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31/05/15 | 9 h 10 min

La Chine a minimisé l’impact du séisme népalais au Tibet

Le 25 Avril dernier, par un après-midi maussade au camp de base de l’Everest, le Dr. Nyima Namgyal est en train de déjeuner quand le sol  commence à gronder violemment sous lui. « Ce que j’ai remarqué tout de suite après c’est une énorme chose noire comme un nuage qui roulait vers nous, et puis des objets qui volaient dans tous les sens ; là, j’ai réalisé que c’était peut-être la fin, » commente le médecin de l’expédition Sherpa, au téléphone avec Voice of America.

Par chance, le Dr. Namgyal a survécu à cette terrible épreuve, et il a pu raconter les circonstances de l’avalanche sur sa page Facebook. Ses récits ont pu rappeler que, en dépit de la pauvreté légendaire et de l’infrastructure désorganisée de leur pays, les Népalais jouissent de la liberté de la presse. Les témoignages sur le tremblement de terre ont été diffusés dans le monde entier, avec des mises à jour toutes les heures sur les médias sociaux et des rapports de journalistes sur toutes les chaines d’information.

En revanche, les nouvelles concernant l’autre côté de l’Everest ne pouvaient provenir que de l’organe de presse de l’État, puisque les médias sociaux comme Facebook sont bloqués en Chine, et que les journalistes étrangers ne sont pas autorisés au Tibet.

La télévision d’état, la CCTV, qui a rapporté les destructions dans la capitale népalaise quelques heures après que la zone ait été frappée par ce tremblement de terre de force 7,8, a attendu deux jours pour parler des effets de ce même tremblement de terre du côté tibétain des Himalayas. La CCTV n’a parlé des conséquences du tremblement de terre que le 27 Avril, après que des secours tardifs soient parvenus dans les zones touchées au Tibet.

Les équipes chinoises de secours sont arrivées à Kathmandu le 26 Avril, le lendemain du tremblement de terre, et les secours ne sont arrivés à Dram, la ville tibétaine que le 27. Pour la ville de Kyirong, l’une des plus touchées, les secours ne sont arrivés que dix jours après.

Du 27 avril au 8 mai, les programmes en anglais de la CCTV ont parlé 89 fois de l’impact du tremblement de terre du côté tibétain, qui a coûté la vie à 25 personnes. Les reportages n’ont toutefois pas reflété la réalité des personnes touchées ou parlé de leur vécu, ce qui indiquait que ces reportages étaient plutôt conçus pour mettre en valeur les efforts du gouvernement pour venir en aide aux victimes.

D’après les mêmes sources, c’est plus de cent mille Tibétains des zones près de la frontière népalaise qui ont été déplacés à Lhatsé, à environ 300 km de Dram.

Un témoin du côté népalais du pont de « Amitié Sino-Népalaise »nous indique que le côté tibétain est maintenant devenu une ville fantôme. « Il n’y a plus personne ; ils ont emmené tout le monde là-bas à Lhatsé » nous dit Sangyé qui est récemment revenu à Katmandu. « Il n’y a plus que quelques personnes qui s’occupent de leurs vaches, pour ceux qui en avaient ». Il nous a raconté qu’ils ont emmené plus de 40 Népalais avec les Tibétains, et que la Chine a commencé les déplacements de population seulement après que les routes aient été dégagées ; on n’a pas utilisé d’hélicoptères pour secourir les Tibétains des villages éloignés

Ce sont au moins 2511 maisons qui se sont effondrées, et plus de trois cent mille personnes touchées du côté tibétain, surtout dans les comtés de Nyalam et de Kyirong. D’après un guide sur le préfecture de Shigatse, il y a 150 000 habitants dans le comté de Nyalam, et 100 000 à Kyirong. Ce seul chiffre indique la gravité et l’importance de ce tremblement de terre pour le côté tibétain.

Il n’y a pas d’indication de la part des sources officielles chinoises quant à la durée de l’exil sous la tente à Lhatsé pour les déplacés. On a dit aux habitants qu’il faudrait attendre que les bâtiments soient réparés ou reconstruits.

Traduction : Ranjung Dorje