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11/05/17 | 23 h 48 min

Chine: l’incroyable périple jusqu’au Texas de la femme d’un avocat emprisonné

Chen Guiqiu (à droite), la femme d’un avocat emprisonné en Chine, ici le 4 juillet 2016 à Pékin avec d’autres femmes de militants des droits de l’homme incarcérés.Greg Baker / AFP

L’épouse d’un avocat des droits de l’homme chinois emprisonné a raconté sa fuite rocambolesque de Chine jusqu’en Thaïlande, où des diplomates américains l’ont arrachée in extremis des mains d’agents de Pékin pour l’amener aux Etats-Unis.

C’est à pied, accompagnée de ses deux filles âgées de 4 et 15 ans, que Chen Guiqiu a entamé son périple au mois de février depuis la province du Hunan, dans le centre de la Chine. Elles parviennent à passer la frontière à un endroit que l’épouse de l’avocat des droits de l’homme incarcéré préfère ne pas préciser.

Le long de la route, effectuée à pied et en voiture à travers quatre pays, plusieurs soutiens les accompagnent jusqu’à leur destination thaïlandaise : une maison réputée sûre à Bangkok. Cependant le trio, entré en Thaïlande sans visa, est rattrapé par la justice locale, qui lui ordonne de quitter le pays. Chen Guiqiu n’est pas inquiète : elle dit détenir les documents l’autorisant à rejoindre les Etats-Unis, où est née sa deuxième fille.

Mais des agents chinois font irruption dans le centre de détention où elle est retenue avec sa famille en attente d’expulsion, raconte-t-elle : « J’étais choquée et mes filles étaient terrorisées. On m’avait pris mon téléphone et je pensais vraiment que je n’allais pas m’en tirer. » C’est là que des diplomates américains interviennent. Ils convainquent les autorités thaïlandaises de laisser la femme et ses deux filles quitter discrètement l’établissement.

Course-poursuiteUne course-poursuite s’engage alors avec les fonctionnaires chinois, suivie d’une violente altercation entre les représentants des trois pays à l’aéroport de Bangkok.
L’incident s’est déroulé le 3 mars, explique Mme Chen, soit un mois avant la rencontre entre le président chinois Xi Jinping et son homologue américain Donald Trump en Floride.

Chen Guiqiu affirme être arrivée au Texas le 17 mars où elle vit désormais avec ses filles. Elles espèrent obtenir l’asile politique. Pendant ce temps son mari, Xie Yang, a été contraint de plaider coupable d’incitation à la subversion lors d’un « simulacre de procès », selon Amnesty International.

Il avait été interpellé en 2015 avec 200 autres juristes pour avoir défendu des militants chinois qui avaient participé aux manifestations contre Pékin en 2014 à Hong Kong. Chen Guiqiu a milité en Chine pour la libération de son mari qu’elle n’a pas revu depuis son arrestation. Interrogée à plusieurs reprises, elle risquait de perdre son poste de professeur d’université en génie de l’environnement.