Le premier site d'actualité sur le Tibet

www.tibet.fr

16/05/18 | 20 h 03 min

DRIRI ( TIBET) : 30 Tibétains arrêtés et détenus après une manifestation contre l’ exploitation minière .

 

DHARAMSHALA, 15 MAI : Les autorités chinoises du district de Driru dans la préfecture de Nagchu ont arrêté 30 Tibétains parmi lesquels l’un est porté disparu par des Tibétains de Markor, Wathang et Gochu dans le district de Driru, préfecture de Nagchu, dans l’est du Tibet, elon le Centre tibétain pour les droits de l’homme et la démocratie.

Stué à Sebtra Zagyen,  montagnei sacrée surplombant plusieurs villages situés dans le secteur de la ville de Shakchu (Ch: Shaqu), ce projet minier est confronté à l’opposition véhémente des Tibétains locaux des localités de Markor, Wathang et Gochu.

Karma, chef du village de Markor, a été arrêté fin février pour avoir contesté un arrêté officiel obligeant tous les habitants de Markor, Wathang et Gochu à signer un document autorisant les autorités locales à mener des activités minières à Sebtra Zagyen. Les villageois ont été prévenus qu’ils seraient qualifiés de «séparatistes» s’ils refusaient de signer le document. Karma s’ était ouvertement opposé aux fonctionnaires  gouvernementaux en déclarant qu’il ne signerait le document qu’ avec l’approbation des vétérans chefs de partis , tels que Tenzin et Ragdi. Dès que la nouvelle de la détention de Karma ont atteint des sources tibétaines, les autorités locales ont immédiatement convoqué une réunion au cours de laquelle des Tibétains soupçonnés d’avoir participé à l’envoi de l’information ont été arrêtés le 2 avril [ 2018 ].
Sur les 30 détenus au début d’avril, le TCHRD en a identifié neuf, dont deux femmes. Khenrab, 36 ans, est un fonctionnaire du gouvernement dans la ville de Shakchu et également membre de l’équipe des cadres du village. Il a été arrêté pour avoir participé à une «activité séparatiste» après avoir donné des conférences aux villageois sur l’importance de la protection de l’environnement. Son sort actuel reste inconnu. Il avait été détenu plus tôt en 2015 et détenu pendant six mois dans un lieu tenu secret pour avoir «maintenu des contacts avec des séparatistes». Il avait  ensuite été libéré et réintégré à son poste.

Rinchen Namdol, 39 ans, et Tsultrim Gonpo, la cinquantaine, sont des moines du monastère Drong Ngur Kagyu Phelgyeling à Wathang. Les deux moines avaient été emprisonnés pendant un an en 2015 pour avoir participé à une «activité séparatiste». Le monastère fut placé sous surveillance accrue pendant des années. Les autorités avaient également arrêté les proches des six moines qui avaient fait tomber le drapeau national chinois du haut du monastère.

Rechung Rinpoché, 72 ans, chef du monastère,  a été soumis à de sévères interrogatoires répétés. Jangchup Ngodup, dans la soixantaine, est un résident du village de Markor.
Dhongye, 51 ans, est un homme d’affaires et résident du village de Gochu. Il avait remporté le concours «Environnement propre» organisé au village de Sernye dans le passé.

Un médecin nommé Sogru Abhu, 39 ans, du village de Lhegyen, et Namsey, 39 ans, du village de Dakra dans la ville de Shagchu étaient également parmi les détenus. Sogru Abhu avait déjà été emprisonné pendant deux ans après avoir été condamné pour «séparatisme» en 2009.

L’une des deux femmes détenues est la fille d’un homme appelé Tsangtsa Lamsang, selon le TCHRD. L’identité de l’autre femme est inconnue. La photo obtenue par TCHRD montre les deux femmes mais on ignore laquelle est la fille de Lamsang.

«Les autorités locales avaient commencé à construire des routes au pied des collines de Sebtra Zagyen à la fin de l’année dernière pour faciliter les activités minières. Vers le 5 mars, des abris de fortune pour travailleurs ont commencé à apparaître autour du site minier avec de petits drapeaux chinois qui ont été hissés dans et autour de la zone. Les Tibétains locaux craignent que l’exploitation minière ne détruise la montagne sacrée Sebtra Zagyen, qui abrite également des animaux en voie de disparition tels que le Tsoe – antilope tibétaine -, Nah – le mouton bleu – et Gowa -gazelle tibétaine-. Il existe aussi des craintes que l’exploitation minière puisse entraîner également des glissements de terrain affectent Drakar la montagne sacrée  voisine  de Sebtra Zagyen, ce qui en conséquence  bloquerait l’approvisionnement en eau nécessaire aux villageois locaux. La rivière Shakchu et la rivière Khechu coulent sdes flancs de la montagne de Sebtra Zagyen « , selonl’ ONG TCHRD.

Sebtra Zagyen, située au nord du comté de Diru, est l’un des trois «lieux secrets et suprêmes» , considérés comme sacrés par la pratique spirituelle du premier Drong Ngur Choje Gyalwa Gangpa Rinchen Woser fondateur du monastère Drong Ngur Kagyu Phelgyeling en 1248. Représentant la pratique bouddhiste de dompter le corps, l’esprit et la parole, le monastère de Drong Ngur est considéré comme le lieu sacré suprême du corps, suivi par le lieu de discours secret et suprême de la montagne Drakar et l’endroit sacré suprême représenté par Sebtra Zagen.

Le Centre Tibétain pour les Droits de l’Homme et la Démocratie a demandé la libération immédiate et inconditionnelle de tous les Tibétains détenus. Il a également demandé que l’endroit et la condition de tous les 30 Tibétains ainsi que le chef du village Karma soient remis à la disposition des membres de leur famille sans plus tarder.

« En tant que partie aux traités internationaux, les autorités chinoises ont des obligations et des devoirs en vertu du droit international pour respecter, protéger et réaliser les Droits de l’Homme de tous les Tibétains. Mettre en avant tous les actes d’activisme environnemental en tant que «séparatistes» expose le manque de transparence de la prétention des dirigeants chinois actuels à «promouvoir la civilisation écologique».

 Image : De gauche à droite,  à partir du haut: Khenrab, Tsultrim Gonpo, Rinchen Namdol, Jangchup Ngodup, Dhongye, des femmes non identifiées.

Traduction France Tibet

.