ont jamais voulu s’en aller, ils sont tous partis contre leur gré. Et qu’ils aient ou non un endroit où aller, ils ont quand même dû partir. La Chine est en train de porter atteinte agressivement à la vie et à la liberté religieuses à Larung Gar, en soumettant beaucoup de moines et nonnes expulsés à une rééducation politique forcée »  indique encore Sophie Richardson, directrice pour la Chine de HRW. « Les restrictions imposées aux anciens résidents doivent être retirées pour leur permettre de pratiquer pleinement et dans le respect de leur droit à la liberté religieuse. Ceci incluant la possibilité de rejoindre librement n’importe quelle institution religieuse et d’en observer les rituels. »

En novembre 2016, sept experts des Nations Unies ont écrit au Gouvernement chinois lui demandant des explications détaillées concernant l’expulsion en masse des religieux et religieuses tibétains, chinois et d’autres nationalités, installés à Larung Gar et Yachen Gar.

Le communiqué demande également au Gouvernement de fournir des informations quant aux fondements judiciaires qui ont poussé à l’éviction des religieux et à la destruction du complexe institutionnel . Il réclame aussi des informations concernant les mesures prises pour reloger ceux qui sont maintenant sans domicile, ainsi que des explications sur l’absence de consultations préalables avec les leaders spirituels locaux ; les raisons de l’implication du Gouvernement dans les affaires monastiques et les engagements des autorités en vue de garantir les droits à la liberté religieuse.

« La conduite de la Chine à Larung Gar et Yachen Gar montre un irrespect cruel et inflexible envers la liberté religieuse. » selon Richardson. « Les autorités chinoises peuvent défaire une partie du mal commis en arrêtant la destruction de cette Communauté, repondant justement aux besoin de la Communauté religieuse et en fournissant des explications limpides à propos de ses agissements à Larung Gar et au Nyingtri. »

Le Tibet a été envahi par la Chine en 1949. Depuis cette époque plus de 1,2 millions Tibétains ont été tués, plus de 6000 monastères ont été détruits et des meurtres, viols, des emprisonnements arbitraires, des tortures et des traitements cruels, inhumains et dégradants ont été infligés aux Tibétains à l’intérieur du Tibet. De son côté, Pékin continue de parler de « libération pacifique. »

Traduction France Tibet