Le premier site d'actualité sur le Tibet

www.tibet.fr

29/04/15 | 14 h 01 min

Craintes pour les milliers de réfugiés tibétains «invisibles» du Népal

Dhunche_Nepal

Un bilan de plus de 4000 morts ce mardi, décompte qui pourrait atteindre les 10 000, selon le Premier ministre népalais, après le séisme qui a touché ce petit pays asiatique. Mais certaines victimes pourraient être oubliées, selon la BBC.

Mais comment les autorités peuvent-elles être sûres du nombre précis de victimes ? savent-elles où chercher les victimes parmi la population népalaise ? alors qu’il y a des dizaines de milliers de réfugiés sans papiers au Népal ?

Les Tibétains fuient le Tibet occupé par la Chine depuis 1959 à travers la frontière de l’Himalaya. Depuis toutes ces années ils continuent de risquer leur vie pour faire cette traversée.

L’objectif pour eux est de trouver refuge au Népal et, si possible, de voyager jusqu’à la frontière ouverte en Inde. Certains ont été arrêtés et sont détenus dans un centre de réfugiés dans la capitale népalaise Katmandou.

Seule une minorité de la deuxième génération de Tibétains possède la citoyenneté népalaise. La majeure partie d’entre eux vivent illégalement.

Ils ne disposent pas du droit de résidence et ne possèdent pas de carte d’identité. Ils sont apatrides et donc invisibles.

Le Népal est réticent à en parler par crainte de heurter son voisin du Nord, la Chine, l’un des grands investisseurs du pays.

La plupart des Tibétains vivent tranquillement en dehors de Katmandou dans des villages reculés dispersés à travers les montagnes, jusqu’à la frontière chinoise.


Une vidéo amateur montre le moment où le séisme… par lemondefr

Les Tibétains sont les plus vulnérables

Ces villages sont situés à droite dans la zone touchée par le séisme – mais ceux qui ont péri ne peuvent pas être identifiés parce qu’officiellemen

ils n’existent pas .

.

Les villages tibétains comme Bridim – au nord de Katmandou et à proximité de la frontière avec le Tibet, à environ 3.000 mètres d’altitude – sont parmi les plus pauvres dans ce pays déjà pauvre et rural et ils sont complètement détruits après ce pire tremblement de terre qu’ ait connu le Népal depuis 80 ans.

Le Fonds de développement Dolma est l’une des rares ONG qui se soucie des Communautés tibétaines au Népal. Cette Organisation a mis en place une école à Dhunche, non loin de Bridim, pour éduquer 500 enfants et orphelins tibétains.

« Bridim est pratiquement rasé au sol, » précise Carla Teixeira Alvares une des responsable de l’ONG Dolma.

This aerial view from an Indian Army helicopter shows a cluster of damaged homes in the hills of Gorkha some 60kms north-west of Kathmandu on April 28, 2015.  Hungry and desperate Nepalese villagers rushed towards a relief helicopter begging to be airlifted to safety after a huge earthquake that has killed at least 4,349 people devastated their remote community.    AFP PHOTO / SAJJAD HUSSAIN

This aerial view from an Indian Army helicopter shows a cluster of damaged homes in the hills of Gorkha some 60kms north-west of Kathmandu on April 28, 2015. Hungry and desperate Nepalese villagers rushed towards a relief helicopter begging to be airlifted to safety after a huge earthquake that has killed at least 4,349 people devastated their remote community. AFP PHOTO / SAJJAD HUSSAIN

L’arrivée de la mousson risque de ne rien arranger

« Nous ne savons pas combien de personnes ont survécu au séisme. Il n’y a pas de missions de sauvetage opérant dans ces régions isolées. »

Elle est également préoccupée par l’approvisionnement en eau à Bhorle, une vallée à proximité.

« C’est un grand bondonville. Nous avons des enfants là-bas. Il y a juste un tuyau d’eau qui vient des montagnes et si cela se déconnecte ils n’ont plus rien. Ensuite, les maladies peuvent se propager très rapidement. »

Elle a parlé de « glissements de terrain » horribles qui ont frappé Dhunche.

« Avec la mousson à venir dans un mois ou deux, je ne prévois pas qu’ils puissent  rétablir l’électricité ou même la communication ou des routes temporaires pour les montagnes avant Décembre. Tout va être arrêté par les moussons », a déclaré Mme Kaspar.

Le président de l’ONG Dolma, Tim Gocher, vit à Katmandou avec sa femme népalaise, Pooja. Il a envoyé ce message :

« Pooja, les garçons et moi sommes tous sains et saufs, cependant les choses sont bien pire que ce nous imaginions [samedi] et que laissent voir les informations.

« L’organisation Dolma a perdu des enfants que nous parrainions, l’école de Dhunche est en grande partie détruite avec la plupart des petites maisons dans la ville, et la plupart des maisons de Bridim ont disparu. Les informations sur les victimes et les dommages sont encore mal connus.

« Nous avons dormi dans la voiture la nuit dernière et la plupart des gens ont trop peur de retourner dans leurs foyers. Il y a encore des répliques et je pense que nous ne reviendrons pas aujourd’hui [dimanche]. Désolé pour les mauvaises nouvelles. Il n’ya rien de bon dans cette situation. «