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02/06/16 | 19 h 07 min par François Bougon

FRANCE 3, 2 juin à 23h20 : Tien an men et suite …En Chine, la fascinante opération « Yellow Bird »

Tien

En Chine, la fascinante opération « Yellow Bird »

DOCUMENTAIRE SUR FRANCE 3 À 23 H 20

L’histoire captivante d’un des réseaux les plus audacieux d’exfiltration de dissidents chinois.

Ce fut l’un des réseaux les plus audacieux d’exfiltration de dissidents. Son nom de code, « Oiseau jaune » (« Yellow bird »), était, selon certains, tiré d’une expression chinoise : « La mante religieuse poursuit la cigale, l’oiseau jaune est derrière. »Elle est encore utilisée en Chine pour signifier que l’on poursuit un but malgré les dangers encourus. Les risques furent en effet nombreux pour ceux qui participèrent à cette vaste opération qui permit à des dizaines de militants et étudiants ayant participé au mouvement de Tiananmen de fuir leur pays après la répression déclenchée dans la nuit du 3 au 4 juin 1989. L’histoire fascinante et captivante de ce réseau, encore peu connue, est racontée dans le documentaire de Sophie Lepault.

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En juin 2014, à l’occasion du 25e anniversaire de la répression de Tiananmen, Le Monde avait reconstitué, à l’aide de témoignages de protagonistes hongkongais, chinois et français, la genèse de cette aventure. Hongkong, sous souveraineté britannique, en était la plaque tournante. Des hommes d’Eglise, des militants, des truands, des personnalités du cinéma de la colonie britannique y participèrent. Et c’est au consulat de France qu’ils trouvèrent leurs meilleurs alliés pour permettreaux « oiseaux » pourchassés de rejoindre Paris.

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Le documentaire donne la parole à plusieurs personnalités hongkongaises et françaises impliquées dans « Yellow Bird », et à quatre dissidents et étudiants chinois qui eurent la vie sauve grâce à lui (Wu’er Kaixi, Lü Jinghua, Cai Chongguo et Yan Jiaqi). « Après le massacre [de Tiananmen], on a commencé à se remettre du choc et à réfléchir à ce que nous pourrions faire, mais nous les démocrates, nous vivions tous à Hongkong, nous n’avions pas de réseaux en Chine », se souvient Albert Ho, un homme politique hongkongais.

image: http://s2.lemde.fr/image/2016/06/02/534×0/4930779_6_8c62_sur-la-place-tiananmen-en-1989_7e2ba1a61abac1556104f19a8f1aaec1.jpgSur la place Tiananmen en 1989.

Une course contre la montre

Un producteur de cinéma connu va se tourner vers les triades opposées au régime communiste et présentes dans la contrebande. C’est grâce à ces réseaux mafieux que les anciens meneurs de la place Tiananmen, placés par Pékin sur une liste de 21 personnes les plus recherchées du pays, vont pouvoir échapper aux griffes de la police. Une course contre la montre s’engage. Wu’er Kaixi réussit à prendre un train à Pékin pour partir vers le sud. A chaque moment, les anciens rebelles peuvent craindre l’arrestation. Cai Chongguo explique qu’il changeait de domicile chaque soir. Lü Jinghua, qui animait une radio sur la place Tiananmen, manque de peu de se faire prendre.

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Sollicités, les Etats-Unis vont décliner, soucieux de ne pas froisser les dirigeants chinois et de ne pas insulter un avenir jugé prometteur sur le plan économique. Un diplomate français, le consul Jean-Pierre Montagne, n’hésitera pas, lui, à s’engager, encouragé par la déclaration – démentie depuis par l’Histoire – du président de l’époque, François Mitterrand : « Un régime qui tire sur sa jeunesse n’a pas d’avenir. » « On prend une décision pareille parce qu’on écoute son cœur et aussi le sens de l’histoire », témoigne aujourd’hui l’ancien consul. « Il y avait un SOS auquel on pouvait ou non répondre, on a répondu spontanément, cela allait dans le sens de mes convictions les plus profondes », dit, de son côté, l’attaché de presse à l’époque du consulat François Fensterbank, mis dans la confidence.

Wu’er Kaixi, deuxième sur la liste des 21 les plus recherchés, fut l’un des premiers à débarquer sur une plage de Hongkong en pleine nuit avant de s’envoler vers Paris, accueilli par les deux hommes. Vingt-six ans plus tard, celui qui vit à Taïwanpeut témoigner en homme libre grâce au courage de ces diplomates et à la mobilisation de dizaines d’autres, dont certains préfèrent, encore de nos jours, rester anonymes.

Opération « Yellow Bird », de Sophie Lepault (Fr., 2016, 65 min). Le jeudi 2 juin à 23 h 20 sur France 3.

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