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30/04/19 | 17 h 26 min

CHINE : Des journalistes spécialisés dans le droit des ouvriers risquent d’être victimes de tortures…

Ce n’est pas la Fête du Travail pour tout le monde …

Deux des trois journalistes enquêtant sur les droits des ouvriers arrêtés en mars à Guangzhou (sud) ont été placés samedi 20 avril en « résidence surveillée dans un lieu désigné » , un système de détention souvent associé à l’usage de la torture.
Wei Zhili et Ke Chengbing, tous deux rédacteurs du journal d'information sur les droits du travail iLabour.net, 
arrêtés en mars à Guangzhou, sont sous «surveillance résidentielle dans un lieu désigné» (RSDL) depuis samedi dernier,
 selon leurs familles. 
Ce système de détention, censé prendre en charge des personnes qui constituent une menace pour la sécurité nationale,
prive les détenus de leurs droits reconnus par la loi et est très souvent associé à la torture.

« Ces journalistes ne sont en aucun cas des ennemis de l’État et n’ont fait que leur travail en rendant compte des
 conditions de travail en Chine »,déclare Cédric Alviani, responsable du Bureau de Reporters sans frontières (RSF) 
pour l’Asie de l’Est, qui a appelé les autorités chinoises à : "Mettre fin aux violations répétées de la liberté de la presse,
 droit constitutionnel en Chine, et libérer immédiatement tous les journalistes et blogueurs détenus."

Depuis sa promulgation en 2013, le RSDL a fait des milliers de victimes, parmi lesquelles de nombreux journalistes et 
blogueurs, qui ont disparu pendant six mois au maximum sans avoir accès à un avocat ou à des soins médicaux. 
Le blogueur australien Yang Hengjun, les journalistes chinois Wang Xiaolu et Zhen Jianghua ont tous été victimes 
du système.
 Une compilation de témoignages de première main d'anciens détenus sur le système de la RSDL se trouve dans 
« La République populaire des disparus », publiée en 2017.

Wei et Ke ont été arrêtés pour la première fois par la police le 20 mars, après leurs investigations sur les conditions de 
travail pouvant mettre en danger de mort les ouvriers dans ces usines locales. 
Le rédacteur en chef de la publication en ligne, Yang Zhengjun, est également arrêté par la police depuis janvier.

En Chine, plus de 65 journalistes et blogueurs sont actuellement détenus dans des conditions qui menacent leur vie. 
Le pays a encore chuté jusqu'au 177ème rang sur 180, dans l'indice de liberté de la presse 2019 de RSF.

 

Wei and Ke were first detained by police on March 20 after their investigation into the life-threatening working conditions of local factories. The online publication’s editor-in-chief, Yang Zhengjun, has also been detained by police since January.

In China, more than 65 journalists and bloggers are currently detained in conditions that pose a threat to their lives. The country fell further down to 177 out of 180 in the 2019 RSF Press Freedom Index.

PHOTO: AMNESTY INTERNATIONAL