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08/09/16 | 18 h 03 min

Davantage de suicides en protestation contre la destruction de Larung Gar dans le Sichuan.

Deux nonnes bouddhistes vivant à l’Académie Bouddhiste  de Larung Gar dans le Sichuan se sont donné la mort. Ces suicides font suite à un autre ayant eu lieu en juillet pour protester contre la destruction d’une grande partie de l’ Institut d’éducation du Bouddhisme tibétain. Une autre femme avait attenté à ses jours mais elle fut sauvée in extremis par ses proches, selon des sources tibétaines.

Plusieurs milliers de Tibétains et de Chinois Han étudient aux alentours de l’a

Académie de Larung Gar qui fut fondée en 1980 par feu Khenpo Jigme Phuntsok ; c’est aujourd’hui l’un des plus larges et plus importants Centre d’enseignement du Bouddhisme Tibétain.

Tsering Dolma, alors dans sa vingtaine, s’est pendue le 17août 2016′ « parce qu’elle ne pouvait plus supporter la souffrance  due à la destruction de Larung Gar, » rapporte à Radio Free Asia une source vivant dans le quartier. « Elle a laissé derrière elle une lettre d’adieu exprimant sa détresse face à la destruction de Larung Gar et expliquant que les Chinois ne les laisseraient jamais en paix. »

Dolma était originaire de Mewa dans le Marthang, une ville du district de Ngaba dans le Sichuan, ville qui dépend de la Préfecture Autonome du Tibet. Peu de temps avant sa mort, Dolma était « déprimée et inquiète » avec pour cause la destruction de milliers d’habitations de l’Académie par les autorités chinoises, selon une source anonyme qui s’est confiée à RFA.

« Elle s’est alors pendue », poursuit la source.

Une autre nonne du nom de Semga, native du village de Dowa dans le comté de Dzamthang dans le Ngaba, s’est également donné la mort il y a peu ; cependant les détails de son décès sont pour l’instant inconnus. Une troisième nonne a attenté à ses jours mais « ses proches sont intervenus pour empêcher son acte » nous confie la source.

Ces morts font suite au suicide de Rinzin Dolma qui eut lieu le 20 Juillet. Cette nonne mit fin à ses jours lorsque les ouvriers chinois commencèrent à détruire les habitations des moines et des nonnes de Larung Gar pour réduire ce que les autorités appellent la surpopulation de Larung Gar.

Des ordres venus d’en haut

L’objectif des autorités est de réduire la population de Larung Gar de moitié, pour un maximum de 5000 personnes. Mais cette décision ne vient pas du Comté mais de plus haut, « puisque le Président chinois a porté son attention sur la question » nous rapporte RFA dans d’autres articles.

Les autorités chinoises ont posté des gardes armés aux alentours du site de destruction et énoncent des menaces pour toute tentative de résistance ou de protestation qui conduirait à une arrestation et à une incarcération, nous confesse une source. Des gardes armés sont également postés dans les secteurs voisins.

Informé par les proches de Dolma de sa mort, les membres du Comité de gestion nommés par les officiels de Larung Gar ont, dans un premier temps, refusé de se pencher sur le cas puis on tenté de réclamer le corps nous informe RFA.

« Ils ont dit que leur devoir se limitait aux instructions officielles qui étaient de veiller au bon déroulement des démolitions et qu’ils ne pouvaient être tenus responsables de la mort de quiconque. »

A ces paroles, les nonnes se mirent à se « lamenter dans la douleur ».

Des groupes supportant les droits de l’homme ont pointé du doigt la décision gouvernementale de détruire Larung Gar, avec entre autres l’association new yorkaise Human Rights Watch (HRW) qui revendique que Pékin devrait laisser les Tibétains décider de la façon dont ils désirent vivre leur religion.

La directrice de HRW / Chine, Sophie Richardson, a déclaré que : « Si jamais les autorités pensent qu’il y a un problème de surpopulation dans les habitations de Larung Gar la solution est simple »

« Il faut autoriser les Tibétains et les autres Bouddhistes de construire plus de monastères. »

Traduction Brice BAILLIF pour France Tibet