Le premier site d'actualité sur le Tibet

www.tibet.fr

22/03/21 | 15 h 57 min par Hélène Marzolf

« CORONATION » : Le réalisteur AI WEIWEI dénonce l’étendue des contrôles des mentalités en Chine durant la pandémie à Wuhan”

Le plasticien dissident, aujourd’hui installé en Europe, a réalisé un documentaire sur les premiers mois de la pandémie de Covid à Wuhan, grâce aux vidéos envoyées par des activistes locaux. Un film impressionnant, à découvrir sur Explore, la nouvelle plateforme d’Apple TV+. Entretien exclusif.

Vidéaste, architecte, sculpteur, blogueur, photographe, documentariste… Touche-à-tout, Ai Weiwei s’impose comme l’artiste dissident chinois le plus connu au monde. Il en a payé le prix : régulièrement menacé dans son pays, emprisonné quatre-vingt-un jours pour avoir, entre autres, dénoncé la corruption des autorités locales après le tremblement de terre du Sichuan, il a fini par quitter la Chine il y a six ans pour l’Europe, d’où il continue à défendre les droits humains à travers un art contestataire multiforme. Après Human Flow, sorti dans les salles françaises en 2017, qui dénonce le sort réservés aux migrants, il propose un documentaire sur le confinement à Wuhan, entre janvier et avril 2020, grâce aux vidéos envoyées par des activistes sur place. Visible sur Explore, la nouvelle plateforme d’Apple TV+, lancée ce jeudi 18 mars (1), Coronation explore, à travers des images chocs, inédites, le quotidien étouffant et ultra contrôlé des habitants, la gestion high-tech de la pandémie de Covid par les autorités. Depuis les environs de Lisbonne, où il vit désormais, le plasticien de 63 ans nous a parlé du film, de ce qu’il révèle de l’évolution de son pays, et partage ses indignations d’artiste en exil.

Suite Télérama

« Coronation », un film coup de poing sur la pandémie à Wuhan présenté à Genève : Euronews du 10 mars 2021

Ai Weiwei est l’un des artistes les plus connus au monde, doublé d’un activiste engagé, qui défend les causes de ceux que le pouvoir veut intimider ou faire taire. Avec son nouveau film, Coronation, il réalise l’exploit de montrer ce qu’il s’est passé à Wuhan l’an dernier, pendant le confinement total de la ville.

Des images volées en quelque sorte au gouvernement chinois qui interdit son film en Chine.

Frédéric Ponsard du Service Culture l’a reçu sur le plateau d’Euronews.

« En tant qu’artiste et activiste, je pense qu’il est de ma responsabilité d’enregistrer ce moment le plus important de l’Histoire du XXIe siècle. Je ne savais pas que la pandémie se développerait si largement et terriblement, mais, si je ne l’avais pas fait, l’histoire aurait disparue… »

Ai Weiwei
Artiste et activiste

Coronation est un incroyable documentaire, avec des images complètement inédites tournées et envoyées par les amis et les connaissances de Ai Weiwei bloqué à Wuhan.

Et notamment, celles tournées dans les hôpitaux de la ville où les malades puis les cadavres se sont accumulés…

« En gros, nous avons filmé les six hôpitaux, et nous avons beaucoup d’images mais, bien sûr, dans le film, nous ne pouvons utiliser que de très petits fragments.

Ai Weiwei
Artiste et activiste

500 heures de rushes pour au total un film d’une heure cinquante minutes.

Le film est en compétition en ce moment au Festival du film sur les Droits Humains de Genève, un festival unique en son genre qui se tient cette année entièrement en ligne…

« Le Festival du film sur les droits humains de Genève joue un rôle crucial dans la promotion des droits de l’homme. Il défend des valeurs et des sujets très importants et je suis très heureux de ce qu’il fait ».

Ai Weiwei
Artiste et activiste

Vous pouvez visionner sur demande le film en réservant une place en ligne sur le site du Festival du film sur les droits humains de Genève, qui se tient en ligne jusqu’au 14 mars. et Ai Weiwei sera en ligne samedi pour un débat avec Christine Ockrent.

 

« Coronation », le film mise en garde d’Ai Weiwei : Le Monde Publié le 24 août 2020 à 11h09 – Mis à jour le 27 août 2020 à 12h30 

L’artiste, qui vit en Europe, a réalisé un documentaire sur le confinement en s’appuyant sur des vidéos tournées dans la métropole chinoise d’où est partie l’épidémie de Covid-19.

Par 

Temps deLecture 3 min.

Article réservé aux abonnés

La gare de Wuhan, en Chine, pendant le confinement, filmée dans le documentaire « Coronation » (2020).

Réfugié en Europe depuis 2015, ce diable d’Ai Weiwei est malgré tout parvenu à faire un documentaire sur le confinement de Wuhan. « J’étais à Rome en train de mettre en scène Turandot [un opéra de Puccini]. Mais je tenais à faire un film sur Wuhan. C’est une idée que j’ai depuis le SRAS de 2003. Du coup, je travaillais sur Turandot la journée et préparais le film sur Wuhan la nuit », explique-t-il au Monde, par téléphone, depuis Lisbonne.

Lire le portrait (en 2016) :L’art du combat d’Ai Weiwei

Amis, militants, professionnels… l’artiste a su mobiliser de nombreux soutiens. Une douzaine de personnes ont filmé – souvent en caméra cachée – des scènes parfois incroyables. Sans en révéler le contenu, l’avant-dernière scène au funérarium constitue, à elle seule, un véritable morceau d’anthologie. A partir d’environ cinq cents heures de matériau, Ai Weiwei a réalisé un documentaire d’une heure cinquante. Un film passionnant qui présente les 76 jours de confinement (23 janvier-8 avril), sous de multiples aspects.

On y voit le meilleur – le dévouement incroyable de médecins, vêtus comme des astronautes, au chevet de malades cernés d’écrans et de tubes en tous genres dans des hôpitaux d’une modernité époustouflante –, mais aussi le pire : le refus d’un fonctionnaire de rendre à un homme les cendres de son père. Pour éviter tout trouble à l’ordre social, les unités de travail – noyautées par le Parti communiste – doivent impérativement être aux côtés des familles au moment des cérémonies funéraires. Au bout du fil, l’interlocuteur tente de convaincre le fils éploré en lui proposant 400 dollars et « 30 % de rabais sur la tombe ».

« Ne dites rien de négatif »

On entend aussi un homme apparemment en parfaite santé, assis sur un lit d’hôpital, se demandant, comme ses voisins de chambre, ce qu’il y fait. En fait, il croit le savoir : « On nous garde ici pour diminuer le pourcentage de personnes hospitalisées gravement malades » affirme-t-il. Entre les deux, plusieurs séquences révèlent l’effort de propagande à l’œuvre. La première est le briefing des chauffeurs de bus chargés du transport des personnels médicaux venus de tout le pays aider Wuhan. « Ce sont des étudiants, des enfants. Ne leur parlez pas du virus, ne dites rien de négatif, dites-leur que vous êtes reconnaissant », explique une responsable.

« Le film montre que la Chine peut être terriblement efficace pour contrôler le virus (…) Dans le même temps, elle sacrifie le reste de l’humanité »

Plus tard, à la fin du confinement, on assiste à l’adhésion collective de jeunes au Parti communiste et au serment qu’ils prêtent pour l’occasion, le bras droit levé, coude à hauteur de l’épaule et poing fermé : « Je jure que c’est ma volonté de rejoindre, de défendre le programme du Parti, de respecter la discipline du Parti, de protéger les secrets du Parti, d’être loyal au Parti, de travailler avec diligence, de me battre pour le communisme tout aussi longtemps que je vivrai. »

Il vous reste 33.96% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Avec « Coronation », Ai Weiwei dépeint une Chine sans pitié pour les personnes endeuillées : France 24 du 02/09/2020