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07/07/16 | 13 h 40 min

Chine : le suicide de l’idéologue en chef du Parti reflète le manque d’espace pour le débat

La grande figure des théories communistes du PC chinois s’est suicidé le 25 juin dernier dans un contexte ou les conflits idéologiques font rage au sein du Parti, tenu d’une main de fer par le président Xi Jinping : Les espaces pour le débat au sein du Parti et dans la société n’ont cessé de se réduire.

De nombreuses hypothèses circulent pour tenter d’expliquer son geste : querelles politiques, la liberté de pensée et de la corruption.

Zhu Tiezhi, 56 ans, essayiste réputé des théories du Parti comuniste chinois (PCC) et vice-rédacteur en chef de la revue Qiushi qui est un journal politique phare dans le cadre du PCC au pouvoir.

Les médias chinois (groupe Caixin) mettent en lumière le témoignage d’un ami sous le couvert de l’anonymat. Il rapporte que Zhu Tiezhi était déprimé par les conflits idéologiques au cours des dernières années entre les réformistes et les conservateurs qui ont de plus en plus de voix.

Zhu Tiezhi, toujours selon Caixin, avait écrit un article dans sa revue évoquant les défis que devait absolument relever le Parti, au risque de voir « les débats idéologiques devenir des discours creux qui saperont la confiance mutuelle entre le Parti, le gouvernement qu’il dirige et le peuple. » A cet égard, il a été souligné que les problèmes urgents tels que la corruption officielle endémique, nécessite des corrections avant l’idéologie.

Le rapport cite un ami évoquant les pensées de Zhu : un intellectuel doit préserver son intégrité de manière indépendante de la pensée et des points de vues uniques. Cela est contraire aux récents appels du président Xi, « tous les membres et les cadres doivent se ranger derrière les lignes du Parti. »

Alors que « son but a toujours été de protéger la direction du parti », Zhu « avait des pensées assez libérales. Il estimait que le gouvernement devait prendre soin des gens », souligne Jia Ping de RFA.org, le 28 juin. Cependant, il était de plus en plus marginalisé dans ses fonctions à Qiushi, « qui est de gauche », a rajouté Jin.

Le rapport a également cité Zi Su, un ancien professeur à l’Ecole du Parti provincial du Sichuan, affirmant que beaucoup de penseurs, les plus libéraux d’esprit du parti, avaient eu le sentiment d’être de plus en plus aliéné par l’atmosphère politique restrictive, ces derniers mois. Zi a estimé que Zhu s’est suicidé à cause « d’un sentiment d’oppression trop fort et d’une souffrance d’agir comme un simple outil du parti. »

Zhu a déclaré avoir fait ses premières armes pendant la Révolution culturelle (1966-1976) au sein du journal politique Honggi avant de passer à Qiushi, en juillet 1988, où il est arrivé progressivement à la direction.

L’information concernant la mort de Zhu Tiezhi a été publiée le 26 juin sur le site web du Quotidien du Peuple, l’organe officiel du Parti communiste. Ce bref rapport ne donne aucune explication sur son suicide.

Traduction Laetitia Fromenteau pour France Tibet