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11/10/19 | 11 h 06 min par Elise Menand et Benoît Sauvage

« Chine, tout est sous contrôle »…Envoyé spécial (France 2) : le reportage sur la Chine fait froid dans le dos… mais ne le ratez pas !

Ce jeudi 10 octobre, France 2 propose dans le deuxième reportage d’Envoyé spécial, magazine, diffusé dès 21h05 une enquête intitulée « Chine, tout est sous contrôle ! « . Le titre est, en fait, un jeu de mots qui nous offre les deux très bonnes raisons de ne pas rater ce sujet.

D’abord, parce que les enquêteurs Elise Menand et Benoît Sauvage ont dû pour mener à bien leur reportage déjouer plusieurs fois la sécurité intérieure et les services de la propagande chinoise. Ensuite parce qu’ils révèlent que bientôt dans ce pays tous les citoyens seront « fichés » avec des outils technologiques bien difficiles à détourner. La réalité a dépassé les pires scénarios.

Dans la nouvelle formule d’Envoyé Spécial, on suit pas à pas les reporters. Ainsi, vous découvrirez comment les journalistes et leur interprète ont dû jouer au chat et à la souris en zigzagant dans les rues des villes, courant dans les traverses des grands magasins et changeant de véhicules pour échapper à la surveillance de la police chinoise. Mais surtout, ils ont découvert que leurs portables eux aussi étaient pistés. Vérolés, même ! « Vos appareils ont été piratés, leur a appris un expert en cyber sécurité. Plus besoin de vous suivre, ils savent où vous êtes. C’est aussi un moyen de vous mettre la pression », a-t-il ajouté. Les journalistes, pourtant n’ont pas renoncé mais ont dû abandonner.

Lu dans le Nouvel Obs :

En 2020, la Chine sera le premier pays au monde à avoir mis sa population – 1, 390 milliard d’habitants – sous étroite surveillance. A l’aide d’un système nommé « crédit social », censé distinguer les « bons » des « mauvais » citoyens, le pouvoir fiche et espionne tous leurs faits et gestes. Ces derniers sont classés selon des notes allant d’un triple A à un D, qui donnent droit à des récompenses ou à des sanctions. Un film pédagogique de l’Etat annonce la couleur : « Le crédit social est votre passeport dans la société, votre note est votre deuxième carte d’identité. » Les citoyens exemplaires reçoivent des primes, des cadeaux, deviennent membres du Parti, accèdent à des coupe-files dans les administrations. « Indignes de confiance », les « mauvais », eux, sont inscrits sur des listes noires. On leur interdit de voyager, de contracter un crédit, de mettre leur enfant dans une école privée ou d’acheter une voiture. On peut perdre des points en jetant un papier par terre ou en grillant un feu rouge ; en gagner en dénonçant un délinquant ou en faisant un don du sang. Les sanctionnés voient leur photo projetée sur les écrans des salles de cinéma et une sonnerie spéciale de téléphone leur est attribuée. Quel beau moyen de contrôle !

Pour Lin Junyue, le théoricien de ce crédit social, ce système n’aurait pour seul but que de « civiliser » la population chinoise. « Nous voulons reconstruire la morale, atteindre le même niveau de civilités que les pays développés. Il faut que tout le monde soit intègre, honnête, et respecte les contrats. » Les défenseurs des droits de l’homme, comme l’opposant Hu Jia, dénoncent, eux, un recul des libertés sans précédent : « Sous couvert de rétablir la morale, le crédit social est un outil pour asseoir encore davantage le pouvoir du Parti communiste. Le citoyen est façonné et taillé pour être un esclave. Les Chinois intègrent ses règles et deviennent les petits soldats que le Parti aimerait qu’ils soient. » En 1949, George Orwell avait imaginé Big Brother dans « 1984 ». Soixante-dix ans plus tard, la Chine, grâce à sa technologie numérique très avancée, met en place un régime totalitaire encore plus efficace.

Jeudi 10 octobre à 21h05 sur France 2. Envoyé spécial, magazine présenté par Elise Lucet (2019). Un reportage d’Elise Menand et Benoît Sauvage. (Disponible en replay sur france.tv).