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06/09/16 | 18 h 08 min par PHILIPPE PAQUET et Agence AP à Pékin

HONG KONG / PEKIN : Un camouflet pour la Chine avec les dernières législatives… et mise engarde immédiate de Pékin !!!….

HK

Si l’on s’en tient à la surface des choses, les élections organisées dimanche à Hong Kong n’ont pas fondamentalement changé la donne politique dans l’ex-colonie britannique, redevenue un territoire chinois en 1997 : avec 40 sièges sur 70, les partis proches de Pékin conservent leur majorité au Conseil législatif (LegCo), le Parlement de la « région administrative spéciale », tandis que l’opposition « démocrate », plus critique à l’égard du Parti communiste chinois, garde, quant à elle, sa minorité de blocage. Pourtant, c’est bel et bien une révolution que le scrutin a provoquée.

Pour la première fois, en effet, trois élus prônant explicitement l’indépendance de Hong Kong ont fait leur entrée au LegCo. Qualifiés de « localistes » parce qu’ils entendent faire passer l’intérêt de la population locale avant « l’intérêt supérieur de la mère patrie » (selon le slogan cher à la direction communiste à Pékin), ce sont de très jeunes gens, issus du mouvement de contestation dit « des Parapluies » qui avait vainement tenté d’obtenir de Pékin des réformes démocratiques à l’automne de 2014.

Les partis que ces activistes ont créés portent des noms qui sembleraient mieux convenir à des groupes de rap : Demosisto, Youngspiration ou Civic Passion. Mais les airs que leurs meneurs (Nathan Law, Yau Wai-ching et Cheng Chung-tai respectivement) vont entonner au LegCo risquent de ne pas enthousiasmer les dirigeants chinois à Pékin, ni leur homme lige à Hong Kong, le chef de l’exécutif, Leung Chun-ying.

Sans doute le camp démocrate, dont ces localistes vont constituer la frange la plus radicale, reste-t-il minoritaire, dans l’attente d’une élection de tout le LegCo au suffrage universel que Pékin a promise pour 2020 (à l’heure actuelle, seule la moitié des députés sont élus de la sorte). La direction chinoise n’en a pas moins du souci à se faire.

D’abord, un taux de participation record de 58 % (le plus élevé depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine) montre que, loin de se désintéresser de la politique, la population de l’ex-colonie veut plus que jamais avoir son mot à dire.

ANALYSE PHILIPPE PAQUET

Pékin met Hong Kong en garde contre l’indépendancePour la première fois, cinq candidats prônant l'indépendance... (AP)

Pour la première fois, cinq candidats prônant l’indépendance ou l’autonomie du petit territoire du sud-est de la Chine ont été élus au Conseil législatif (LegCo) de Hong Kong dimanche.

AP Agence France-Presse

Hong Kong

La Chine a prévenu les nouveaux députés hongkongais qu’ils ne devaient pas militer pour l’indépendance après l’entrée de jeunes partisans de la rupture avec Pékin dans le «Parlement» de l’ancienne colonie britannique.

Pour la première fois, cinq candidats prônant l’indépendance ou l’autonomie du petit territoire du sud-est de la Chine ont été élus au Conseil législatif (LegCo) de Hong Kong dimanche.

Il s’agissait des principales élections depuis l’échec des grandes manifestations prodémocratie de l’autonome 2014, qui n’avaient pas débouché sur la moindre concession de Pékin en matière de réformes politiques.

Dans un communiqué lundi soir, Pékin a prévenu qu’il ne tolérerait pas qu’on parle d’indépendance dans et hors du LegCo.

«Nous sommes fermement opposés à toute activité ayant trait à l’indépendance de Hong Kong sous toutes ses formes, au sein et en dehors du Conseil législatif, et apportons notre ferme soutien au gouvernement de Hong Kong pour qu’il impose des sanctions conformément à la loi», a rapporté l’agence Chine Nouvelle.

Celle-ci citait un porte-parole du Bureau des affaires de Hong Kong et Macao du gouvernement chinois.

Certains candidats se sont servis de l’élection comme plateforme pour «promouvoir ouvertement» l’indépendance, a-t-il accusé. Cela est contraire aux Constitutions chinoise comme hongkongaise, ajoute le texte. «C’est également contraire aux intérêts fondamentaux de tous les habitants de Hong Kong».

Les élections ont été marquées par un record de participation depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997.

Elles arrivaient à un moment où de nombreux Hongkongais ont le sentiment que Pékin veut renforcer son emprise sur l’ancienne colonie britannique, dans de nombreux domaines.

Les nouveaux membres du LegCo prendront leurs fonctions le 1er octobre et devront prêter le serment de respecter la Constitution, qui décrit Hong Kong comme faisant partie de la Chine.

Le gouvernement hongkongais avait interdit aux militants indépendantistes les plus virulents de se présenter, ce qui avait galvanisé les ardeurs.

Le chef du gouvernement local, Leung Chun-ying, considéré par ses contempteurs comme une marionnette de Pékin, a déclaré que tous les parlementaires devaient se conformer à la loi fondamentale.

Mais il a assuré vouloir coopérer avec tous les députés.

«J’espère que nous pourrons tous travailler ensemble pour la société», a-t-il dit à la presse.

Les candidats anti-establishment ont renforcé leur présence au LegCo, à 30 sièges sur 70, et conservent leur minorité de blocage.

Il est quasiment impossible pour l’opposition d’obtenir la majorité en raison du système électoral qui réserve 30 sièges à des groupes socio-professionnels plutôt favorables à Pékin.

Hong Kong : la montée des « localistes » va donner « mal au crâne » à Pékin

South China Morning Post – Les relations entre Hong Kong et Pékin promettent de se tendre. C’est le constat établi par des experts hongkongais après la victoire de six localistes

en faveur de « l’autodétermination » aux élections législatives de l’ex-colonie britannique, organisées dimanche 5 septembre. Ray Yep Kin-man, politologue, et Ivan Choy Chi-keung, analyste politique, estiment que les nouveaux députés seront peu enclin au compromis avec le gouvernement central, avec lequel ils refuseront probablement de travailler – de même qu’avec le gouvernement local. D’autant plus qu’à l’échelle de la région administrative spéciale, les localistes ont récolté près de 20 % des suffrages exprimés – un solide mandat populaire qui « touche un point névralgique » chez les autorités communistes. « [Notre victoire] montre que les Hongkongais croient au changement et qu’ils veulent riposter. Elle montre qu’ils commencent à perdre confiance dans le principe ‘d’un pays à deux systèmes’ et dans la Loi fondamentale » commente ainsi l’un des députés nouvellement élus, Baggio Leung. C’est donc un paysage politique hongkongais « fortement polarisé » qui émerge de ces nouvelles élections, laissant peu de place aux vétérans pro-démocrates, commente le South China Morning Post.

La réaction de Pékin ne s’est pas faite attendre, comme le rapporte le Straits Times. Les autorités communistes ont réitéré leur « opposition absolue » à l’indépendance de Hong Kong et ont appelé les nouveaux députés à ne pas soutenir cette cause. D’ailleurs, aucun débat sur le sujet ne sera toléré « à l’intérieur comme à l’extérieur du Conseil législatif ». D’après Pékin, un soutien à l’indépendance hongkongaise est parfaitement contraire à la Constitution chinoise comme à la loi fondamentale de la région administrative spéciale. D’après l’article du quotidien d’Etat chinois Global Times, de telles positions « menacent la sécurité et la souveraineté chinoises » de même qu’elles « portent atteinte à la prospérité et la la stabilité de Hong Kong » et « sont contraires aux intérêts fondamentaux des citoyens hongkongais ».

Japon : Abe et Xi se mettent d’accord sur un « téléphone rouge » spécial mer de Chine

The Mainichi – Les tensions en mer de Chine de l’Est sont-elles en voie d’apaisement ? Pour la première fois depuis près d’un an et demi, le président chinois Xi Jinping et le Premier ministre Shinzo Abe se sont rencontrés en marge du G20 organisé à Hangzhou, en Chine, où ils se sont attelés ensemble aux litiges maritimes qui les affronte autour des îles Senkaku / Diaoyu. Bilan : tous deux ont consenti à « accélérer le dialogue » afin de mettre en place un « mécanisme de communication maritime et aérien » – une sorte de « téléphone rouge » spécial mer de Chine, commente le quotidien nippon The Mainichi. Un voeu pieux qui intervient dans un contexte plus que tendu entre les deux puissances : le mois dernier, Pékin avait envoyé pas moins de 15 navires gouvernementaux et 300 bateaux de pêche près de ces îles administrées par le Japon mais revendiquées par la Chine. Au cours de leur entrevue, Xi Jinping et Shinzo Abe ont également évoqué la reprise des pourparlers bilatéraux pour l’extraction conjointe de gaz en mer de Chine de l’Est ainsi que le dossier nord-coréen.