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21/11/20 | 0 h 19 min par United Nations

ONU / CHINE : OUÏGHOURS et HONG KONG : APPEL de Christoph Heusgen, ambassadeur d’Allemagne auprès des Nations Unie, au nom de 39 pays lors du débat général de la Troisième Commission, 6 octobre 2020.

Madame la Présidente,

J’ai l’honneur de prononcer cette déclaration conjointe interrégionale au nom des 39 pays suivants : Albanie, Australie, Autriche, Belgique, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Canada, Croatie, Danemark, Estonie, Finlande, France, Haïti, Honduras, Islande, Irlande, Italie, Japon, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, République des Îles Marshall, Monaco, Nauru, Royaume des Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Macédoine du Nord, Norvège, Palau, Pologne, Slovaquie, Slovénie, Espagne, La Suède, la Suisse, le Royaume-Uni, les États-Unis et mon propre pays l’Allemagne.

Nous sommes gravement préoccupés par la situation des droits de l’homme au Xinjiang et par les récents développements à Hong Kong.

En juin 2020, 50 titulaires de mandat au titre des procédures spéciales de l’ONU ont publié une lettre de préoccupation exceptionnelle, appelant la République populaire de Chine à respecter les droits de l’homme. Nous partageons leurs graves préoccupations. Nous appelons la Chine à respecter les droits de l’homme, en particulier les droits des personnes appartenant à des minorités religieuses et ethniques, en particulier au Xinjiang et au Tibet.

Au Xinjiang, nous sommes gravement préoccupés par l’existence d’un vaste réseau de camps de «rééducation politique» où des rapports crédibles indiquent que plus d’un million de personnes ont été arbitrairement détenues. Nous avons vu un nombre croissant de rapports faisant état de violations flagrantes des droits de l’homme. Il existe de sévères restrictions à la liberté de religion ou de conviction et aux libertés de mouvement, d’association et d’expression ainsi qu’à la culture ouïghoure. Une surveillance généralisée continue de cibler de manière disproportionnée les Ouïghours et d’autres minorités et de plus en plus de rapports font état de travail forcé et de contrôle des naissances forcé, y compris la stérilisation.

Nous partageons également les préoccupations exprimées séparément par un groupe d’experts des Nations Unies selon lesquelles un certain nombre de dispositions de la Loi sur la sécurité nationale de Hong Kong ne sont pas conformes aux obligations juridiques internationales de la Chine. Nous sommes profondément préoccupés par les éléments de la loi sur la sécurité nationale qui autorisent le renvoi de certaines affaires à des fins de poursuites vers le continent chinois. Nous exhortons les autorités compétentes à garantir les droits qui sont protégés par le PIDCP (Pacte international relatif aux droits civils et politiques) et la Déclaration conjointe sino-britannique, y compris les libertés d’expression, de presse et de réunion.

Madame la Présidente, nous appelons la Chine à permettre un accès immédiat, significatif et sans entrave au Xinjiang pour les observateurs indépendants, y compris la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme et son bureau, ainsi que les titulaires de mandat au titre des procédures spéciales; mettre en œuvre d’urgence les huit recommandations du CERD relatives au Xinjiang, notamment en s’abstenant de détenir arbitrairement des Ouïghours et des membres d’autres minorités. Compte tenu de nos préoccupations concernant la situation des droits de l’homme au Xinjiang, nous appelons tous les pays à respecter le principe de non-refoulement. Nous appelons également la Chine à maintenir l’autonomie, les droits et les libertés à Hong Kong et à respecter l’indépendance du pouvoir judiciaire de Hong Kong.

Merci.

Traduction France -Tibet

Christoph Heusgen, ambassadeur d’Allemagne auprès des Nations Unies  https://en.wikipedia.org/wiki/Christoph_Heusgen