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12/09/16 | 13 h 26 min

Arrivé du Dalaï Lama en France ce lundi

Aucune rencontre n’est prévue entre le chef spirituel des Tibétains et des officiels français de premier plan…

Chef spirituel des Tibétains, le dalaï-lama est attendu à Paris et Strasbourg de ce lundi à dimanche, sa première visite depuis cinq ans en France. Pour autant, aucune rencontre officielle avec des responsables gouvernementaux n’est prévue.

Enseignements, conférences, rencontres… Le dignitaire bouddhiste, prix Nobel de la Paix 1989, multiplie les déplacements loin de sa résidence indienne de Dharamsala, et plus encore depuis qu’il a renoncé en mars 2011 à toute responsabilité politique sur les Tibétains en exil.

Il n’était pas venu depuis 2011

Cette visite en France est inédite depuis une série d’enseignements qu’il avait donnés à Toulouse en août 2011.

Spiritualité, sciences et écologie seront au cœur des prises de parole de cet apôtre de la « responsabilité universelle », notamment face aux désordres climatiques.

A Paris, le dalaï-lama parlera à la Maison des avocats de l’articulation entre droit et environnement, et participera à une rencontre sur le dialogue interreligieux, « au service du respect et de la tolérance », au collège catholique des Bernardins. Il tiendra aussi une conférence-débat sur la culture tibétaine à l’Inalco (Institut national des langues et civilisations orientales).

« Audience collective »

Le vieil homme à la robe grenat et au sourire malicieux accordera en outre une « audience collective » aux Tibétains exilés en France : 3 000 d’entre eux – sur une population estimée à 4 000 à Paris – sont attendus, en costumes traditionnels, au Palais des congrès.

Le chef spirituel tibétain est aussi invité mercredi par le groupe d’information pour le Tibet au Sénat, présidé par Michel Raison (Les Républicains). Une vingtaine de sénateurs et plusieurs députés échangeront avec lui une demi-heure.

Les députés Noël Mamère (écologiste) et Jean-Patrick Gille (PS), qui rencontreront à cette occasion le dalaï-lama, ont écrit au président de la République, au Premier ministre et au ministre des Affaires étrangères pour les appeler à recevoir le dignitaire bouddhiste.

Aucune rencontre n’est en toutefois prévue avec des officiels français de premier plan, alors que les éventuels contacts du dalaï-lama avec des responsables occidentaux suscitent encore les protestations des autorités chinoises. Le programme du dignitaire tibétain, dont une intervention à Sciences-Po a été annulée, est scruté à la loupe par Pékin.

Des « conversations » à Strasbourg

A Strasbourg, une journée de « conversations » sur le thème « corps, esprit, sciences », l’impact éventuel de la méditation sur le fonctionnement du cerveau, est à l’agenda de l’université. Sans oublier un week-end d’enseignements au Zénith autour du philosophe indien Nagarjuna. Ces conférences sont très prisées, à la mesure de l’aura du bouddhisme tibétain, notamment auprès des non-asiatiques qui forment un tiers du million de bouddhistes estimé en France, et du succès du discours du maître sur « l’éthique laïque ».

« Pour le dalaï-lama, il n’y a que sa voie à lui qui garantit le salut. Mais ça, il ne le dit pas aux Occidentaux, il s’adapte à son public », critique l’anthropologue Marion Dapsance, qui publie un livre sur « Les dévots du bouddhisme » (Max Milo). « On a l’idée qu’il s’agit d’une philosophie prônant le développement personnel, mais c’est un contresens », estime-t-elle, évoquant une religion « très hiérarchisée ».

Matthieu Ricard, son interprète, soutient que « le bouddhisme ne fait pas de prosélytisme » : « Le dalaï-lama dit toujours qu’il ne vient pas faire un ou deux bouddhistes de plus ! »