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24/12/17 | 19 h 00 min par Yves Fossey J.M.

Conflans-Sainte-Honorine : les Tibétains répartis dans quatre Centres d’hébergement après le démantèlement du campement de 320 Tibétains…

Le camp de réfugiés tibétains installé sur les bords de Seine à Conflans-Sainte-Honorine a été démantelé ce mardi matin. Les quelque 320 demandeurs d’asile qui vivaient dehors sous des tentes depuis le mois de septembre ont été transportés dans quatre centres d’hébergement d’urgence répartis à Paris dans le XVIIIearrondissement, à l’ancienne caserne la Boulangerie et à l’ancienne gare Dubois, ainsi que dans l’ancienne patinoire à Cergy (Val-d’Oise) et à l’hôtel social Séréna à Saint-Germain-en-Laye .

L’opération, mise en place à partir de 8 heures par la sous-préfecture de Saint-Germain-en-Laye, s’est déroulée dans le calme. Pas moins de huit bus ont été tout spécialement affrétés pour acheminer les réfugiés vers les différents établissements. Sacs et valises à la main, les Tibétains, alignés en file indienne, sont montés tout sourire dans les bus. « Ils étaient prêts dès notre arrivée, souligne Stéphane Grauvogel, le sous-préfet. Ils avaient replié leur tente mais aussi nettoyé le terrain et mis en tas les matelas usagés

Conflans, ce mardi. Après avoir replié leurs tentes, les Tibétains ont entassé leurs matelas usagés. LP/Y.F.

Un important dispositif de sécurité a été déployé durant cette évacuation dans le secteur de la D 48 de la gare Fin d’Oise. Le quartier a été bouclé pendant près de trois heures. Des policiers ont pris position aux différents croisements et des gendarmes mobiles en bordure du fleuve « pour écarter tout risque d’accident ».

Mais parmi les 320 demandeurs d’asile installés sous les tentes, tous n’ont pas pu être orientés vers les centres d’urgence. Faute d’un nombre de places suffisant, une cinquantaine d’entre eux a été invitée à rejoindre un gymnase de Maurecourt, une commune voisine. « C’est provisoire pour quelques jours voire deux semaines en attendant de trouver une solution d’hébergement », prévient le sous-préfet. « Le maire de Conflans a manqué de courage car il a refusé de mettre l’un des équipements de la ville à la disposition des migrants », déplore Gérald Casson de la Ligue des Droits de l’Homme. Pour justifier sa décision, le maire Laurent Brosse (LR) explique que les équipements municipaux sont utilisés par « les scolaires et les associations ».

Il était devenu urgent de démanteler ce campement de plus de 200 tentes en raison des températures hivernales et des conditions météo très défavorables. « C’est un soulagement, ils vont dormir au chaud », confie Hugues Fresneau de la Pierre Blanche, l’association qui gère l’accueil des réfugiés sur la péniche « Je Sers », amarrée le long de la promenade François-Mitterrand. Alors que l’organisme propose une capacité d’environ 400 places, face aux arrivées supplémentaires enregistrées ces derniers mois, il n’est plus en mesure d’offrir un hébergement aux Tibétains.

Du coup, un campement a été installé sur les espaces verts de la Confluence.

Cent d’entre eux sont arrivés au centre de pré-orientation de Cergy

Cergy (Val-d’Oise), ce mardi. Cent migrants du Tibet sont arrivés ce matin dans l’ancienne patinoire pour une durée de deux semaines environ. LP/Julie Ménard

« Je suis bien mieux ici. » Tout sourire, Gyatso fait partie des cent Tibétains arrivés ce mardi matin au centre de pré-orientation de Cergy (Val-d’Oise). Au chaud et bien nourri, il apprécie les conditions de vie qu’on lui offre après plusieurs mois passés sous une tente à Conflans. « Les policiers nous avaient prévenus la veille et sont venus nous chercher vers 6 heures », continue le moine de 35 ans. Dans deux semaines environ, il sera conduit dans un autre centre d’hébergement en province ou en Ile-de-France. D’ici là, il aura complété son dossier de demande d’asile en préfecture. « Toutes les semaines, une centaine de migrants arrive et une autre repart, explique une responsable d’Espérer 95, l’association qui gère le centre. Le dispositif fonctionne bien jusqu’à présent. »

 image : Cergy (Val-d’Oise), ce mardi. Cent migrants du Tibet sont arrivés ce matin dans l’ancienne patinoire pour une durée de deux semaines environ. LP/Julie Ménard

Île-de-France & Oise>Yvelines|Yves Fossey J.M.|19 décembre 2017, 12h22|MAJ : 19 décembre 2017, 18h50|3