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07/06/16 | 18 h 13 min

Des Tibétains opposés à l’exploitation d’une mine d’or agressés

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La police paramilitaire chinoise déployée à Amchok, 2 juin 2016

D’après une source tibétaine en exil, la police de la province de Gansu, dans le Nord-Ouest de la Chine, a attaqué un groupe de villageois tibétains au début du mois de juin après que ceux-ci aient protesté contre l’exploitation d’une mine d’or près de leur hameau, située sur une montagne sacrée.

Le 1er juin, les Tibétains ont donc contacté depuis Amchok, un canton du village Khelpa, dans le comté de Sangchu de la province de Gansu (en chinois, Xiahe), Amchok Yonkyab, qui réside en France et qui a averti Radio Free Asia.

« Cependant, un groupe de paramilitaires armés a fait irruption dans la ville à peu près au même moment, et il y a eu des attaques verbales puis des affrontements directs entre les forces de l’ordre et les Tibétains », relate Yonkyab, en citant des sources locales.

« Six des meneurs de la manifestation ont été roués de coups, dont un si grièvement qu’il a été conduit d’urgence dans un hôpital de Chengdu, la capitale de la province; tandis que que les cinq autres ont été emmenés dans un hôpital militaire à proximité » déclare Yonkyab, en révélant les noms de deux des cinq tibétains, Tsewang Kyab du village Angon du canton d’Amchok et Gogen du village Pung.

Les résidents des huit villages d’Amchok se sont réunis le 4 juin dans un endroit publique pour brûler de l’encens et renouveler leurs protestations contre l’exploitation minière de la montagne Gong Ngon Lari, toujours d’après Yonkyab.

« Un groupe de nombreux policiers armés est arrivé sur le site et a encerclé les tibétains, puis des tensions ont commencé à émerger. Mais sur les conseils des personnalités religieuses importantes qui étaient présentes, les tibétains ont renoncé à leur manifestation. »

Les six protestataires roués de coups sont finalement sortis de l’hôpital le 5 juin, ajoute Yonkyab.

Les appels sans réponse

La manifestation à Amchok qui a commencé le 31 mai suit quinze années de revendications restées sans réponse, afin de stopper l’exploitation de la mine de la montagne, celle-ci étant considérée comme sacrée depuis des générations par la communauté des hameaux des huit villages, d’après un rapport plus récent d’une source locale.

Il y a deux ans, Plus d’une centaine de Tibétains résidents d’autre hameaux du comté de Sangchu ont manifesté contre la saisie des terres agricoles au profit de la construction de routes qui relieraient la mine d’or à l’Etat et à l’exploitation industrielle, selon des sources récentes.

Le 2 avril 2014, les habitants du hameau de Hortsang lancèrent une manifestation en arborant des bannières, deux semaines après d’autres manifestations contre la décision du gouvernement de saisir les terres tibétaines, ce qui attira rapidement la police sur les lieux.

Le Tibet est devenu une source importante de minéraux essentiels pour la croissance économique chinoise pourtant, d’après des experts l’exploitation minière de la Chine au Tibet laisse souvent des dommages environnementaux, y compris la pollution des nappes phréatiques dont bénéficient le bétail et les humains, et la destruction des lieux sacrés.

Article de Palden Gyal pour RFA’s Tibetan service. Traduit par Karma Dorjee. transcrit en anglais par Richard Finney.

Traduction française France Tibet