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10/10/16 | 10 h 54 min

La Chine construit de nouvelles prisons dans le Xinjiang.

Marche de l’armée chinoise constituée de policiers paramilitaires, lors d’un plan anti-terrorisme à Xinjiang, le 2 juillet 2013.

Face aux tensions croissantes dans la région lointaine au Nord-Ouest du Xinjiang, la Chine a construit un grand complexe de prisons à l’extérieur de la capitale régionale d’Urumqi, selon certaines sources.

Les sept prisons, toutes placées les unes à côté des autres, ont été construites à Xinshi, le nouveau quartier de la ville juste au nord de la capitale, selon un fonctionnaire d’une prison – Service ouïghour de RFA -, parlant sous couvert d’anonymat.

« Toutes les prisons ont été réunies ici et il y en a un bon nombre, » selon la source RFA.

« Tous les prisonniers politiques sont ici,  séparés  par sexe : les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. »

« Une seule prison peut accueillir plusieurs milliers de résidents », selon un ancien prisonnier vivant maintenant en Turquie – sources RFA-. Il ajoute: « La Prison n°2 est la prison pour femmes. Les autres sont pour les hommes. »

« Le complexe est placé au nord d’Urumqi près d’une zone spéciale économique. Cela ressemble à une ville de prisons, » a-t-il  ajouté.

En effet, le nombre de personnes actuellement emprisonnées dans le Xinjiang — région déchirée ces dernières années par des rapports ethniques tendus entre les Chinois Han et les Ouïghours — est un secret d’État bien gardé. Aussi, pour obtenir des chiffres fiables, cela reste encore difficile.

Bien que la capacité réelle de la nouvelle prison n’ait pas été rendue publique, on pense que cette installation logera des criminels ordinaires ainsi que des personnes reconnues coupables d’infractions politiques.

Des médias affiliés à l’État ont rapporté les récents efforts liés à l’expansion du réseau de prisons de Xinjiang, via le site Web (contrôlé par le gouvernement) people.cn. Ce dernier rapportait qu’en février, 100 personnes seraient embauchées pour diriger des programmes d’éducation politique dans les prisons. Selon ce magazine, la Prison du Xinjiang aurait embauché plus de 700 gardiens.

Agitation politique

Teng Biao, un militant des Droits de l’homme chinois vivant maintenant aux États-Unis, a indiqué que la construction en Chine d’un si grand complexe de prisons près d’Urumqi mettait en évidence les préoccupations de Pékin sur l’agitation politique dans cette région sensible.

« La situation interne de la Chine est instable, » selon Teng (Sources RFA).

« Dans la région du Turkestan oriental et au Tibet, les citoyens non armés sont violemment supprimés et ces stratégies ne feront qu’augmenter la tension des rapports au Xinjiang. »

La Chine a promis de sévir contre ce qu’elle appelle « l’ extrémisme religieux » au Xinjiang et conduit des campagnes pour « frapper fort », y compris lors des descentes de police vis à vis des Ouïghours, des restrictions sur les pratiques islamiques, ou encore pour limiter la culture et la langue du peuple ouïghour.

Alors que la Chine accuse des extrémistes ouïghours de commettre des attaques terroristes, certains experts extérieurs à la Chine rapportent que Pékin a exagéré cette menace et que les politiques nationales répressives sont elles-même responsables d’une recrudescence de la violence, faisant depuis 2012 déjà, des centaines de morts.

Rapporté par Gulchehra Hoja pour le service ouïghour des sources RFA.

Traduction de Marie CLERGEAU pour France Tibet