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22/11/17 | 15 h 28 min

La Chine resserre son emprise sur ses dissidents

 

La Chine envisage d’imposer des sanctions allant de la suppression des droits politiques à la détention criminelle et à l’emprisonnement pouvant aller jusqu’à trois ans pour ceux qui ne respectent pas l’hymne national en vertu d’une nouvelle loi qui pourrait être appliquée à Hong Kong.

Un projet d’amendement a été soumis lundi pour délibération lors de la session bimensuelle du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale.
« Comme la loi pénale prévoit des sanctions pour les infractions au drapeau national et à l’emblème national, les violations concernant l’hymne national devraient également être incorporées avec l’adoption de la nouvelle loi » a déclaré Wang Chaoying, vice-président de la Commission des affaires législatives dans un rapport à la session mardi.

Cependant les nouvelles règles strictes pourraient déclencher des représailles dans l’ancienne colonie britannique où les fans de football ont hué l’hymne lors de récents matches, suscitant la fureur des autorités et soulignant les divisions entre la ville et la partie continentale de la Chine.

Les inquiétudes se multiplient à Hong Kong ou l’on croit que la Chine étend lentement son emprise politique sur la ville qui jouissait jusqu’ici d’un traitement particulier et d’une liberté garantie par la règle “un pays, deux systèmes”. Hong Kong fait partie de la Chine mais on n’y applique pas obligatoirement les mêmes règles.

Ce pressentiment que la Chine cherche à resserrer sa poigne n’est pas seulement celui des citoyens de Hong Kong mais également celui des ouïghours vivant à l’étranger et en Chine.

Les Ouïghours, peuple turcophone musulman sunnite, vivent principalement dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang, en République populaire de Chine, où ils sont l’une des 55 minorités ethniques officiellement reconnues.

Au Xinjiang, les Ouïghours sont limités dans leurs déplacements et leurs téléphones portables font l’objet d’inspections. Selon le Globe and Mail, les autorités chinoises ont mis en place un régime de surveillance de plus en plus performant qui utilise la reconnaissance faciale pour suivre les gens.

Les autorités chinoises auraient utilisé des moyens musclés tels que de menaces faites aux membres de la famille des Ouïghours vivant à l’étranger pour les inciter à retourner en Chine.

A leur retour ils sont emmenés avec de nombreux Ouïghours du Xinjiang dans des camps de rééducation patriotique dans le but de les débarrasser des croyances politiques et religieuses jugées nuisibles et inutiles.

La Chine veut que les Ouïghours « restent chez eux, où ils peuvent être surveillés de plus près » a déclaré James Leibold, spécialiste de la politique ethnique chinoise à l’Université La Trobe en Australie.

Enver Tohti, un Ouïghour en exil au Royaume-Uni et un chirurgien qui a ouvertement accusé la Chine de persécuter son peuple, a été invité dans un café par un inconnu. L’homme connaissait les amis de M. Tohti, ses récents voyages, et même son goût pour la littérature, selon le Globe and Mail.

L’inconnu l’a menacé en lui disant que sa campagne pour les droits de l’homme était tolérable, mais qu’il avait maintenant franchi la ligne rouge. Ne sachant pas quelle était la ligne rouge, Tohti lui demanda si la ligne rouge avait été tracée par les Chinois.

« Si vous continuez sur cette voie, nous ne pouvons pas garantir votre sécurité dans ce pays »a répondu l’inconnu.

Le Congrès national du peuple, le parlement populaire chinois dirigé par Xi Jinping, semble bien décidé à joindre l’acte à la parole pour démontrer sa ferme opposition aux régions désireuses d’indépendance et à tout individu qui se tiendrait sur sa route.

Traduit par Maxime Belhache