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11/01/17 | 13 h 19 min

Des Tibétains par centaines, en route vers l’Inde pour un rassemblement bouddhiste, forcés de rentrer en Chine.

Le Dalai-Lama, leader spirituel tibétain salue les dévots à Bodhgaya en Inde le 2 Janvier 2017

Près de 7000 Tibétains qui espéraient participer à un rituel bouddhiste majeur mené en Inde par le Dalai-Lama, chef spirituel en exil, en ont été empêchés par les autorités chinoises. C’est ce qu’ont rapporté aux journalistes les organisateurs de la cérémonie mercredi 3 janvier.

Plus de 10 000 dévots du monde entier se sont rassemblés à Bodhgaya en Inde – site historique de l’éveil du Bouddha – pour participer à la transmission du Kalachakra, qui aura lieu entre les 11 et 13 janvier et dont certains enseignements préparatoires sont déjà en cours.

Des centaines de pèlerins des régions majoritairement peuplées de Tibétains de la Chine de l’Ouest qui espéraient participer à ce rituel ont été forcés de retourner chez eux  tandis que d’autres se voyaient interdire la sortie de la Chine, indiquaient Karma Gelek Yuthok et Kalon Choekyong Wangchuk, organisateurs de l’évènement.

« C’est vraiment malheureux et triste que tant de Tibétains désireux de participer aux rituels ne puissent venir et que ceux qui pouvaient être présents se soient vus obliger de retourner au Tibet, dans des délais stricts à respecter », précisait Karma Gelek.

Il ajoutait  : « Ils sont au total plus de 7 000, cela pose de sérieuses questions concernant les déclarations de la Chine indiquant respecter la liberté de culte. »

Kalachakra, qui veut dire « Roue du temps », est un rituel qui prépare les dévots à renaître à Shambala, un royaume céleste qui, selon les textes du Bouddhisme tibétain, vaincra les forces du mal dans une future bataille cosmique. La cérémonie et les enseignement sont souvent conduits par le Dalai-Lama, hors du Tibet. Ce dernier est largement considéré par les officiels chinois comme un séparatiste cherchant à soustraire le Tibet, envahi par la Chine communiste en 1959, du contrôle de Pékin.

Passeports saisis, familles menacées.

Dans une tentative pour réduire l’affluence aux cérémonies de cette année, les autorités chinoises ont commencé à saisir des passeports tibétains autorisant le travail à l’extérieur du pays en novembre dernier et ont, dans le même temps, ordonnés aux Tibétains présents en Inde et au Népal de retourner au pays.

Des rapports précédents de RFA ont indiqué que beaucoup se sont entendu dire que leurs familles seraient maltraitées s’ils ne revenaient pas.

Fin décembre, à Delhi, en Inde, le Dalai-Lama s’est adressé aux pèlerins obligés de retourner au pays et leur a assuré qu’il les gardait dans sa prière, selon le rapport du 28 décembre du Gouvernement tibétain en exil et le Centre Tibétain d’administration (CTA) basé en Inde :  « La distance n’a pas de prise sur les liens sacrés qui unissent un lama et un disciple. Vous pouvez tous prier depuis les vastes étendues du Tibet et je vous assure que vous recevrez les bienfaits du rituel de Kalachakra. »

Rapporté par Sangye Dorjee pour le service tibétain de la Radio Free Asia. Traduit par Karma Dorjee. Transcrit en anglais par Richard Finney.

Traduit en français par François Gremaud pour France Tibet.