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07/05/15 | 13 h 27 min

Chine : La Haute représentante de l’UE devrait faire des droits humains une priorité lors de sa visite

Federica Mogherini devrait aborder des cas individuels ainsi que les préoccupations suscitées par certaines lois

(Bruxelles, le 30 avril 2015) –La Haute représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de l’Union européenne (UE), Federica Mogherini, devrait exprimer, tant en public qu’en privé, les préoccupations que suscite la détérioration de la situation en matière de droits humains en Chine, a recommandé Human Rights Watch dans une lettre rendue publique aujourd’hui. Federica Mogherini effectuera une visite en Chine les 5 et 6 mai pour un dialogue stratégique avec les autorités chinoises.

« L’UE s’est engagée à plusieurs reprises à promouvoir les droits humains dans toutes ses actions à l’étranger ainsi qu’avec ses partenaires stratégiques», a déclaré Sophie Richardson, directrice de recherches sur la Chine à Human Rights Watch. « La Haute représentante Federica Mogherini devrait exprimer les graves préoccupations que suscitent les menaces aux droits humains fondamentaux en Chine, tant par principe que comme condition préalable à des relations plus étroites. »

La lettre rappelle le soutien apporté par l’UE aux droits humains dans ses déclarations publiques et devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, et souligne le rapport qui doit être établi entre la protection des droits humains et le développement des relations bilatérales. Dans ce courrier, Human Rights Watch prie instamment Federica Mogherini de :

  • Souligner auprès de ses interlocuteurs au sein du gouvernement chinois l’étroit rapport entre la protection des droits humains en Chine et la solidité générale des relations entre ce pays et l’UE ;
  • Appeler publiquement à la libération de détracteurs pacifiques du gouvernement, de militants anti-corruption, d’avocats et de journalistes emprisonnés ;
  • Demander à la Chine d’abandonner son projet de loi visant à restreindre les activités des organisations non gouvernementales étrangères, qui apportent fréquemment leur soutien aux représentants indépendants de la société civile chinoise;
  • Dire clairement que les questions relatives aux droits humains identifiées dans le cadre de la Rubrique n° 4 (Item 4) de la Déclaration de l’UE, lors de la session de mars 2015 du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, feront partie des sujets de discussions lors du Sommet sino-européen qui doit ce tenir plus tard cette année; et
  • S’engager à trouver des moyens pour communiquer au public en Chine et en Europe les points essentiels de ces discussions.

« L’UE ne pourra pas placer ses relations avec la Chine au niveau où elle le souhaite sans une amélioration de la situation en matière de droits humains dans ce pays – ce qui implique des tribunaux dépolitisés et le respect de la liberté d’expression », a affirmé Sophie Richardson. « Il incombe à Federica Mogherini et aux autres responsables européens de haut niveau d’insister avec fermeté sur ce point à chaque occasion, et de faire ainsi savoir aux Chinois qui luttent pour leurs droits que l’UE les soutient. »