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10/10/18 | 19 h 45 min par France Tibet

La crise autour du Président d’Interpol sans grande réaction politique

(Mise à jour le 13-10-2018 )

Interpol l’annonce prosaïquement :


Trois jours après l’ouverture d’une enquête pour disparition, le Service International de Police a accepté la démission de son Président, alors que de son côté la Chine, sans dévoiler quoi que ce soit, déclare qu’il est suspecté de corruption.

Et la France note :

La France a pris acte de l’annonce hier par Interpol de la démission avec effet immédiat de son président Meng Hongwei. Elle rappelle son plein soutien aux travaux d’Interpol, organisation internationale de coopération policière dont le siège se situe à Lyon.

Interpol peut-elle accepter la démission de Meng Hongwei ? Bien sûr que non, d’autant plus que dans l’affaire, Mme Grace Meng a reçu des messages de menaces. Pourtant la Police internationale le fait. Cela l’arrangerait de se séparer d’un Président qui fait éditer des notes rouges contre des dissidents chinois défenseurs des droits de l’Homme ?

En tout état de cause, toujours personne ne sait où se trouve M. Hongwei. Les seuls points clairs dans cette affaire : il s’agit bien d’une disparition forcée, d’ un délit, quand la campagne anti corruption chinoise arrête des opposants au régime, quand bien même ces derniers accomplissent les méfaits de la politique du tout puissant Xi Jinping.   Ce qui est encore  très clair : la réaction de la Communauté internationale puisque personne ne se presse de retrouver le Président d’Interpol ou de faire pression sur la Chine.

Ainsi Interpol demande clarification à la Chine mais semble interpréter la lettre de démission de son Président comme une réponse.

Une grande affaire internationale, beaucoup de réactions journalistiques et peu d’actions politiques. Bref, rien de nouveau à l’Ouest. Ce qui ne fait, malheureusement, qu’aggraver la crise des démocraties. En effet, en ne brochant pas, elles confirment à la Chine leur manque de verve et d’autorité, crise qui était déjà très grave du moment où un Vice-ministre de la sécurité chinoise arrivait au poste d’Interpol.  Notons qu’aujourd’hui Emmanuel Macron a réagi personnellement sur la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, mais pas sur celle du Président d’Interpol.

De son côté, Xi Jinping peut continuer à conforter son pouvoir chez lui en toute liberté et manipuler les démocraties occidentales à sa guise. Ne déclarait-il pas : «  Le marxisme est très profond mais il peut principalement se résumer en une phrase : lutter pour la libération de l’humanité » ?

Malheureusement pour eux, les Tibétains et les Ouïghours connaissent trop bien les méthodes de libération employées…

En bonus, France Inter a eu la très bonne idée d’interviewer Marie Holzman pour obtenir des éclaircissements : 

Et pour aller plus loin sur Interpol : https://www.arte.tv/fr/videos/061744-000-A/interpol-une-police-sous-influence/