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23/02/21 | 10 h 18 min par Stéphane Parent

J.O. d’HIVER PEKIN 2022 : Hausse des appuis à la délocalisation des Jeux Olympiques de 2022 hors de Chine

C’est au tour du chef du Parti conservateur du Canada de se ranger dans le camp, de plus en plus important, des pays qui réclament que l’on retire à la Chine le rôle d’hôte des Jeux Olympiques d’hiver de 2022 en raison de ses violations des droits de la personne.

Des experts dans le monde et des activistes des Nations Unies affirment que plus d’un million de Ouïgours, de Kazakhs et d’autres personnes ont été détenus arbitrairement en Chine dans des centres ressemblant à des prisons pour endoctrinement politique.

Une sous-commission des droits de l’homme internationaux de la Chambre des communes a déposé un rapport en octobre dernier qui conclut que les mauvais traitements infligés par Pékin aux Ouïgours constituent bel et bien une opération politique de génocide.

La Chine affirme que les centres où sont rassemblés les Ouïgours sont destinés à combattre l’extrémisme et à enseigner des compétences professionnelles, mais d’anciens résidents et des groupes de défense des droits affirment qu’ils visent l’islam et les langues et cultures minoritaires.

Le chef conservateur Erin O’Toole ajoute sa voix à un mouvement grandissant des voix qui réclament le déplacement des Jeux Olympique hors de Chine en raison du bilan catastrophique en matière de droits de l’homme. (Adrian Wyld/THE CANADIAN PRESS)

Le Canada ne doit pas être complice

Le chef conservateur Erin O’Toole affirme qu’au minimum le Canada ne doit pas envoyer ses athlètes aux Jeux en Chine.

« Je pense que les Canadiens conviendront qu’il serait contraire aux principes éthiques fondamentaux universels de participer à des Jeux olympiques organisés par un pays qui commet un génocide contre une partie de sa population, a déclaré M. O’Toole lors d’une conférence de presse à Ottawa. Le Canada doit prendre position. »

Il croit que le premier ministre devrait aussi faire pression sur le Comité International Olympique pour qu’il désigne d’autres pays où les Jeux pourraient être organisés, sans toutefois appeler les athlètes canadiens eux-mêmes à boycotter l’événement sportif international.

Le projet est à l’étude au Canada

Justin Trudeau a affirmé mardi que le Comité olympique canadien, le Comité paralympique canadien et le Comité international olympique « examinent de très près » les appels à la délocalisation des Jeux.

Rappelons qu’un groupe de  plus d’une douzaine de députés fédéraux ont publié une lettre ouverte demandant le déplacement des Jeux olympiques. La lettre a également été signée par plusieurs députés du Québec, par certaines organisations non gouvernementales canadiennes et par Jean-Luc Brassard, médaillé d’or des Jeux d’hiver de 1994.  C’est Alexis Brunelle-Duceppe, député du Bloc Québécois qui l’a écrite et qui a coordonné la signature des élus et des autres signataires.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, est également favorable à la délocalisation des Jeux.

Ce débat se produit au Canada après qu’une coalition de 180 groupes représentant des Tibétains, des Ouïgours, des Mongols intérieurs et des résidents de Hong Kong, entre autres, a appelé à un boycottage total.

L’anneau national de patinage de vitesse, localement connu sous le nom de « ruban de glace », est la seule grande installation urbaine construite pour les Jeux olympiques d’hiver de Pékin en 2022, car ils utiliseront principalement des installations construites pour les Jeux d’été en 2008. (CGTN)