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29/06/17 | 9 h 00 min

Les autorités chinoises ont arrêté plus de 40 Tibétains suite à un conflit sur l’eau

Les autorités chinoises de la province du Qinghai ont arrêté plus de 40 Tibétains à la suite d’un conflit entre des villageois et la police concernant les droits relatifs à l’eau qui ont fait des dizaines de blessés, selon plusieurs sources tibétaines.

Le 1er juin, des Tibétains du village de Shitsa, dans la préfecture de Tsoshar (ch. Haidong) dans le district autonome Hui de Bayen (Hualong), se sont confrontés aux autorités menées par le chef de district Ma Jinxi suite à la décision de détourner le cours d’eau du village de Shitsa vers celui de Tharga, village à majorité Hui, rapportent les sources.

Du personnel de sécurité a accompagné les ouvriers jusqu’à Shitsa pour commencer à poser des tuyaux afin de rediriger l’eau potable de la rivière Yitsa Zachu vers Tharga, et lorsque les Tibétains résidents dans le village ont voulu expliquer leur désaccord, Ma a refusé de les écouter, les avertissant qu’il ne serait en rien responsable si des « conflits ou des morts » découlaient de cette confrontation.

« La rivière qui passe par le village de Shitsa devait être déviée vers le village de Tharga habité par des musulmans, les villageois tibétains s’y sont opposés, » a déclaré Dorjee Bum un Tibétain vivant en exil au service Tibet de la RFA.

« La dispute s’est vite transformée en grave crise, la police est arrivée sur les lieux de la confrontation et à tenter de la réprimer. Au cœur des tensions, la police a pris le parti des habitants du village de Tharga, ce qui a mené les contestataires tibétains à s’opposer à la police, au final, 20 Tibétains et 10 policiers ont été blessé.

Selon une autre source qui se trouve au Tibet, et une vidéo qu’a obtenu la RFA, Ma a ordonné aux policiers d’utiliser des gaz lacrymogènes pour disperser la foule de Tibétains en colère. La source déclare que la police a également tiré sur la foule avec des armes non létales utilisées à des fins anti-émeutes.

Par la suite, « la communauté villageoise tibétaine a demandé aux autorités de résoudre ce problème de manière juste en affirmant que la vérité était du côté des Tibétains », a certifié la source.

« Ils ont également demandé à la police que les deux leaders arrêtés soient libérés. »

Selon Dorjee Bum, non seulement les demandes des Tibétains ont été ignorées mais qui plus est les autorités ont pris de nouvelles mesures contre les villageois de Shitsa.

« Durant les deux derniers jours, plus de 40 Tibétains du village de Shitsa ont été arrêtés. »

La source vivant au Tibet a indiqué que 70 personnes avaient été arrêtées suite aux altercations, même si 36 d’entre elles -dont un enfant de 9 ans et un homme de 70 ans- ont été libérées par la suite. Plusieurs véhicules appartenant à des habitants du village de Shitsa ont été saisies.

Selon Dorjee Bum la raison pour laquelle des Tibétains ont été arrêtés est liée au fait des officiers de police aient été blessé pendant les altercations, il ajoute qu’aucun musulmans n’a été arrêtés.

Cependant, il a déclaré que les altercations se sont poursuivies le vendredi.

« De nombreux habitants des deux villages sont arrivés sur les lieux de la contestation aujourd’hui et la crise reste irrésolue, » a t-il déclaré.

« Beaucoup de ceux qui ont été blessé dans les contestations de jeudi se sont retrouvés à l’hôpital. »

L’une d’eux, une femme de 56 ans souffre de « graves blessures », témoigne la source au Tibet, ajoute qu’elle a été envoyée à l’hôpital de Xining, capitale du Qinghai, et qu’il lui a été demandé de ne parler à personne de l’incident.

Une quarantaine de jeunes Tibétains de Shitsa ont réussi à fuir dans les montagnes pendant les altercations, poursuivie par des « centaines » de policiers.

Depuis ces protestations, les habitants de plusieurs communautés tibétaines -tels que les villages de Goeyok, Lakha and Shingtha- ont exprimé leur solidarité aux habitants de Shitsa, allant même jusqu’à organiser une manifestation silencieuse face au burau du gouvernement du district de Bayen.
Les musulmans Hui de Chine sont largement sinisés, mise à part leurs traditions religieuses et vivent dans des communautés dispersées dans les provinces du Gansu, Qinghai et Yunnan, ainsi que dans la préfecture autonome Hui de Ningxia.
Depuis le début de la vague d’immolation en 2009, 150 Tibétains vivant en Chine se sont immolés. La plupart des demandes des immolés concernait la liberté et le retour du Dalai lama d’Inde, où il vit depuis qu’il a fui le Tibet en 1959 suite à un soulèvement national qui a échoué.

Traduction France Tibet