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23/03/17 | 22 h 10 min par Pascal Schmuck

HONTE en Suisse, aux ordres (?) qui a expulsé la première Tibétaine, immédiatement emprisonnée loin de Kathmandu…

Yangdon Chora­sherpa est en prison au Népal depuis son expulsion de Suisse.

La première Tibétaine expulsée et arrêtée

La Suisse a expulsé Yangdon Chorasherpa vers le Népal, affirmant qu’elle ne risquait rien. Elle a été arrêtée dès son arrivée et emprisonnée à Dolakha.

 

Yangdon Chora­sherpa est en prison au Népal depuis son expulsion de Suisse.

Le Népal est devenu une destination difficile pour les exilés tibétains, car la Chine y a nettement accru son influence. Et les autorités ont pris l’habitude de déplacer au loin les réfugiés arrêtés, car le centre de rétention de Katmandou est scruté de près par les organisations de défense des droits de l’homme.

Selon l’Association des Jeunes Tibétains en Europe, dont le siège est à Zurich, le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) savait parfaitement ce qu’il faisait lorsqu’il a décidé d’expulser la jeune femme dans ce pays.

Son procès a été reporté

A peine Yangdon Chora­sherpa avait-elle posé le pied à Katmandou le 1er février qu’elle a été arrêtée alors que les autorités suisses lui avaient assuré qu’elle ne risquait rien. Elle a quitté sa prison de Dolakha la semaine passée pour se rendre à Katmandou en vue de son procès.

La justice népalaise lui reproche d’avoir voyagé avec un passeport acquis illégalement et d’avoir falsifié son certificat de citoyenneté. Ce que Yangdon Chora­sherpa avait reconnu devant les collaborateurs du SEM. Et qui a motivé son expulsion de Suisse.

Alors que ce genre de procédure se boucle normalement par une amende et une peine de deux semaines de prison au Népal, le procès de la jeune femme a été interrompu et elle a été ramenée à Dolakha. Raison invoquée : il manquait des documents.

Inquiétude à Dolakha

Yangdon Chora­sherpa est toujours en prison, à la plus grande inquiétude de ses amis, comme le souligne Sonam Palmo Brunner, vice-présidente de l’Association des Jeunes Tibétains en Europe. Elle a de temps à autre accès à son téléphone portable avec lequel elle envoie des images de son lieu de détention.

La jeune femme est isolée à Dolakha où nul Tibétain ne peut lui venir en aide et lui apporter des objets de première nécessité ou de la nourriture. «Ils ont trop peur d’avoir des problèmes», explique Sonam Palmo Brunner. La diaspora tibétaine dans le pays n’a en effet aucun papier et ne dispose de quasiment aucun droit.

Demande de réadmission

L’aide suisse aux réfugiés peine également à localiser Yangdon Chorasherpa, reconnaît son porte-parole Stefan Frey. «Une fois de plus, les autorités helvétiques ont expulsé une personne dans un pays où elle est exposée à de grands dangers», regrette-t-il. Il espère une intervention du SEM auprès des autorités népalaises pour une procédure en bonne et due forme.

Le SEM explique que la représentation suisse au Népal est en contact avec les personnes appropriées pour trouver une solution rapide. Mais il refuse de s’exprimer sur le cas de Yangdon Chora­sherpa. Un avocat a en effet déposé au nom de la jeune femme une demande de réadmission qui est toujours pendante. Raison pour laquelle le SEM garde le silence. (nxp)

Créé: 22.03.2017, 12h53