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02/11/17 | 10 h 55 min

La Chine prétend être à l’origine du bouddhisme tibétain et cherche sa sinisation

Un chef du Parti Communiste Chinois ( PCC) chargé de traiter avec des groupes de partis non-communistes, des minorités ethniques et des groupes religieux a fait une déclaration extravagante le 21 octobre, s’exprimant en marge de la 19ème session du Congrès National du Parti Communiste Chinois qui s’est tenu à Pékin. Le bouddhisme tibétain était une religion spéciale “née dans notre ancienne Chine”.

Reuters, le 21 octobre, a cité Zhang Yijiong, vice-ministre exécutif du Département du Travail du Front uni du Comité Central du Parti Communiste chinois et qui dirige le groupe de travail du département concerné au Tibet, disant: “C’est une religion chinoise. Elle n’est pas venue de l’extérieur”.

Bien que le bouddhisme ait atteint la Chine beaucoup plus tôt, il est évident que la religion est arrivée au Tibet en provenance de l’Inde, la plupart de ses textes étant des traductions effectuées par d’anciens savants tibétains d’origine indienne.

Mais l’affirmation de Zhang est en accord avec la position défiante de son parti et du Gouvernement selon laquelle les religions en Chine doivent s’adapter à la situation en Chine et doivent être orientées vers la Chine. Zhang a travaillé dans la Région Autonome du Tibet, de 2006 à 2010, en tant que chef adjoint du Parti communiste.

Global Times.cn, qui est dirigé par le porte-parole du Parti chinois, le Quotidien du Peuple, a déclaré lors de la conférence de presse: “Le Département du Travail du Front uni du Comité central du PCC a fourni une orientation active aux religions pour qu’elles puissent s’adapter à la société socialiste …, pour que les religions en Chine doivent être chinoises dans l’orientation”.

Il a également été cité comme affirmant que son département avait fidèlement mis en œuvre les stratégies du Comité Central du PCC sur la gouvernance du Tibet et du Xinjiang et “lutté sans relâche contre le sécessionnisme, qui protège l’unité nationale, la solidarité ethnique et la stabilité sociale ».

Il a ajouté que la Chine guidait la sinisation du Bouddhisme tibétain tout en exprimant l’espoir qu’elle pourrait tirer l’essence de la culture chinoise, “qui répond également aux besoins du développement du Bouddhisme tibétain”.

Le Congrès quinquennal est un rassemblement de 2287 délégués triés sur le volet, représentant 89 millions de membres du parti de 31 provinces et neuf agences de l’Etat – des entreprises publiques à l’Armée populaire de Libération. Mais le soi-disant Congrès n’est rien de plus qu’une cérémonie politique bien préparée, le résultat du rassemblement d’une semaine étant déjà finalisé à l’avance et à huis clos par une poignée de dirigeants.

TibetanReview.net, 22 oct. 2017

Traduction France Tibet