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04/06/15 | 8 h 26 min

De substantielles sommes d’argent octroyées par la Chine aux monastères tibétains paisibles.

Les autorités de la province occidentale chinoise du Sichuan accordent d’importantes sommes d’argent aux monastères tibétains qui se sont tenus à l’écart des manifestations défiant l’autorité de Pékin dans les zones tibétaines, imposant dans le même temps des cours de « rééducation patriotique» aux participants, d’après notre source.

Depuis le mois de mai, des représentants du gouvernement se sont rendus dans plusieurs monastères de la région de Dzachuka, comté de Sershul (en chinois Shiqu) dans la préfecture tibétaine autonome de Kardze (Ganzi), selon des informations locales fournies aux services tibétains de la RFA (Radio Free Asia).

« Cela s’apparente à un nouveau plan chinois pour récompenser les monastères sans antécédents de manifestations ou autres à l’encontre du gouvernement,“ selon notre source, qui s’exprime sous couvert d’anonymat.

« Les monastères n’ayant été impliqués dans aucune forme de protestation se sont vus attribuer de 30.000 yuans (4 300 euros) à 50.000 yuans (7 000 euros) en raison de leurs antécédents irréprochables, » a précisé notre source en ajoutant que les monastères contestataires se voyaient obligés de participer à des sessions de « rééducation patriotique » d’une durée de trois à quatre jours.

Parmi la bonne trentaine de monastères de la région de Dzachuka, nombreux sont ceux –y compris Wonpo, Mangge, Tekar et Chaktsa- impliqués dans des mouvements locaux de contestation, « et beaucoup de leurs moines sont toujours emprisonnés, » affirme notre source.

« Je ne veux pas citer les monastères qui ont reçu de l’argent du gouvernement, en raison des fortes objections émanant de la communauté tibétaine au fait qu’ils aient accepté ces fonds » nous a-t-il dit.

Les Tibétains de la préfecture de Kardze sont connus pour leur fort sentiment identitaire tibétain et pour leur nationalisme affirmé, et ils organisent souvent des manifestations, isolément ou en groupe, en opposition à l’autorité de Pékin.

Le 26 novembre 2014, Sonam Yarphel (photo ci dessus), 22 ans, moine au monastère de Mangge, a manifesté seul au siège du comté de Sershul, criant des slogans pour un Tibet libre et pour le retour du chef spirituel en exil, le Dalaï Lama, selon des sources dans de précédents rapports.

« Après plusieurs minutes de contestation, il a été maîtrisé par la police et emmené en détention, » a expliqué une source.

Traduction France Tibet