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05/01/18 | 20 h 34 min par Paul Mozur avec la collaboration de Carolyn Zhang / traduction France Tibet

Chine : ses merveilleuses et effroyables nouvelles technologies

President Xi Jinping of China shown on a screen during the fourth World Internet Conference in Wuzhen. Credit Aly Song/Reuters

Wuzhen, Chine

La conférence internationale de l’internet met sur un piédestal les technologies de contrôle du citoyen.

Une entreprise spécialiste de l’intelligence artificielle présentait un robot qui pourrait aider les médecins dans leurs diagnostics. Une start-up dévoilait son drone construit pour faire voler à 96 km/h son passager.

Et dans une démonstration autant merveilleuse qu’effrayante, une compagnie chinoise démontrait comment sa technologie de reconnaissance faciale pourrait rapidement identifier et décrire une personne.

S’il y avait des doutes sur les prouesses de la technologie chinoise, les stands du plus grand salon de Chine sur les nouvelles technologies devrait les effacer. L’évènement, autrefois une scène pour les directeurs exécutifs locaux et les leaders d’états du Tiers Monde a cette année attiré la crème des directeurs exécutifs américains tel Tim Cook d’Apple et Sundar Pichal de Google ainsi que les géants chinois Alibaba ( Jack Ma) et Tencent ( Pony Ma).

Pourtant, toutes les avancées présentées sur l’évènement dans la ville pittoresque de Wuzhen, dans l’Est Chinois, offrent également des raisons à la précaution. La technologie nécessaire à une techno-police d’état était à portée de main, donnant un aperçu de l’usage des nouvelles technologies, telles l’intelligence artificielle et la reconnaissance faciale, dans le pistage du citoyen, et comment cela est largement accepté ici.

Le pistage était apparent à la fois dans la présentation de l’évènement et dans les technologies elles-mêmes. D’étroits checkpoints utilisaient la reconnaissance faciale. La police armée chinoise patrouillait. Et dans les coins sombres du hall de la convention, irradiaient les lumières rouges des caméras de surveillance à circuits fermés.

Face ++, entreprise de la reconnaissance faciale et sa croissance rapide, cibla le public avec sa technologie. Dans son vaste espace, sur un grand écran, le logiciel identifie les genres, décrit la longueur et la couleur des cheveux et analyse les vêtements portés.

D’autres entreprises chinoises montraient ce qu’il pouvait être fait avec de telles données. L’entreprise nationale China Unicom projetait des graphiques classant et analysant la gigantesque sommes de données de ses clients.

Une carte physique dessinait la population de Pékin suivant l’évolution des déplacements entre le travail et le domicile. Une autre montrait où les visiteurs étrangers parcouraient son réseau. Les personnes supervisant le stand de China Unicom devisaient ouvertement sur les données, un signe d’une large acceptation d’un tel degré de surveillance et d’enregistrement des données.

Deux rivales de China Unicom, également des entreprises nationales, montraient un penchant similaire pour les mesures et la surveillance. China Mobile avaient installé une caméra sur la proue d’un des nombreux bateaux qui voguent dans les canaux de Wuzhen, envoyant les images vers sa nouvelle génération de téléphone portable le plus rapide. China Telecom démontrait sa capacité à mesurer la quantité de détritus dans plusieurs poubelles et à détecter les bouche-incendies ne fonctionnant pas ou mal.

Les investisseurs et les analystes disent que la ferveur chinoise sans vergogne pour la collecte de ces données, combiné à son énorme population, devrait donner un avantage certain aux spécialistes de l’intelligence artificielle sur leurs concurrents américains.

De tels développements soulignent la valse naissante entre la Chine et les Etats-Unis qui déterminera le futur des technologies et de leurs applications.

Parlant de terrorisme à un public, Mei Jianming, décrit comme l’expert en chef de l’anti-terrorisme pour l’Organisation de Cooperation de Shanghaï*, un groupe intergouvernemental incluant la Chine et la Russie, entre autres pays, estampillait comme terroristes les groupes qui demandent le respect des droits de l’Homme pour la minorité musulmane chinoise des Ouïghours. Il déclara ensuite que Pékin devait être plus influente pour que Twitter change ses termes de services et sévisse envers ces groupes.

« Nous devrions renforcer les capacités de notre propagande, » annonça-t-il. « du côté officiel de la Chine, notre China Daily et Xinhua News ont leur propre présence sur Twitter, mais l’efficacité de leur propagande n’est pas suffisante. Ce n’est clairement pas suffisant, » continua-t-il.

La contradiction d’utiliser des sites tel Twitter pour modifier les opinions à l’étranger tout en le censurant était évidente mais presque jamais soulignée.

Lors du discours d’ouverture de Wang Huning, un des sept membres du Comité Siégeant du Politburo, il y avait plus d’invitation à l’ouverture et à la coopération qu’à la sécurité et à la censure qui marquent l’approche chinoise de l’internet.

L’un des discours les plus clair sur la censure vint le premier jour d’un membre officiel [du Parti ] qui gardait la porte d’entrée de la conférence. Un représentant du gouvernement de la ville de Wenzhu, il demanda aux journalistes comment ils passaient outre les filtres de l’internet chinois. Il ne dit pas s’il était curieux ou s’il voulait savoir quelles techniques étaient le plus efficace pour mieux les cibler par la suite.

 

L’Organisation de Coopération de Shanghaï :

* https://en.wikipedia.org/wiki/Shanghai_Cooperation_Organisation : vision sécuritaire : lutter contre les extrémismes, le terrorisme et les séparatismes (la totalité des membres sont des dictatures )