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15/09/20 | 17 h 48 min par Le Monde avec AFP Publié hier à 23h04

BRUXELLES / PEKIN : L’Union européenne appelle la Chine à des concessions pour boucler un accord sur les investissements

Le président du Conseil européen Charles Michel depuis Bruxelles lors de la visioconférence avec la Chine, lundi 14 septembre.

L’Union européenne appelle la Chine à des concessions pour boucler un accord sur les investissements

Lors d’un sommet virtuel avec des responsables chinois, l’UE a également demandé l’envoi d’« observateurs indépendants » dans la province du Xinjia

 

L’Union européenne a exhorté lundi 14 septembre la Chine à ouvrir davantage son marché aux entreprises du continent si elle veut parvenir à un accord bilatéral sur les investissements avant fin 2020. Lors d’une visioconférence lundi avec le président chinois Xi Jinping, les chefs de l’UE ont également demandé l’envoi d’« observateurs indépendants » dans la province du Xinjiang, où Pékin est accusé d’orchestrer l’internement à grande échelle des Ouïghours.

Considérant la Chine à la fois comme partenaire incontournable et comme « rival stratégique », l’UE assure vouloir « coopérer » tout en défendant ses intérêts et ses valeurs. Au coeur de ses pourparlers actuels avec Pékin, un ambitieux accord sur les investissements, en négociation depuis sept ans.

Sera-t-il signé d’ici décembre ? « Il y a encore beaucoup à faire », a reconnu devant la presse la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen après la réunion virtuelle, à laquelle participaient également la chancelière allemande Angela Merkel et le président du Conseil européen Charles Michel (représentant les 27 de l’UE). « Nous prenons très au sérieux le fait d’avoir accès au marché chinois et de faire tomber les barrières. C’est à la Chine de nous convaincre que cela vaut le coup de conclure un accord », a-t-elle martelé.

Pour comprendre : Investissements chinois en Europe : l’Union se cherche une ligne claire face à ce « rival systémique »

Un premier accord signé sur les IGP

Cet accord sur les investissements doit permettre, d’après les Européens, de voir leurs entreprises traitées de la même manière en Chine que les entreprises chinoises sont traitées dans l’Union. Les 27 exigent un meilleur respect de la propriété intellectuelle, la fin des transferts de technologie imposés aux firmes étrangères en Chine et des subventions excessives aux entreprises publiques chinoises.

Initialement, l’Allemagne, qui a la présidence de l’UE pour six mois, escomptait voir cet accord conclu lors d’un sommet à Leipzig en septembre réunissant les 27 pays de l’UE et la Chine. Mais le Covid-19 est passé par là, le sommet s’est transformé en visioconférence en format réduit et la date pour une conclusion espérée de l’accord a été repoussée à la fin de l’année.

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Pour l’UE, la balle est désormais dans le camp de la Chine : tout en reconnaissant que des progrès avaient été réalisés depuis juin, Mme von der Leyen a jugé que la Chine devait faire plus, par exemple « dans le secteur des télécoms, ainsi que dans celui de l’automobile » en termes d’ouverture du marché.

Signal positif cependant : l’UE a annoncé lundi avoir signé, après feu vert des 27, l’accord passé fin 2019 avec la Chine visant à défendre 100 indications géographiques protégées (IGP) européennes et autant d’appellations chinoises.

Les Etats-Unis prennent des sanctions à propos des Ouïghours

Autre dossier sur la table, le climat : alors que l’UE se donne un objectif de neutralité carbone pour 2050, les Européens veulent pousser Pékin à muscler ses ambitions en visant une neutralité carbone en 2060, un pic d’émissions de CO2 dès 2025 et en cessant la construction de centrales à charbon.

Alors que cette réunion intervient sur fond de guerre commerciale et diplomatique croissante entre Pékin et Washington, l’UE cherche à trouver l’équilibre, en faisant avancer ses intérêts économiques tout en affirmant ses positions sur les droits humains.

Les Etats-Unis quant à eux ont adopté des sanctions ciblées contre des dirigeants politiques, entités et entreprises impliqués au Xinjiang. C’est « un message clair » adressé aux autorités chinoises : « Il est temps qu’elles mettent un terme au travail forcé supervisé par l’Etat et qu’elles respectent les droits humains de tous les peuples », a expliqué lundi le chef de la diplomatie Mike Pompeo.

image : Le président du Conseil européen Charles Michel depuis Bruxelles lors de la visioconférence avec la Chine, lundi 14 septembre. Yves Herman / AP

Lire la chronique : « L’Europe, prise en étau entre la Chine et les Etats-Unis, doit se réarmer économiquement »

Le Monde avec AFP

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