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13/10/16 | 13 h 32 min

Chine: un leader ouïgour obtient le «Nobel des droits de l’homme»

Le professeur d’université, blogueur, et membre de la minorité ouïghour chinoise, Ilham Tohti.

La récompense est venue deux ans après sa condamnation à la prison à vie par un tribunal chinois pour « séparatisme » : Ilham Tohti, économiste, universitaire et voix modérée de la communauté ouïgour a été honoré par le prix Martin-Ennals 2016, prix considéré comme le « Nobel des droits de l’homme ». La réaction de Pékin, furieuse, n’a pas tardé.

Avec notre correspondante à Pékin, Heike Schmidt

Aux yeux de Pékin, le Haut-Commissaire pour les droits de l’homme Zeid Ra’aad al-Hussein n’aurait jamais dû se rendre à la cérémonie en hommage à Ilham Tohti. Il aurait ainsi soutenu un « séparatiste » au mépris de la justice chinoise.

Si l’on en croit le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ilham Tohti « a justifié des actes violents et terroristes », « divisé l’Etat » et « fait l’apologie de la haine ».

Pour la dizaine d’organisations dont Amnesty International et Human Rights Watch qui ont attribué le prix à l’universitaire ouïghour, il n’en est rien. « La vraie honte est qu’en éliminant la voix modérée de Ilham Tohti, le gouvernement chinois jette en fait les bases de l’extrémisme qu’il dit vouloir empêcher », a déclaré le président de la Fondation Martin-Ennals, Dick Oosting.

 « Mandela chinois »

Selon la Fondation, Ilham Tohti, souvent appelé le « Mandela chinois », a « rejeté la violence et promu la réconciliation basée sur le respect de la culture ouïgoure, confrontée à une répression religieuse, culturelle et politique ».

L’économiste aurait passé deux décennies à soutenir le dialogue entre la majorité des Han et la minorité musulmane des Ouïghours du Xinjiang, une région dans l’extrême ouest de la Chine que Pékin contrôle d’une main de fer.