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18/02/16 | 13 h 15 min

Exercice conjoint de simulation de catastrophe à la frontière entre la Chine et l’Inde

(Tibetanreview.net, 10 février 2016) – Les troupes chinoises et indiennes stationnées à la frontière ont mené un exercice d’entraînement conjoint en vue de faire face à une éventuelle catastrophe dans la région de Chushul Moldo le 6 février dernier, témoignant ainsi d’une amélioration des relations entre les deux pays à la frontière contestée avec le Tibet. « Les exercices sont destinés à mettre en œuvre un accord de coopération transfrontalière entre la Chine et l’Inde, pour sauvegarder la paix et la stabilité dans la région, » selon  les propos du Ministre de la Défense chinois relayés par thehindu.com, le 8 février.

L’exercice a eu lieu le long de la frontière est du Ladakh, et a associé une équipe de 30 soldats de l’armée indienne conduite par le colonel Ritesh Chandra Singh et une équipe chinoise menée par le colonel Qu Yi. « L’exercice s’est appuyé sur l’éventualité d’une catastrophe à la frontière et sur la coordination d’une mission de secours mixte, » d’après un officier de l’armée indienne (timesofindia.com, 8 février).

Répondant au nom de code Coopération Sino-indienne 2016, l’Exercice Tactique Conjoint (JET), est le premier du genre entre les deux pays, constate le dnaindia.com en date du 8 février. Le journal ajoute que l’exercice faisait partie des initiatives en cours entre l’Inde et la Chine pour assurer une meilleure interaction entre les troupes stationnées le long de la Ligne de contrôle actuelle (LAC) dans le souci d’assurer la paix et la tranquillité à la frontière. « Cette interaction accrue entre les troupes indiennes et chinoises à la frontière est une étape très positive vers le renforcement de la confiance et l’instauration de relations entre les deux armées, » aurait déclaré le colonel SD Goswami, porte-parole du Ministère de la Défense au quartier général du secteur nord.

L’article du timesofindia.com indique que l’exercice faisait suite à une visite en Chine d’une délégation de hauts responsables de l’armée indienne conduite par le Lieutenant-Général DS Hooda, chef du secteur nord.

Lors d’une rencontre en mai 2015, le Premier Ministre indien Narendra Modi et le Premier Ministre chinois Li Keqiang se sont mis d’accord pour initier des visites annuelles entre leurs armées, élargir les échanges entre les commandants des postes frontière, et mettre en œuvre une assistance militaire, fait observer l’article de thehindu.com.

La Chine revendique plus de 90 000 km² actuellement sous le contrôle de New Delhi dans la zone est de l’Himalaya. L’Inde affirme que la Chine occupe 38 000 km² de son territoire sur l’Aksai Chin, à l’ouest.

Comme ailleurs, la situation le long de la frontière entre l’Inde et le Tibet occupé par la Chine dans la région du Ladakh, n’a jamais été facile, et il a été fait état de nombreuses incursions par les troupes chinoises. En septembre 2015, un conflit âpre a opposé les deux armées après le démantèlement par les troupes indiennes d’un mirador construit par l’Armée Populaire de Libération (APL) à Burtse, dans la plaine de Depsang, au Ladakh, sur la Ligne de contrôle actuelle (LAC).

En avril 2013, les troupes indiennes et chinoises ont engagé un important bras de fer quand ces dernières ont franchi la frontière  et pénétré sur 19 kms en territoire indien, dans le secteur de Daulat Beg Oldi (DBO) sur la LAC, où elles ont établi un camp de tentes. Les 20 jours de confrontation se sont terminés le 5 mai 2013, date à laquelle les troupes des deux côtés ont repris leurs positions d’avant l’incursion.

Traduction France Tibet