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17/08/16 | 9 h 58 min

Décès de Khenrab Tharchin, Tibétain prisonnier politique qui s’était oppose à “une campagne de rééducation patriotique”

Un moine tibétain prisonnier politique qui fut incarcéré pour avoir refusé de participer à « une campagne de rééducation patriotique » est mort lundi 8 août 2016, dans l’ouest de la région Autonome du Tibet en Chine, nous rapporte Radio Free Asia.

Khenrab Tharchin avait la quarantaine, son emprisonnement remonte à 2008 et au cours de czttz incarcération,  il subit tortures et passages à tabac nous informe une source tibétaine au Népal.

Il fut relâché en 2013 car son état de santé était précaire et malheureusement cela a continué à se dégrader.

« Il est décédé alors que ses proches l’emmenaient à l’hôpital » nous informe cette même source.

Tharchin est originaire du village de Drushe du canton de Shelkar dans le comté de Dingri de la préfecture Shingatsé en Chine, dans le sud-ouest.

À l’époque de son incarcération en 2008, il était l’un des moines du monastère de Dingri Shelkar Choedhe qui s’opposèrent à une campagne de rééducation politique forcée imposée par les autorités chinoises, nous signale cette même source.

C’est en avril 2008 que les autorités chinoises lancèrent une série de campagnes de rééducation patriotiques dans les monastères et couvents bouddhistes à la suite de troubles qui avaient eu lieu un mois plus tôt. Mais ces campagnes n’ont fait qu’amplifier les troubles qui avaient débutés à Lhassa, la capitale du Tibet, et eurent pour conséquences des émeutes, des incendies, des pillages et meurtres ethniques.

Ces campagnes avaient pour objectif in fine de contrôler les pratiques religieuses, de supprimer le soutien apporté  à leur chef spirituel en exil le Dalaï Lama et d’étouffer tout désir d’indépendance ou d’autonomie pour le Tibet.

Ces programmes de rééducation étaient conduits par des équipes envoyées par les autorités chinoises qui investissaient les institutions religieuses et dispensaient des cours sur l’histoire du Tibet, selon la version officielle du Gouvernement chinois, sur les pratiques religieuses ainsi que sur la loi. En cas de  refus d’obtempérer, moines ou religieuses  risquaient l’incarcération ou l’expulsion.

Opposition Ouverte

Tharchin avait 32 ans lors de son arrestation, il était alors membre du Comité démocratique de gestion du monastère. Selon un article du 1er juin 2008 du site tibétain d’information Phayul.com ce Comité, créé par les autorités chinoises, devait s’assurer que les moines ne troublaient pas l’ordre public en manifestant ou en s’immolant par le feu.

C’est alors que l’un de ces cours de rééducation avait lieu que Tharchin s’est opposé ouvertement au discours tenu par l’équipe envoyée par les autorités chinoises disant qu’il ne pouvait pas dénoncer le Dalaï Lama comme l’exigeait la Campagne, selon l’article. Onze autres moines s’étaient alors joints à lui pour manifester leur opposition à cette Campagne.

Cette nuit-là, les forces de sécurité ont attaqué le monastère de Dingri Shelkar et arrêtèrent les 12 moines ;  » nous ne savons pas où ils furent emmenés  » nous dit l’article.

Ce n’est que  plus tard que l’on apprit que les autorités avaient condamné trois des moines à 18 mois de prison et Tharchinreçut  une peine de cinq ans.

Tharchin a d’abord effectué sa peine dans un établissement à Shingatse puis fut transféré à la prison de Chushul (Qushui) en périphérie de Lhassa.
Reportage de Sangye Dorjee pour le service tibétain de Radio Free Asia. Traduit par Karma Dorjee.

Traduction française Brice Baillif pour France Tibet