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06/03/20 | 11 h 30 min par avec AFP

ACTIONNAIRES SATISFAITS / MAIN D’ OEUVRE GRATUITE / ESCLAVAGE MODERNE ….

 Un camp de rééducation de membres de la communauté ouïghoure, à Hotan, en Chine (photo d’illustration).

Apple, Nike, Adidas, Bosch, Alstom… 83 grandes marques liées au travail forcé des Ouïghours en Chine

Selon le rapport d’un think tank australien, 27 usines chinoises ont fait travailler sous la contrainte des milliers de membres de la minorité musulmane.

Au moins 27 usines chinoises ont fait travailler sous la contrainte des dizaines de milliers de membres de la minorité musulmane ouïghoure pour, en bout de chaîne, fournir des marques d’envergure mondiale, affirme un rapport publié dimanche.

Entre 2017 et 2019, plus de 80 000 Ouïghours ainsi emprisonnés dans la région du Xinjiang, située au nord-ouest de la Chine, ont été transférés dans des usines « appartenant aux chaînes d’approvisionnement de 83 marques connues mondialement dans la technologie, le textile et l’automobile », affirme l’Institut australien de stratégie politique (ASPI), un centre de réflexion.

Parmi les marques épinglées se trouvent de grands noms de l’électronique (Apple, Sony, Samsung, Microsoft, Nokia, etc.), du textile (Adidas, Lacoste, Gap, Nike, Puma, Uniqlo, H & M, etc.) et de l’automobile (BMW, Volkswagen, Mercedes-Benz, Land Rover, Jaguar, etc.)

Le groupe français Alstom est aussi cité. Des groupes chinois sont également recensés, dont les fleurons technologiques Haier (électroménager), Huawei et Oppo (smartphones).

Un appel à « faire des enquêtes immédiates »

Selon le think tank australien, les ouvriers ouïghours transférés sont privés de liberté et subissent parfois un endoctrinement politique. « Dans ces usines, ils vivent habituellement dans des dortoirs séparés, suivent des cours de mandarin et d’idéologie en dehors des heures de travail et sont sujets à une surveillance constante ; ils ne sont pas autorisés à observer leurs pratiques religieuses », insiste l’ASPI.

Sur une trentaine d’usines identifiées, le rapport évoque notamment en détail un établissement de Qingdao, dans l’Est, produisant des baskets Nike, et la « rééducation » d’ouvriers ouïghours dans des usines de plusieurs sous-traitants du géant américain Apple.

Les entreprises épinglées « enfreignent les lois qui interdisent l’importation de biens produits en ayant recours au travail forcé », estime l’ASPI. Les auteurs du rapport les appellent à « faire des enquêtes immédiates et approfondies sur les droits humains dans les usines les approvisionnant en Chine, via des inspections et des audits indépendants et rigoureux ».

Sous-traitants indirects ?

Plusieurs de ces groupes réagissaient lundi avec prudence. « Aucun fournisseur mentionné n’est actuellement un fournisseur direct de Volkswagen », affirme ainsi un porte-parole du constructeur allemand. Son compatriote BMW indique « ne pas pouvoir commenter le contenu » du rapport, mais assure que ses sous-traitants directs doivent « appliquer la même politique avec leurs propres fournisseurs ».

« Des entreprises, comme Adidas, Bosch et Panasonic, assurent n’avoir aucune relation directe avec les sous-traitants impliqués (….) mais aucune marque n’était en mesure d’exclure un lien plus haut dans la chaîne de production », relève l’ASPI.

La Chine dément formellement les informations du rapport. « Ceux qui étudient dans des centres de formation professionnelle ont tous obtenu leur diplôme et ont trouvé un emploi stable », a affirmé lundi Zhao Lijiang, un porte-parole de la diplomatie chinoise. « Ils vivent maintenant une vie heureuse. »

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