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14/12/17 | 16 h 57 min par COL. VINAYAK BHAT (RETD) 13 décembre 2017

CHINE / INDE … danger imminent : Des images satellitaires montrent que la Chine utilise un tunnel secret pour détourner l’eau du Brahmapoutre vers le désert duTaklamakan

Satellite photo of China blocking Brahmaputra river

 

National Security

Dans ce qui constitue peut-être la première preuve d’un éventuel projet de détournement des eaux du Brahmapoutre par la Chine, les dernières images satellitaires permettent d’ observer un nouveau barrage massif sur la rivière Brahmapoutre – Yarlong Tsangpo en tibétain – avec un tunnel qui semble engloutir, en souterrain, l’ensemble du cours d’eau, sur près d’un kilomètre.Le Brahmapoutre est considéré comme sacré pour les Indiens et les Tibétains ; il prend sa source dans le Glacier Angsi situé dans le Comté de Purang au Tibet.  Les premières observations signalaient des eaux devenant noires [ boueuses] du côté indien, tout à fait en rapport avec les plans chinois visant à détourner les eaux du Fleuve vers les terres arides du désert du Taklamakan.Bien que le Gouvernement indien ait déclaré qu’il n’y avait aucune preuve de projet de détournement d’eau, l’imagerie satellite du 26 novembre 2017, avec la permission du fournisseur commercial américain d’images spatiales DigitalGlobe, indique qu’un nouveau projet est à un stade avancé. Ce rapport – basé sur les dernières images satellitaires – examine uniquement la position réelle au sol. Les mesures effectuées sur des images à très basse résolution peuvent ne pas être tout à fait exactes.

NOUVEAU PROJET

Les images disponibles montrent un nouveau barrage de 200 m de large qui semble avoir complètement bloqué l’eau du Brahmapoutre. Le cours total de la rivière semble se  partager en deux conduites forcées constituant deux bras d’environ 50 m de largeur chacun vers l’ouest de la rivière. Après environ 900 m en aval, l’ eau réapparaît dans deux sorties dont la taille et la forme sont très similaires  à celles des entrées.

Le projet – actuellement en cours de construction – est, à vol d’oiseau,  situé à 60 km à l’est du Canton de Shannan et à près de 40 km à l’est du Comté de Sangri.
Ce qui pose actuellement problème au sujet de ce projet, c’est qu’un autre projet – le Barrage de Tsangmo ou  Zangmu – a récemment été conduit à terme, installé à seulement 13 km en aval. Mis en service fin 2015  ce barrage de Zangmu dispose d’une capacité de production d’énergie de 510 MW. Pékin n’avait prêté aucune attention aux objections de l’Inde au sujet de cet ouvrage.

PLAN DE DÉRIVATION POSSIBLE

La construction de ce nouveau barrage situé à 13 km en amont de Tsangmo, et qui détourne toute l’eau à l’intérieur de la montagne, suggère que son objectif ne soit pas seulement la production d’hydroélectricité. Le but de ce projet est probablement de détourner une partie des eaux du Brahmapoutre vers les zones arides du désert de Taklamakan.

L’étude approfondie de la géographie de la région, incluant le profil d’élévation, indique clairement que la Chine pourrait en réalité envisager  de détourner les eaux du Brahmapoutre à environ 1 100 km au nord-ouest du site du projet.

Le parcours [ souterrain ] indiqué sur l’image ci-dessous montre l’itinéraire possible du tunnel qui ne rencontre aucun plan d’eau sur son passage. La différence de niveaux, entre le site du projet et le site d’arrivée dans le désert de Taklamakan, suggère qu’une pente descendante sera disponible pour que l’eau coule naturellement, sans aucune construction supplémentaire, à destination des grands puits intermédiaires de stockage.
L’Inde se situant en aval du Brahmapoutre a tous les droits sur ses eaux et tout détournement d’eau de cette rivière pourrait probablement nuire à l’agriculture indienne. En cas d’urgence, une fuite d’eau soudaine dans ces installations peut également causer des ravages du côté indien.

 

                                                                                                                         Le Brahmapoutre (Photo courtesy: The News Mill)

EAUX NOIRES

L’imagerie par satellite montre que la Chine pulvérise, en tant que système antipoussières des adhésifs en résine polymère tout autour de cette zone de travaux. Couramment utilisés pour les grands projets de construction, ces adhésifs en résine ne le sont jamais pour des projets liés à  l’eau ; selon certains ingénieurs spécialistes de construction de projets d’eau, ces adhésifs sont réputés nocifs pour les humains et les animaux.

Ces pulvérisations de résine ont été observées au cours des deux derniers mois. L’estimation approximative du temps d’écoulement de l’eau pour atteindre l’Inde à partir de cet emplacement du projet est de 15 à 20 jours. La couleur de l’eau du Brahmapoutre en Assam prenant soudainement une teinte plus sombre, pourrait être due, selon les rapports dans les médias, à l’utilisation de ces adhésifs de résine sur ce site du projet.

CONSTRUCTION A PLEIN RENDEMENT

Les concasseurs de pierres et les cimenteries sont très repérables sur les images satellitaires d’observation du site. Les produits de ces installations sont évidemment utilisés à l’intérieur de ces tunnels à des fins de construction. Le matériau extrait de l’intérieur de ces tunnels est empilé le long de la rivière jusqu’au niveau de la route. La plupart des pierres sont concassées en blocs de différentes tailles et certaines d’entre elles peuvent être entraînées dans le fleuve, selon le débit d’eau.

Des allées et venues incessantes d’un grand nombre de bennes basculantes et d’autres véhicules transportant du matériel à destination et en provenance de cette zone. Une zone administrative est également visible à l’est du projet avec un grand nombre de maisons et de casernes à toit rouge, pouvant éventuellement accueillir des employés et également abriter des bâtiments administratifs.

Des images montrent que la Chine utilise un tunnel secret pour détourner l’eau du Brahmapoutre vers le désert
13 décembre

 
 

Source: Vinayak Bhat
 Les canaux de barrages, les systèmes d’irrigation peuvent transformer l’eau en une véritable arme politique à utiliser en temps de guerre, ou pendant la paix, pour signaler l’agacement d’un Etat co-riverain.

 

Source : the Economic Times, Indiatimes.

Traduction France Tibet,14 décembre 2017

En complément d’ informations, il semble utile de rappeler le travail d’ informations réalisé par Antoine Boutet 

Le « Nan Shui Bei Diao » – est le plus gros projet de transfert d’eau au monde, entre le sud et le nord de la Chine. Sur les traces de ce chantier colossal, le film d’Antoine Boutet dresse la cartographie mouvementée d’un territoire d’ingénieur où le ciment bat les plaines, les fleuves quittent leur lit, les déserts deviennent forêts, où peu à peu des voix s’élèvent, réclamant justice et droit à la parole. Tandis que la matière se décompose et que les individus s’alarment, un paysage de science-fiction, contre nature, se recompose.

Sud Eau Nord Déplacer sortira mercredi 28 janvier dans les salles de cinéma. Vous trouverez, ci-dessous, les commentaires de premiers spectateurs, des extraits de presse, ainsi que la programmation des prochaines semaines.
Si vous souhaitez vous associer à une de ces projections, contactez la salle de cinéma concernée ou la distribution du film : mdecout@zeugmafilms.fr
Si vous souhaitez accompagner une projection dans une ville où le film n’est pas encore programmé, contactez-nous : hague.philippe@gmail.com

 

 

Après le [conflit] du Doklam, la Chine et l’Inde semblent s’orienter vers une autre crise, en effet Pékin travaille sur un ambitieux plan de détournement des eaux du Brahmapoutre vers la région aride du Xinjiang. La Chine planifierait un ouvrage de 1 000 km de long, ce qui en fera le plus long du monde. (un barrage de détournement est déjà construit, comme le révèlent des images satellites, cf notre article, NdT )

Le Brahmapoutre prend sa source au Tibet, où les Tibétains l’appellent Yarlung Tsanpo. Le tunnel devrait détourner l’eau du Tibet à l’aide d’une série de chutes d’eau.

La Chine teste sa capacité à construire un tel tunnel en en construisant un plus petit : en août, dans sa province du Yunnan, la Chine a commencé la construction d’un tunnel qui fera plus de 600 km. Selon le South China Morning Post, les ingénieurs chinois y testent des techniques qui seront utiles au projet Tibet-Xinjiang.

L’article citait un ingénieur en géologie annonçant que le tunnel « transformerait le Xinjiang en Californie ». Des chercheurs ont déclaré au journal chinois que le projet du Yunnan était une « répétition » des nouvelles technologies, des méthodes d’ingénierie et du matériel nécessaire pour le tunnel Tibet-Xinjiang.

L’Inde se sent déjà menacée par les projets chinois sur le Plateau Tibétain qui impactent le régime de ses cours d’eau. Le détournement du Brahmapoutre est une idée dont la Chine ne parle pas en public car cela implique détruire les plaines des territoires indiens du nord-est et ceux du Bangladesh, soit par des inondations soit par un manque d’eau.

En 2001, un barrage avait cédé au Tibet, tuant 26 personnes et créant des dommages pour 1,4 milliards de roupies (18,5 millions d’euros ) le long du Siang dans l’Arunachal Pradesh (Nord-Est de l’Inde).

En 2013, L’Inde s’était déjà plainte à la Chine concernant ses projets de barrages sur le Brahmapoutre.

Récemment, la Chine a déclaré construire un barrage sur un affluent du Yarlung Tsangpo.

Barrages, canaux, systèmes d’irrigation peuvent transformer l’eau en arme en temps de guerre ou en temps de paix pour faire pression sur son voisin en aval.

Read original story here.

http://tibet.net/2017/12/images-show-china-may-be-using-a-secret-tunnel-to-divert-brahmaputra-water-into-desert

COL. VINAYAK BHAT (RETD) 13 décembre 2017

Image : La Chine bloque le Brahmapoutre complètement  | Vinayak Bhat

RAPPEL du film d’ Antoine Boutet

 

RAPPEL  : http://www.tibet.fr/?s=brahmapoutre++chine+barrages&x=18&y=10