Le premier site d'actualité sur le Tibet

www.tibet.fr

29/01/20 | 20 h 28 min par ouest-france.fr

« Coronavirus. Quand la Chine tousse, l’économie s’enrhume »

Plus de 80 morts et près de 3 000 cas confirmés. La crise sanitaire met l’économie sous pression. Les Bourses s’inquiètent, l’activité tourne au ralenti et le tourisme est à l’arrêt.

Restrictions drastiques dans les transports, tourisme paralysé, consommation sous pression et turbulences dans l’industrie : l’épidémie de coronavirus menace une économie chinoise déjà fragilisée.

Coup de froid sur l’économie chinoise

Pour tenter d’endiguer le virus (81 morts, 2 835 cas), les autorités chinoises ont adopté des mesures de confinement sans précédent, au risque de plomber une activité déjà fragilisée. La croissance a signé l’an dernier sa plus faible performance en près de trente ans (+ 6 %). Les autorités comptaient sur un retour de la croissance. Mais les Chinois restent calfeutrés chez eux, désertent centres commerciaux, restaurants et salles de cinéma.

Des Bourses inquiètes

La Bourse de Paris a perdu, lundi 27 janvier, 2,68 %, celle de Francfort 2,7 % et celle de Tokyo plus de 2 %. Les secteurs du luxe et des transports sont particulièrement touchés : – 3,5 % pour LVMH, – 3,9 % pour Kering, – 4,6 % pour Hermès, – 4,1 % pour Air France dans les premiers échanges.

Une centaine d’entreprises françaises sur place

La métropole de Wuhan et ses 11 millions d’habitants, berceau du virus, sont désormais coupés du monde.

Avec une centaine d’entreprises de l’Hexagone et quelque 500 expatriés permanents, Wuhan est considérée comme la plus française des villes chinoises. C’est notamment la base de Dongfeng, le constructeur allié aux français PSA (trois usines à lui seul) et Renault. Des équipementiers automobiles comme Valeo et Plastic Omnium sont également présents, tout comme Alstom, L’Oréal et Total.

Inquiétudes pour le tourisme

Les autorités ont suspendu, lundi 27 janvier, les voyages organisés en Chine et à l’étranger, un coup dur pour le tourisme, poids lourd de l’économie chinoise avec 11 % du PIB en 2018. Trip.com, géant chinois des réservations de voyages en ligne, a vu son titre à Wall Street s’effondrer de 18 % en quatre séances.

Autre conséquence, des pays comme la France redoutent eux aussi une baisse de leur activité touristique. Le nombre de Chinois accueillis dans l’Hexagone a bondi ces dix dernières années, passant de 715 000 en 2009 à 2,2 millions en 2018.

Ils ne représentent que 2,5 % de la fréquentation touristique totale, mais 7 % de la recette touristique. Avec 265 millions d’euros en 2018, les Chinois sont, en effet, les plus dépensiers, devant les Américains (246 millions d’euros), les Espagnols (85 millions) et les Japonais (78 millions). Leur budget moyen (hors transport) s’établit à 1 024 € par séjour.

 On est en basse saison pour l’instant, tempère Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage. Mais si la situation perdurait, l’impact économique sera important, notamment pour l’hôtellerie et le secteur du luxe.

Lire aussi : https://www.24heures.ch/monde/chine-bilan-desormais-41-victimes/story/16482655