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25/09/15 | 10 h 27 min

Des Tibétains qui demandaient le retour sur leur terre confisquée ont été arrêtés

(28 janvier 2015) Manifestation des Tibétains à Chengdu pour le retour de leur terre confisquée par le gouvernement local.

(28 janvier 2015) Manifestation des Tibétains à Chengdu pour le retour de leur terre confisquée par le gouvernement local.

Les autorités de la province du Sichuan dans l’ouest de la Chine ont arrêté au moins une douzaine de Tibétains, libérant plus tard l’un d’entre eux, pour avoir repris possession des terres qui leur avaient été confisqués il y a cinq ans pour un projet de développement du gouvernement, selon les sources.

Les résidents de la ville de Thangkor, comté de Dzoege (en chinois, Ruo’ergai) dans la préfecture autonome tibétaine de Ngaba (Aba), avaient fait appel au gouvernement pour retourner sur leurs terres le 15 mai dernier car les travaux de construction n’avaient jamais commencé  et de plus les autorités locales louaient à des particuliers les lieux, indique une source locale au service tibétain de RFA.

Mais les responsables locaux, irrités par l’appel des Tibétains, ont riposté en retirant les subventions pour les familles locales.

Lorsque les résidents se sont plaints au plus haut niveau, le gouvernement local a promis de résoudre le différend au 20 septembre, mais l’échéance est passée et les Tibétains n’ont eu aucune solution, ils ont donc décidé d’occupé à nouveau leur terre.

«En réponse, les autorités ont envoyé les forces de l’ordre et ont réprimé les Tibétains ce mardi 22 septembre ». Selon les sources, au moins 12 Tibétains ont été placés en détention, dont six qui avaient aidé à la rédaction de l’appel : Dobe, Shetruk, Tsering Kyab, Patra, Tsering Tashi et Tsokyi.

Tsokyi, la soeur de l’organisateur de l’appel Jigje Kyab, a été « sévèrement battu, puis relâché, » tandis que 11 autres « sont toujours en détention le comté voisin de Marthang. »

Quant à Jigje Kyab, 39 ans, il est maintenant disparu « et personne ne connaît ses conditions de détention, ni son état de santé.

Protestations précédentes

Depuis Avril, Kyab, connu sous le nom de Jigme Kyab, vivait clandestinement dans un endroit sûr après qu’un fonctionnaire de Thangkor et des employés de l’administration locale aient visité sa maison et tenté de le capturé.

Pour déposer des plaintes et des pièces justificatives pour leur terre confisqué il y a 5 ans, Kyab vivait caché, clandestinement, afin de présenter le cas aux autorités provinciales plus élevées.

Kyab avait déjà joué un rôle dans l’organisation d’une manifestation avec 20 Tibétains pétitionnaire de Thangkor pour la restitution de leurs terres le 28 janvier lors d’une réunion du Congrès de la province du Sichuan, dans la capitale provinciale de Chengdu devant des bâtiments du gouvernement. Les autorités avaient très rapidement dispersé la manifestation et arrêté 11 Tibétains, relâchés par la suite sauf deux d’entre eux.

Selon les sources, une partie des terres appartenant à la ville de Thangkor ont été saisies de force par les autorités pour un projet de développement du gouvernement, et bien que les Tibétains locaux aient demandé à plusieurs reprises au gouvernement du comté leurs retours, ils n’ont jamais reçu de résultat positif.

La réquisition de terres rurales pour des transactions immobilières lucratives par des gouvernements locaux corrompus déclenche chaque année des milliers «d’incidents de masse» à travers la Chine.

Beaucoup de ces incidents sont réprimés dans la violence, les principaux organisateurs sont généralement détenus, et une pression intense est mise en place sur la population locale afin de se conformer aux souhaits du gouvernement.

Traduction France Tibet