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20/12/17 | 21 h 52 min

PEKIN / DELHI : Face-à- face sino-indien pour le contrôle du Doklam

Pendant qu’il suggérait à l’Inde de garder une vision globale et à long terme de ses relations avec la Chine et de ne pas s’enliser dans les menus détails, le Gouvernement chinois était occupé à augmenter ses effectifs militaires sur le plateau de Doklam : le site d’une confrontation prolongée entre l’armée indienne et l’armée chinoise de juin à août dernier .

Les images satellites de décembre suggèrent que la Chine se prépare à un éventuel conflit dans la région et renforce son contrôle sur les frontières.

Les photos du 3 décembre  2017 montrent que la Chine améliore son infrastructure militaire, y compris avec de nouvelles positions de mortiers et canons, sur un site situé entre 5 et 10 km du lieu de son face-à-face avec l’armée indienne cet été.

Les images montrent la présence d’au moins neuf bâtiments de trois étages et près de 300 véhicules lourds, soit presque une division entière dans le Comté de Yadong au Tibet.

La Chine aurait déployé des troupes 50 km plus loin dans la vallée de Chumbi à la jonction des frontières de l’Inde, de la Chine et du Bhoutan.

Environ 1 800 hommes seraient toujours stationnés dans le  Doklam, près de la jonction du Sikkim-Bhoutan-Tibet, apparemment pour y rester pendant tout l’hiver. La Chine aurait également refait les routes existantes, construit deux héliports et installé des dizaines de cabanes préfabriquées, d’abris et d’entrepôts.

Les troupes ont peut-être reculé après l’impasse de cet été, mais le conflit sino-indien dans l’Himalaya est loin d’être terminé. Bien que l’escalade ne se soit pas propagée à d’autres territoires, un autre affrontement dans le Doklam n’est pas à exclure.

Ce face-à-face du Doklam avait pris fin lorsque les troupes indiennes s’étaient retirées et que la Chine avait arrêté sa construction de route, l’élément déclencheur du conflit.

La Chine n’était visiblement pas satisfaite de cette décision puisque les médias officiels avaient juste annoncé que l’Inde s’était retirée du site.

Par ailleurs le Lieutenant-général Abhay Krishna, Commandant en chef des forces armées indiennes de l’Est, a déclaré le 16 décembre que l’Inde était prête à faire face à toute situation dans le secteur du Doklam. Refusant de pointer du doigt quelqu’un en particulier, il a expliqué que l’armée indienne était bien entraînée et sur le qui-vive : “ Nous sommes parés. Que quiconque nous fasse du tort et il le regrettera fort.”

Traduit par Maxime Belhache pour France Tibet