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03/11/16 | 11 h 11 min par Julie Cateau

L’ Allemagne refuse de se faire manger par la Chine

Merkel A

L’Allemagne refuse de se faire manger par la Chine
En quatre jours, Berlin a bloqué des opérations chinoises visant le rachat de deux sociétés allemandes. Provoquant l’ire de Pékin.
Ouest France (La Baule / Guérande)
3 Nov 2016
Julie CATEAU.
Incident diplomatique entre l’Alle – magne et la Chine. Mardi, le ministre du Commerce chinois, Gao Hucheng, a annulé à la dernière minute le discours qu’il devait prononcer avec son homologue allemand, Sigmar Gabriel, pour l’ouverture d’une réunion de travail à Pékin.

Le 24 octobre, l’Allemagne a retiré l’autorisation d’une OPA chinoise sur Aixtron, un équipementier de semiremorques. Le 27, elle a refusé le rachat d’une filiale de la société d’éclairage Osram. Une offensive étonnante car les relations étaient jusqu’alors bienveillantes entre les deux géants industriels. C’est que l’Allemagne craint de voir ses pépites « made in Germany » basculer les unes après les autres dans le giron de la Chine. Entre janvier et octobre, l’empire du Milieu a placé 11 milliards d’euros dans des entreprises allemandes, un nouveau record.

Un rapport inéquitable

L’Allemagne déplore des relations inéquitables. « On a un marché européen facile d’accès et de fortes restrictions à l’entrée du marché chinois », explique Philippe Le Corre, spécialiste de la Chine. Une entreprise étrangère ne peut posséder plus de 50 % d’une société chinoise quand les entreprises chinoises, d’État, acquièrent une entreprise entière. « L’Union européenne doit être plus vigilante, notamment sur les secteurs stratégiques. C’est le bon moment pour taper du poing sur la table », estime Philippe Le Corre.

Pour le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, en visite en Chine en début de se- maine, « il ne faut pas avoir peur des investissements étrangers, mais il faudrait que nos propres investissements ne soient pas entravés. » Pékin espère que ces refus resteront « une exception » car « ce serait une mauvaise chose pour les perspectives du commerce entre les deux pays » .

Les investissements chinois en Europe ont bondi de 44 % en 2015. Parmi les dernières acquisitions : l’aéroport de Toulouse et le club de football de l’Olympique lyonnais.

image : La chancelière fédérale Angela Merkel et le premier ministre chinois Li …bundesregierung.de