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10/04/19 | 11 h 42 min

DHARAMSALA / DELHI : Etat stable pour le Dalaï Lama, à l’hôpital de New Delhi pour un check up

Le Dalaï Lama hospitalisé pour des douleurs à la poitrine, son état est stable

Bien plus qu’un chef spirituel bouddhiste

A 83 ans, Tenzyn Gyatso est une véritable icône mondiale. Il est le quatorzième Dalaï Lama, soit la plus grande autorité spirituelle du bouddhisme tibétain. Vénéré tel un Dieu vivant, il serait la réincarnation d’un bouddha. Mais sa popularité ne s’arrête pas là, l’octogénaire fascine. Il est respecté et adulé bien au-delà des hauteurs himalayennes. Un personnage emblématique qui rassemble des foules venues des quatre coins du monde pour l’écouter et qui s’arrachent ses livres.

Une autorité également politique

Le Dalaï Lama a reçu le prix Nobel de la paix il y a 30 ans, pour son engagement dans « la lutte pour la libération du Tibet et les efforts pour une résolution pacifique au lieu d’utiliser la violence ». Jusqu’en 2011, il exerçait également une autorité temporelle en dirigeant le gouvernement tibétain avant de renoncer à son pouvoir politique. Il a décidé de laisser sa place à un gouvernement librement élu.

Des relations avec la Chine sous tension

Depuis 1951, suite à l’Accord en 17 points, la souveraineté de la Chine sur le Tibet est officiellement reconnue. Le texte devait permettre une coopération entre les deux pays. Depuis son exil en Inde en 1959, la République Populaire de Chine n’a de cesse de dénoncer le Dalaï Lama comme un « indépendantiste« . Les relations entre Tenzyn Gyatso et le gouvernement sont tendues. Pékin affirme depuis plusieurs années que le successeur du chef spirituel tibétain sera bel et bien chinois. Une déclaration qu’a réfuté le principal concerné. Le Dalaï Lama s’inquiète de la descendance de sa lignée perpétuée depuis le XIVe siècle qui pourrait donc disparaître.

Le Dalaï Lama a subi un « check-up » dans un hôpital de New Delhi à la suite de douleurs à la poitrine et son état de santé est stable, a déclaré un de ses représentants.

Ngodup Tsering, représentant aux Etats-Unis du moine bouddhiste, a indiqué à l’AFP que le chef spirituel tibétain, 83 ans, s’est envolé mardi matin pour New Delhi afin d’effectuer une visite médicale à l’hôpital Max, à la suite d’une « légère toux ».

« Le médecin a dit qu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter. Ce n’est pas si grave », a affirmé M. Tsering, sans indiquer si le dalaï lama a été hospitalisé en vue d’un traitement.

« Il prend quelques jours de repos », a-t-il dit.

Le commissaire de police de Kangra, Santosh Patial, a expliqué au quotidien Indian Express que le chef spirituel tibétain, qui vit en exil depuis 60 ans à Dharamshala, dans le nord de l’Inde, a pris un vol régulier mardi.

« Il n’y a aucune raison de paniquer », a-t-il assuré.

Bien que le dirigeant exilé reste un orateur extrêmement populaire, il a réduit ses engagements internationaux et n’a rencontré aucun leader étranger depuis 2016.

Les gouvernements à travers le monde ne se pressent cependant pas pour l’inviter, craignant de susciter la colère de la Chine.

En 2011, le dalaï lama a empêché toute tentative de Pékin de désigner son successeur, allant jusqu’à annoncer que sa lignée, perpétuée depuis le XIVe siècle, pourrait s’éteindre à sa mort.

A Washington, où le leader spirituel tibétain jouit d’un large soutien au sein de l’ensemble de la classe politique, un sénateur a soulevé la question de sa succession, lors d’une audition mardi.

Le sénateur républicain Cory Gardner, qui dirige la sous-commission sénatoriale des relations étrangères avec l’Asie, a déclaré que les Etats-Unis devaient suivre la question de sa succession.

« Laissez-moi être très clair, le Congrès américain ne reconnaîtra jamais un dalaï lama qui serait choisi par les Chinois », a-t-il affirmé.

Même l’Inde, qui lui a offert l’asile en 1959 lorsqu’il s’est enfuit en traversant à pied l’Himalaya déguisé en soldat, lui a tourné le dos.

Le gouvernement semble avoir mis en garde les autorités contre sa participation à des événements, selon des sources diplomatiques sensibles.

image : ©Eric FEFERBERG, AFP