Dans la province du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, la minorité ouïgoure est victime depuis des années d’une violente répression. Le régime chinois est accusé par la communauté internationale d’obliger les populations minoritaires musulmanes de la province du Xinjiang au travail forcé dans des camps.

En décembre, le footballeur Antoine Griezmann avait rompu son contrat publicitaire avec Huawei, en dénonçant les “forts soupçons” qui pesaient sur l’entreprise qui aurait développé une “alerte ouïgoure”. Huawei avait alors botté en touche en parlant d’un simple test.

Le brevet déposé par Huawei en 2018 découvert par IPVM décrit l’utilisation de “techniques d’apprentissage profond en intelligence artificielle pour identifier diverses caractéristiques de piétons photographiés ou filmés dans la rue”, et énumère les critères de ciblage des individus incluant “la race (Han [le plus grand groupe ethnique en Chine], Ouïgour)”.

Un porte-parole du groupe chinois, reconnaissant que cette “référence n’aurait pas dû être incluse”, a déclaré que “Huawei s’oppose à toute discrimination” et que le groupe prenait toutes les mesures pour modifier le projet : “Identifier la race des individus n’a jamais fait partie du projet de recherche et développement” et “n’aurait jamais dû faire partie de l’application”.

Technologie de discrimination ethnique

IPVM a également mis à jour d’autres références aux Ouïgours dans les brevets déposés par Sensetime et Megvii, deux entreprises chinoises spécialisées en IA et reconnaissance faciale. Quant à Alibaba et Baidu, deux autres géants de la tech chinois, IPVM a également trouvé des brevets de reconnaissance faciale ne mentionnant pas spécifiquement les Ouïgours mais qui “classent les individus par leur appartenance ethnique”.