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17/03/16 | 13 h 57 min par Stephanie Nebehay, Ben Blanchard à PÉKIN, Andrew Roche, Robert Birsel

GENEVE / MAISON DE LA PAIX : Forte audience pour le Dalai lama, en dépit des pressions de Pékin

Vue de l’auditorium lors de la réunion-débat portant sur les ‘ Lauréats du prix Nobel des Droits de l’homme – Le regard d’une société civile ‘ se tenant à Genève (Suisse), le 11 mars 2016. Photo: Olivier Adam

GENÈVE (Reuters) – Le 11 mars dernier, le Dalaï-lama a participé à Genève, à un jury de lauréats réunissant plusieurs Prix Nobel de la Paix.

Il s’est adressé à une salle  comble, traitant de la répression chinoise dans son pays, le Tibet, alors même que Pékin avait exercé de multiples pressions à seule fin d’éviter cet événement.

La Chine s’est adressée cette semaine aux diplomates et représentants de l’ONU, appelant à ne pas assister au Jury de l’Institut Diplômé de Genève, prétextant l’opposition au principe de bannissement  de tous lieux, pour le leader spirituel tibétain, en raison de ses ‘ activités séparatistes ’.

« En règle générale, une partie du cerveau humain développe le bon sens. Certains de ces intransigeants [chinois ] ont une partie du cerveau qui leur manque, » dixit le Dalaï-Lama, 80 ans,  devant un  composé d’étudiants et de diplomates.

Un peu plus tôt,Dalaï-Lama expliquait aux journalistes: « Partout où mon nom est inscrit, ils critiquent comme d’habitude et protestent. Ce n’est rien que de la routine désormais, une chose tout à fait normale, rien de spécial. »

Le Ministère des Affaires étrangères chinois s’est exprimé dans une déclaration à propos du  dépôt d’une protestation contre les États-Unis. Ces derniers, avec le Canada, avaient parrainé l’événement et avaient exprimé, depuis Washington, leur  » forte insatisfaction « .

Selon ce même Ministère : « Le Dalaï-lama n’est pas simplement une personnalité religieuse, mais quelqu’un qui s’est engagé dans « des activités  séparatistes contre la Chine depuis une longue période « .

« Il était le plus grand propriétaire de serfs dans l’ancien Tibet et n’a aucune qualification pour parler des Droits de l’Homme, » est-t-il précisé en référence à la période où la Chine considérait avoir effectué une « libération pacifique »  de la région himalayenne en 1950.

« De plus, les Nations Unies doivent aussi appliquer les principes de leur  propre Charte ainsi que le respect et les efforts d’assistance des États membres pour maintenir leur propre souveraineté et leur intégrité territoriale.»

Pendant deux heures, le Dalaï Lama s’est exprimé face à Kate Gilmore, modérateur de l’événement et Haut Commissaire Adjoint de l’ONU pour les Droits de l’Homme, accompagnée des lauréats du Yémen et de l’Iran.

Le Dalaï-Lama est parti en exil en Inde depuis 1959, après un soulèvement avorté contre le régime communiste.

Pékin l’accuse d’agitation dans des zones tibétaines. Les auto immolations ont touché plus de 140 vies depuis 2011 pour l’indépendance de sa patrie.

Le Dalaï-Lama  réfute ces accusations et répète qu’il souhaite seulement l’autonomie véritable du Tibet.

Un groupe bouddhiste menant une campagne mondiale de harcèlement contre le Dalaï-lama a annulé ses manifestations et s’est finalement dissout, selon une déclaration sur son site Web.

Une enquête de Reuters révélée en décembre montre que cette Communauté Shugden Internationale (ISC) était soutenue par le Parti Communiste  Chinois ( PCC).

Le Dalaï-lama s’est exprimé à Reuters vendredi disant qu’il était au courant de cette décision de la cessation de leurs activités,  déclarée par l’ISC.

Il précisait aussi aux journalistes qu’il n’avait pas encore reçu d’invitation officielle pour visiter Taïwan, mais que cela appartenait au Gouvernement de l’île démocratique et autogérée – que Pékin d’ailleurs revendique comme partie intégrante de la Chine-.

Rapport par Stephanie Nebehay, Ben Blanchard à PÉKIN, Andrew Roche, Robert Birsel.

Traduction par Marie CLERGEAU pour France Tibet