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25/03/21 | 9 h 39 min par Mona Anne

COLONISATION de la MER DE CHINE MÉRIDIONALE et ORIENTALE

 

En mer de Chine, une démonstration de force de plus de la part de Pékin

Des bateaux de la Milice maritime chinoise ont fait de l’intimidation au large des Philippines. Une démonstration de force de plus de la part de Pékin.

Près du récif de Whitsun, à 320 kilomètres à l’ouest de l’île philippine de Palawan, environ 200 chalutiers chinois sont postés depuis le 7 mars 2021. Le fait qu’aucune activité de pêche n’ait été observée a éveillé les soupçons des garde-côtes. Pour eux, pas de doute, les navires font partie de la Milice maritime chinoise, la PAFMM (People’s Armed Forces Maritime Militia), soutien à la marine chinoise (PLAN) et aux garde-côtes.

Dimanche 21 mars, le secrétaire à la Défense des Philippines Delfin Lorenzana a ordonné à Pékin de rappeler immédiatement les bateaux qui « violent [ses] droits maritimes et empiètent sur [son] territoire souverain ». L’ambassade de Chine, de son côté, a nié la présence de miliciens et a fait état de pêcheurs rapatriés pour cause de mauvais temps.

Revendiqué par les deux pays

Le récif, situé sur l’archipel disputé de Spartley, est revendiqué par les deux pays. Les Philippines se réfèrent à l’arbitrage international de La Haye de 2016, contesté par la Chine.

Pour Antoine Bondaz, spécialiste de la Chine et de l’Asie à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), « la taille des navires et leur ressemblance avec les navires de la milice maritime, laissent a priori assez peu de doute ».

Créé à la naissance de la République populaire de Chine en 1949 comme patrouille côtière, la Milice maritime chinoise est aujourd’hui un outil de pressions, harcèlements et blocus maritimes. « Cela fait partie d’une stratégie globale du changement unilatéral du statu quo de la part de la Chine et de test de la réponse de la communauté internationale », estime le chercheur.

Voici une carte des revendications territoriales en Mer de Chine. | INFOGRAPHIE OUEST-FRANCE

Une grande tension déjà en 2009

Mais ses opérations ne concernent pas que les navires des États riverains. « En 2009, la milice maritime a harcelé le USNS Impeccable, navire de surveillance océanique américain, indique Antoine Bondaz. Ça a été l’objet d’une grande tension. »

Contrôlée par la commission militaire centrale, l’organisme paramilitaire est composée de civils. Pékin échappe donc à toute accusation d’offensive.

« Elle a un rôle extrêmement important. Elle permet à la Chine de mettre la pression, mais surtout d’empêcher les autres Etats de réagir. »  Ils risqueraient d’être présentés comme responsables d’une d’escalade.

L’effectif humain et les moyens matériel de la Milice maritime chinoise sont difficiles à estimer. « A priori, il y aurait un peu d’armement léger mais il ne s’agit pas du tout de navires de guerre. Ce sont de gros navires de pêche », note Antoine Bondaz.

Harcèlements ciblés de Pékin

Face à cette formation aux contours et aux missions flous, le camp d’en face se trouve dans l’incapacité de trouver une réponse appropriée. « Ce manque de transparence et cette ambiguïté stratégique sont savamment entretenus. Ils permettent à la Chine une certaine flexibilité politique. »

Les harcèlements ciblés de Pékin, qui comportent aussi des vols dans l’espace aérien de Taïwan, s’inscrivent dans sa stratégie globale en mer de Chine méridionale. Parmi ses revendications territoriales, celle concernant Taïwan est la plus susceptible de déboucher sur un conflit armé et une intervention étrangère. « Contrôler la mer de Chine méridionale serait un atout pour la Chine en cas de conflit avec Taïwan. »