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01/12/16 | 17 h 41 min par THOMAS DURAND

Le yartsa gunbu : Comment un « ver de terre » devenu le caviar du Tibet… est maintenant en voie de disparition

caviar

Comment un ver de terre est devenu le caviar du Tibet
Le yartsa est un « champignon-chenille » qui s’arrache en Chine pour ses vertus médicinales. Rançon du succès, il est désormais en voie de disparition.

On l’appelle le yartsa gunbu. Pas plus grand qu’une épingle, pas plus épais qu’un escargot, ce ver de terre* rongé par un champignon est une véritable mine d’or pour ceux qui le dénichent sur les pentes tibétaines. L’engouement que suscite ce « champignon-chenille » est dû à la médecine chinoise qui lui confère des vertus extraordinaires. Généralement consommé en soupe, il soignerait de l’asthme jusqu’au cancer. Voire le sida, assurent certains sans sourciller. Il aurait même des qualités aphrodisiaques. Posséder des yartsas chez soi confère un certain statut social, rapporte la BBC. On les offrirait même en gage dans la haute société chinoise.

Il suffit de regarder les prix au kilo du ver tibétain pour comprendre. Comptez environ 20 000 euros pour un kilogramme. C’est cinq fois plus cher que le caviar ! La livre des spécimens de très haute qualité peut atteindre jusqu’à 50 000 euros, soit environ 100 000 euros le kilo, selon un article de  National Geographic. Au Tibet, de nombreuses personnes se mettent à la recherche du précieux ver. Pour le ramasser, les paysans travaillent à genoux en raclant les terres de l’Himalaya à 4 500 mètres d’altitude. Ils doivent extirper ceux arrivés à maturité car c’est le champignon (Ophiocordyceps sinensis) qui compte. Il pousse dans le corps des vers, les tue, avant de leur transpercer la tête.

Bientôt en voie de disparition
Mais le succès du ver tibétain a un prix : il est en voie de disparition. Alors que, dans certaines régions, on pouvait en trouver facilement une centaine par jour auparavant, il est aujourd’hui difficile d’en dénicher plus de cinq. Le yartsa gunbu connaît ainsi le même sort que d’autres espèces en voie de disparition car prisées en Asie, tels le rhinocéros, dont la corne est considérée comme aphrodisiaque, le requin, prisé pour ses ailerons, ou encore le concombre de mer, dont le kilo a atteint 660 euros. La Chine ira-t-elle jusqu’à encadrer drastiquement la récolte du précieux ver de terre ?

PAR THOMAS DURAND

Publié le 01/12/2016 à 12:28 | Le Point.fr

NDLR * Au sujet de ce  » ver de terre « …il ne s’agit nullement d’un lombric …comme l’expression employée pourrait le laisser penser. Pour en savoir plus ….consulter les informations ci dessous  :

« L’or brun du Tibet », ARTE, 8 juin 2009

« L’or brun du Tibet »
Lundi 8 juin à 4h10
sur ARTE

Un documentaire réalisé par Jeanne Mascolo de Filippis [1]
Une coproduction : ARTE France, Strawberry Films (2009-43 mn)

Enquête sur un alien du monde vivant, mi-animal mi-végétal, surnommé le « Viagra de l’Himalaya ».
Étonnante mutation entre l’animal et le végétal, le cordyceps sinensis est la combinaison unique d’une chenille et d’un champignon qui pousse à l’état sauvage sur les hauts plateaux du Tibet et en Himalaya, à plus de 4 000 mètres d’altitude. Réputé pour ses bienfaits sur le système immunitaire, il est aujourd’hui l’un des champignons les plus renommés de la médecine chinoise traditionnelle.
Le cordyceps tibétain, surnommé le « viagra de l’Himalaya« , n’est plus seulement un revenu pour les populations de nomades tibétains mais aussi pour tout un réseau de commerçants qui voient en lui un produit encore plus lucratif que le ginseng. Sa demande croissante fait qu’il se négocie autour de 25 000 euros le kilo, plus cher que l’or !

Des hautes plaines de l’Himalaya aux plus grands laboratoires chinois de Hong Kong, en passant par les petits commerçants de pharmacopée d’Asie du Sud-Est, c’est cette nouvelle ruée vers l’Or Brun et ses enjeux que ce film se propose de raconter.
Il permettra également de découvrir ses conséquences sur la vie d’une population à la culture et aux pratiques uniques : véritable symbole de mutation des traditions, sa récolte représente déjà 50% de l’économie rurale du Tibet.
La société tibétaine est remodelée, les nomades se sédentarisent avec l’argent de la récolte et la course au profit pousse les laboratoires chinois et internationaux à isoler la cellule souche qui permettrait d’en faire un médicament bien moins onéreux. Mais aucune étude clinique fiable ne permet de vérifier ces propriétés…
Du Yunnan jusqu’à Hong-Kong, enquête sur cette nouvelle ruée vers l’or.

1ères diffusions le 29 mai à 18h15 et le 5 juin à 9h10

Source : ARTE et ZED Production

[1] Jeanne Mascolo de Filippis est également l’auteur(e) ou co-auteur de différents documentaires sur le Tibet, dont « Alexandra David-Neel – Une femme au Tibet interdit » (1992, avec Antoine de Maximy), et, avec Bruno Vienne, de « Kalou, Lama pour toujours » (1995), « Tibet, regard de femmes » (1995), « Retour au Kham » (1995), « L’enfant Lama » (1995), « Tibet libre : Kalachakra » (1998), « Tibet, l’histoire d’une nation » (1998, en 2 vol. avec Snafu Wowkonowicz) et bien d’autres

 

image : Il faut compter environ 20 000 euros pour un kilogramme de vers de terre* tibétains.

© Liu Kun / XINHUA/ Liu Kun

 

Le yartsa gunbu, un champignon-chenille 5 fois plus cher que le caviar

Le yartsa gunbu a une curieuse histoire. Cette créature qui vit au Tibet est une mi-chenille mi-champignon et fait probablement partie des espèces les plus étranges de notre planète. Ce spécimen est aujourd’hui menacé de disparition et se vend très (très) cher…

Le yartsa gunbu (ou « herbe printanière – lombric hivernal ») pousse sur les pentes de l’Himalaya au Tibet. Moitié végétal, moitié animal, il se vend tellement cher qu’on le surnomme le caviar du Tibet. Ce champignon-chenille est très prisé par les Chinois pour ses vertus médicinales et est désormais en voie de disparition, souligne le Nouvelliste.

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Le Tibet a, en effet, développé un commerce rentable avec la Chine pendant des siècles jusqu’aux dernières décennies qui ont vu monter en flèche le prix du champignon. Un demi-kilo coûtait moins de deux dollars dans les années 1970, puis jusqu’à 100 dollars en 1990, expliquait l’epochtimes en 2015. Aujourd’hui, un kilo de champignons-chenilles de très bonne qualité peut être vendu pour 40.000 dollars ou plus. Le revenu total de son commerce rapporte 1 milliard de dollars par an.

La curieuse destinée de cette créature est aussi déroutante que son développement. Cette chenille est rongée de l’intérieur par un champignon qui grossit et quand arrive à maturité, il «tue» le ver et lui transperce la tête. C’est à cet instant qu’il faut le trouver en creusant.

Les Chinois lui prêtent des pouvoirs quasi miraculeux. Il guérirait de l’asthme au cancer et même le sida. Il recèle également des vertus aphrodisiaques et se vend 5 fois plus cher que le caviar. Revers de la médaille ? Cette chenille-champignon est en voie de disparition et sa rareté fait d’elle l’objet de plusieurs fantasmes.

Récolte au Bouthan :