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21/11/17 | 12 h 27 min par Tenzin Monlam, traduction France Tibet

La Chine instaure de nouvelles règles de censures sur le Net tibétain

Selon le Centre Tibétain pour les Droits de l’Homme et la Démocratie –  TCHRD -, afin de diminuer le flot d’informations provenant du Tibet, le Gouvernement chinois instaure au Tibet une « version locale » et « floue » de règles de censure. D’après un document officiel reçu par l’association, les règles ont pris effet dès le 8 octobre de cette année.

La publication réalisée en langue tibétaine de ces directives établit la liste de 9 items pour une conduite d’auto-censure destinée aux « administrateurs de groupe de discussions Internet » et  » aux propriétaires de comptes publics en ligne « .

« Ces règles de censures écrites par le Bureau de Sécurité Intérieure de la province du Gansu – Préfecture autonome tibétaine du Comté de Machu – s’ajoutent à d’autres obligations répressives instaurées en juin de cette année dans le cadre de la loi de Cyber Sécurité », nous apprend le rapport du TCHRD.

Ainsi, il a été ordonné aux administrateurs des groupes de discussions en ligne de « réguler de façon stricte » les membres de leurs groupes et de  partager l’information au sein de ceux-ci.

Les administrateurs et les propriétaires de comptes publics tels les groupes de discussions, les réseaux sociaux et les applications de messagerie instantanée sont tenus responsables quant à la prévention du partage de contenus illégaux.

Les neufs directives listées incluent, parmi d’autres, de ne pas partager d’informations à caractère politique, ne pas partager des documents internes contenant des informations confidentielles, ne pas partager des informations liées à Hong Kong, Macao et Taïwan avant leur publication officielle sur les sites Internet du Gouvernement.

L’association tibétaine exprime aussi son inquiétude quant à deux versions tibétaines de deux nouvelles réglementations -réglementations des groupes internet et réglementation des comptes publics en ligne – instaurées le 7 septembre par l’administration chinoise du cyber-espace ( ACC ).

« Les activistes tibétains et les opposants au Gouvernement sont régulièrement inculpés de  » partage de secrets d’Etat » ou  » atteinte à la sûreté de l’ Etat » pour avoir partagé des informations politiques. » Les deux motifs d’inculpation ont une définition floue selon la loi chinoise, ce qui permet aux agences d’application de la loi de criminaliser les défenseurs des droits de l’Homme et les opposants pacifiques, » rapporte l’association basée à Dharamshala.

D’après le rapport annuel Freedom House (cf l’article France Tibet sur ce sujet), la Chine est classée, pour la troisième année consécutive, comme le pire état en matière de respect des libertés de l’internet. Le Tibet, quant à lui, y est répertorié comme la zone au monde où les réseaux de téléphonie mobile sont le plus souvent mis hors service.
Traduction France Tibet