Le premier site d'actualité sur le Tibet

www.tibet.fr

23/04/18 | 20 h 25 min par ZX/DN/REUTERS

A étancher la soif de Pékin, la Chine dépérit…

 

Le vaste système de transfert d’eau du sud vers le nord pèse sur l’environnement.

La Chine souffre d’un déséquilibre hydrologique alarmant. Mao Zedong avait d’ailleurs pointé le problème dès 1952 :  » Le Nord a besoin d’eau tandis que le Sud en possède beaucoup. Si cela était possible, le Nord pourrait emprunter de l’eau au Sud. « 

Pour sortir de l’impasse, l’Etat chinois a entrepris depuis des décennies le plus coûteux projet hydrologique de l’histoire. Baptisé  » Projet de transfert d’eau du sud au nord « , l’infrastructure permet aujourd’hui de pomper chaque année 5 milliards de mètres cubes d’eau dans le réservoir de Danjiangkou en Chine centrale, puis de les acheminer par la route du centre (sur près de 1 500 kilomètres) pour alimenter Pékin. Mais cette adduction massive d’eau n’a que partiellement résolu la pénurie d’eau de la capitale et n’est pas écologiquement responsable. Comme elle est vendue cher aux Pékinois, ceux-ci continuent de pomper la nappe phréatique de la capitale, dont le niveau ne cesse de baisser.

Selon plusieurs experts, la seule solution efficace serait de réparer le système actuel de distribution, dont le mauvais état provoque d’énormes gaspillages, et d’enrayer la pollution. Autrement dit, la construction de nouvelles infrastructures, destinées à accroître encore les transferts d’eau du sud vers le nord, est contestée. Désormais en charge de la supervision de ces chantiers, le ministre de l’Environnement chinois devrait suivre le conseil formulé en 2013 par Fut Zhang, premier directeur de ce pharaonique programme de transfert hydrologique : « La solution au problème d’approvisionnement en eau de la Chine est la protection de l’environnement. Recourir au transport des eaux pour assurer le développement économique est une voie sans issue. » Ce projet constitue aussi un test politique pour le président Xi.

Le chef de l’Etat répète à l’envi que le PIB chinois doit cesser de croître aux dépens de l’environnement.

Challenges a le plaisir de vous offrir l’accès à cet article réservé aux abonnés.

Merci, j’en profite

 Cet article vous est offert par Challenges dans le but de vous faire découvrir ses formules d’abonnement. Convaincu(e) ?Abonnez-vous.