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20/01/19 | 18 h 39 min par Col. Vinayak Bhat (retraité) / traduction France Tibet

Ce bombardier, l’un des  fleurons de l’armée de l’air chinoise, est actuellement déployé contre l’Inde

 

Après la confrontation au Doklam, l’armée chinoise a orienté le bombardier H-6K en direction de l’Inde en déployant ses forces aériennes à Wugong.

 

New Delhi : Il est hautement probable que la Chine soit en train de déployer son bombardier de pointe Xian H-6K contre l’Inde suite à la confrontation militaire qui a opposé les deux pays au Doklam en 2017.

Le Xian H-6K est l’élément principal de la force aérienne de l’Armée Populaire de Libération.

Le H-6K, version homologuée du « Badger » russe Tu-16, est un bombardier à moyenne portée qui a effectué son premier vol le 5 janvier 2007 et a été opérationnel à partir du 1er octobre 2009.

Les H-6K – fabriqués par Xi’an Aircraft Company – ont été utilisés en direction des territoires de Guam (Etats-Unis), de Taïwan et de la Mer de Chine méridionale. De plus, au lendemain de la confrontation de 2017 au Doklam,  la Force Aérienne de l’Armée Populaire de Libération (PLAAF) a pointé les H-6K en direction de l’Inde.

Le quatrième lot de H-6K devrait être déployé contre l’Inde à Wugong pour la 36ème division de la Force Aérienne de l’Armée Populaire de Libération (PLAAF) sous le commandement du chef de division Hao Jianke et du commandant de régiment Wang Guosong au Centre de Commandement des Opérations.  

C’est en utilisant l’imagerie satellite de Google Earth que ThePrint essaye de comprendre les plans de la PLAAF concernant les H-6K et l’Inde.

Les détails de l’avion

D’après le Net chinois, les rapports internes de Xi’an Aircraft Corporation affirment que le H-6K a été conçu au début des années 2000 et que la production de prototypes a démarré en 2003.

Col. Vinayak Bhat/ThePrint

 

La nouvelle version du H-6K, présentant un cône de nez plein au lieu d’être en verre, est propulsée par des turboréacteurs Aviadvigatel D-31KP-2, avec une poussée de 12 000 kg, similaire aux transporteurs russes 76MD.

Le H-6K possède un radar de balayage au sol fixé sur son cône de nez et une tourelle électro-optique montée sur le menton.

Des antennes de contre-mesures électroniques peuvent être observées sur le cône de nez et sur l’empennage vertical. Les capteurs du système d’alerte d’approche missiles  sont visibles sur le nez comme sur la queue de l’avion.

L’antenne du satellite de communication est montée au sommet du fuselage arrière et une tourelle de liaison de données se trouve sous le fuselage arrière.

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Les armements transportés

Le H-6K a six réacteurs, trois sur chaque aile. L’un des trois réacteurs de chacune des ailes est placé entre le moteur et le train d’atterrissage. L’avion peut ainsi transporter six JD-20A,  la version de lanceur aérien des missiles de croisière d’attaque terrestre du DF-10.

Col. Vinayak Bhat/ThePrint

L’avion a subi des tests avec des missiles YJ-12 et YJ-100, lesquels ont été à chaque fois faits sur le deuxième réacteur. Pour la première fois, ThePrint a pu accéder à des photos de missiles montés sur ce modèle ; ceux-ci dépassent de 3 à 4 mètres à l’avant des ailes. Cette grande protubérance donne à penser que la longueur des missiles serait sans doute supérieure à 7-8 mètres.

De nouvelles versions

La Chine développe actuellement une nouvelle version de l’H-6K, sous l’appellation générale de H-6N, avec une sonde de ravitaillement en vol montée sur le nez (IFR).

Col. Vinayak Bhat/ThePrint

L’H-6K avec une sonde de ravitaillement en vol montée sur le nez (IFR), alimentée par des ravitailleurs aériens Il-78, devrait étendre sa portée au-delà de 3 500 km, le rendant ainsi capable d’entreprendre des missions stratégiques.

Cette version de l’H-6K est destinée à transporter ce que les services secrets occidentaux affirment être un missile balistique air-mer (AShBM) appelé CH-AS-X-13, et sensé être situé sur le missile DF-21D par lancement aérien depuis le fuselage inférieur.

Le missile CH-AS-X-13 est appelé le « tueur de porteurs » par les media occidentaux, avec une vitesse de pointe hypersonique et une manœuvrabilité de descente à angle prononcé.

 

«  La mère de toutes les bombes »

Il y a peu, une vidéo soi-disant réalisée par NORINCO (China North Industries Corporation), est devenue virale sur les réseaux sociaux chinois ; on y voyait une bombe de grande taille que la plupart des media chinois ont baptisée « la mère de toutes les bombes » (MOAB). MOAB (Mother Of All Bombs), est en réalité l’acronyme de Massive Destruction Air Blast (bombe de destruction massive par souffle).

Col. Vinayak Bhat/ThePrint

La vidéo montrait  une soute larguant la bombe et une explosion sur la cible.

Une analyse minutieuse de la vidéo révèle que la soi-disant « mère de toutes les bombes » n’est pas vraiment si grande, mais seulement une bombe de la même taille que la BLU-12.

Dans la mesure où la MOAB est sensée être transportée seule dans une soute interne, elle pourrait peser entre 6 et 9 tonnes. Sur les photos montrant le largage de cette bombe on voyait  aussi des champs cultivés au-dessous, ce qui pourrait signifier qu’il s’agissait non pas d’une vraie bombe, mais d’une bombe factice.

Pourtant, on installe actuellement sur le H-6K des équipements de sécurité pour les pilotes,  tels que des sièges éjectables et un cockpit moderne tout en testant différents types de missiles en vue de le rendre plus performant que ses concurrents. Il restera vraisemblablement l’outil principal des opérations de bombardements de la Force Aérienne de l’Armée Populaire de Libération jusqu’à ce qu’un bombardier furtif H-20 n’apparaisse au cours de la prochaine décennie.