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15/09/15 | 7 h 53 min

La Chine dissimulerait-elle une alarmante propagation du sida au Tibet ?

Selon un rapport de voatibetanenglish.com en date du 9 septembre 2015, l’ Organisation mondiale de la Santé (OMS), agit apparemment de concert avec la Chine, afin d’éviter de donner des informations alarmantes sur la propagation du sida au Tibet, en particulier dans la Préfecture de Karze (ou Ganze, chinois: Ganzi) dans la province du Sichuan. Ce rapport indique que le Tibet est en train de devenir un lieu très important de développement du virus du VIH, citant des études qui avaient été jusqu’alors gardées secrètes.

Ce rapport indique qu’un certain nombre d’études et de commentaires d’experts ont suggéré que le taux était particulièrement élevé dans la Préfecture de Karze, où le premier cas avait été diagnostiqué en 2002.

Citant un livre d’éducation sur le SIDA du Dr Mantrul Gedrak, le rapport indique que cette Préfecture tibétaine était sans doute l’une des zones les plus touchées en République Populaire de Chine. A l’encontre du rapport très officiel de la Chine et du taux national de prévalence qui indiquait moins de 0,1 %, la prévalence à Karze selon le livre du Dr Gedrak en 2009 était de 30 100 cas, soit 3,4 % de la population de la Préfecture.

Le nombre estimé par le Dr Gedrak est basé sur une estimation issue d’une recherche officieuse menée par un petit groupe d’éducateurs tibétains sur le SIDA, dans quelques villes et villages de la Préfecture de Karze. Cependant, un rapport classé secret en 2007 par le Consul général américain à Chengdu, ensuite publié par WikiLeaks, a montré que le taux de prévalence pourrait être encore plus élevé.

VOA ( Voice of America ) précise que le Consul général, James A Boughner, avait écrit qu’un chercheur du Sichuan Provincial Ethnic Research, Shang Yunchuan, avait admis lors d’une réunion à Chengdu en décembre 2006 que le taux d’infection par le VIH chez les hommes dans la Préfecture était « à deux chiffres » et que chez les femmes il était « à un seul chiffre ». Shang est encore cité quand il considère que le taux annuel d’infection entre 2005-2006 avait augmenté de plus de 170%. Tout en notifiant lors de cette réunion les cas de populations infectées par le VIH / sida dans certaines régions tibétaines, Shang avait déclaré selon ce même rapport du Consul américain, que le cas de la Préfecture Karze avait été classé secret.

VOA indique que quelques jours après avoir posé quelques questions par courriel, le Représentant de l’OMS en Chine a décliné une demande d’entrevue de son service tibétain, précisant qu’il n’avait pas d’experts disponibles.VOA ajoute que deux autres organisations étrangères travaillant en Chine sur le SIDA / VIH n’avaient jamais répondu à ses demandes.

Tout en maintenant le secret, il semblerait que la Chine n’ait jamais rien fait pour régler ce très sérieux problème d’épidémie. VOA cite également une étude publiée par l’Université du Sichuan en 2013 indiquant à quelle vitesse l’épidémie se répand dans la région. En 2011, 200 cas d’infection du VIH ont été relevés dans le Comté de Draggo (Luhuo) dans la Préfecture de Karze. En un an, ce nombre avait augmenté de 60 %, affectant environ 1,07 % de la population totale du Comté.

Le service tibétain de VOA a cité un éducateur anonyme du sida dans la Préfecture tibétaine indiquant que la propagation de l’infection dans les Comtés de Chatreng (Xiangcheng) et Dhabpa (Daocheng) a été considérée pire que dans le Comté de Draggo.

Traduction France Tibet