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31/07/17 | 19 h 06 min par Heike Schmidt

Himalaya : entre l’Inde et la Chine, le torchon brûle…

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Depuis plus d’un mois, les deux géants asiatiques s’affrontent dans un face-à-face très tendu dans l’Himalaya. En cause, une route que la Chine a commencé de construire sur le territoire du petit royaume du Bhoutan, voisin de l’Inde. Mais comme si ce conflit ne suffisait pas, une autre polémique a éclaté entre les deux pays. Le magazine India Today sort ce lundi 31 juillet avec une couverture qui a déclenché la colère sur les réseaux chinois.

Les internautes chinois fulminent. Le magazine India Today a osé l’impensable : sur sa couverture, l’hebdomadaire publie une carte de la Chine, amputée du Tibet et de Taïwan. Pourtant, Pékin considère le Tibet comme sa province autonome et Taïwan comme une île rebelle censée retourner dans le giron de la Chine sous peu. Cette carte a déclenché la polémique tout comme ce titre moqueur : « Le nouveau poussin de la Chine : comment la Chine achète le Pakistan avec des investissements massifs et pourquoi l’Inde doit s’en inquiéter ».

Le Pakistan est en effet la pièce maîtresse des « nouvelles routes de la soie », ce projet cher à Pékin. Pékin qui compte investir plus de 40 milliards d’euros dans un « Corridor sino-pakistanais » censé relier la Chine à la mer d’Arabie en traversant le Pakistan du nord au sud. La Chine est l’un des premiers bailleurs de fonds et un proche allié d’Islamabad. Une alliance que l’Inde observe avec méfiance.

Les réactions sur les réseaux sociaux chinois.

« Notre pays est plus fort », clame un internaute surnommé Puyaya, soupçonnant l’Inde d’être jalouse. « C’est une mauvaise plaisanterie ; arrêtez votre cirque » commente Bonniu tandis qu’un autre renchérit : « C’est une ruse très naïve qui ne vaut pas la peine qu’on en parle ! » Chenzhimo, lui, se dit convaincu que si Mao Zedong ou Deng Xiaoping étaient encore au pouvoir, ils auraient déjà déclenché une guerre. Un autre internaute, à Canton, résume la polémique ainsi : « L’Inde ne sera jamais un pays puissant puisque son peuple fait des choses si immatures. »

Une censure qui laisse passer bien des choses

Pékin, connu pour avoir mis en place l’une des censures les plus draconiennes dans le monde, laisse librement fleurir ce débat sur la toile. Cette vague anti-indienne pourrait dont être le fruit des vaillants soldats du web qui inondent les réseaux de leurs commentaires patriotiques à la moindre remise en question de la Chine. On les appelle « les petites roses » ou les « xiao fen hong ». C’est une sorte d’armée de l’ombre qui défend la Chine et suit les recommandations du président Xi Jinping qui souhaite que tous les Chinois se chargent d’émettre « une énergie patriotique positive ».

Image Guan/ Le conseiller indien de la sécurité nationale Ajit Doval (à droite), à la septième réunion des représentants de BRICS à Pekin, le 28 juillet 2017.